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    Economie

    Gare routière Ouled Ziane
    C’est le souk!

    Par L'Economiste | Edition N°:2433 Le 29/12/2006 | Partager

    . Flambée inéluctable des tarifs en dépit de la réglementation. L’afflux massif vers le sud et le sud-ouest crée des gares informelles. Le transport du mouton deux fois plus cher que celui du voyageurLA gare routière de Casablanca est un marché où offre et demande se confrontent afin de définir le prix pour une destination donnée. L’aberration est que le transport routier fait partie des services réglementés par arrêté ministériel(1). Normalement, à l’intérieur de la gare, seuls les guichetiers sont autorisés à vendre. Et de plus, ils sont tenus d’afficher leur prix sous peine d’amende allant de 1.200 à 5.000 DH. Logiquement, les prix sont a priori connus et le consommateur protégé. Mais en réalité, il n’en est rien. Comment en est-on arrivé à contourner le système? Lorsque l’on s’approche de la gare d’Ouled Ziane, difficile de ne pas remarquer que sur certains guichets, il y a un afflux manifeste alors que d’autres sont pratiquement vides. Pour cette période de fêtes, la plus forte demande reste concentrée sur les destinations du sud et du sud-ouest. Il s’agit notamment des villes de Zagora, Taroudant et Ouarzazate. Cette tension découle aussi d’une insuffisance de l’offre. Certaines destinations sont désertées au profit d’autres plus rémunératrices. A ce titre, la ville de Rissani est un exemple représentatif. En effet, aucun transporteur ne l’assure au départ d’Ouled Ziane, selon Abdellatif Saf, directeur de la gare routière. Les voyageurs rissanis doivent aller aux gares informelles, comme celle de Derb Milan à Casablanca où le chaos règne. Pourtant, à chaque période de fêtes, l’Etat prévoit un système d’autorisations exceptionnelles pour des suppléments d’autocars (cf. www.leconomiste.com), mais cela ne semble pas suffire. Par ailleurs, les transporteurs qui en bénéficient sont tenus de pratiquer le prix réglementé. Mais comme ces derniers n’ont pas le droit de prendre de voyageurs au retour, ils recourent à l’augmentation des tarifs pour couvrir leurs charges. «Il s’agit d’éviter de concurrencer le titulaire de l’agrément pour la destination sur le retour», explique Saf. Toutefois, «il ne faut pas s’attendre à ce que des prix fixés pour un aller simple puissent couvrir les charges du retour», ajoute-t-il. Pour lui, la solution serait de permettre et de réglementer ces augmentations mais à titre exceptionnel. Dans les périodes normales, le voyage à Rissani coûte 130 DH. Aujourd’hui, il varie entre 180 et 200 DH soit 50% de plus que le prix normal. A Derb Milan, la situation est pire. Pour aller à Zagora, il faut débourser entre 300 et 350 DH alors que le prix réglementé n’est que de 150 DH! Tout aussi grave, la non-réglementation des prix du transport des bagages. En effet, les transporteurs ont tendance à abuser: certains ne respectent pas la charge maximale autorisée et d’autres laissent les prix flamber. Ainsi, on arrive à des situations où le transport du mouton est deux fois plus cher que le transport de la personne elle-même! Ces comportements expliquent en partie les accidents de la route, si meurtriers. Normalement, le ministère de l’Intérieur, par le biais des services de contrôle des prix, est là pour veiller au respect de la loi. Encore faut-il que le consommateur marocain ait conscience qu’elle est faite pour le protéger. Conscience sans laquelle la gare de Casablanca, aussi moderne soit-elle, resterait un simple souk.


    Courtiers

    LE consommateur se voit souvent enclin à céder au jeu de la négociation sous «peine» de ne pas avoir de place. Son interlocuteur, le cas échéant, est le «courtier». Ce dernier n’a aucun statut officiel et vend des «faux tickets». Avant d’accéder aux quais, il y a un contrôle où l’usager est invité à montrer son ticket. Il y a donc moyen de détecter le vrai du faux. L’étonnant, c’est que même avec des tickets vendus hors guichets, on voyage quand même. Toutefois, pour certains usagers, s’adresser aux «courtier» permet de gagner du temps et même… d’économiser. En effet, en période de basse saison, le prix du «courtier» est moins cher qu’au guichet! Les guichetiers, rémunérés à la commission de la part du transporteur, voient dans cette situation un manque à gagner.Nabil TAOUFIK-------------------------------------------------------------------------------------------------(1) Arrêté du ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des Affaires économiques et générales n° 1309-06 du 8 joumada II 1427 (4 juillet 2006) fixant la liste des produits et services dont les prix sont réglementés.

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