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Garantir l’avenir de l’énergie
James Woolsey

Par L'Economiste | Edition N°:3172 Le 17/12/2009 | Partager

Les grandes questions que la planète se pose à propos de l’énergie sont le pur reflet des objectifs professionnels premiers du xixe siècle que trois des plus grandes industries au monde poursuivent encore aujourd’hui. Les compagnies d’électricité consomment toujours une vaste quantité de carburants fossiles pour vendre de l’énergie aux ménages et aux entreprises. Les sociétés pétrolières continuent leurs forages et raffinages pour vendre essentiellement des carburants tels que le gazole et le diesel. Les producteurs d’automobiles persistent à utiliser de l’acier dans des véhicules en général alimentés avec des carburants à base de pétrole. Jusqu’à récemment, ces trois colosses de l’industrie poursuivaient sans aucun problème leur route vers le xxe siècle sur le modèle du xixe. Ils avaient même réussi à convaincre les gouvernements de leur éviter tout changement radical de méthodes.Mais de nouvelles avancées génèrent de plus en plus d’insécurité autour de ces secteurs. En effet, nombreux sont ceux à avoir remarqué qu’une houle, digne d’une tempête titanesque, les menaçait. Que s’est-il passé?Tout d’abord, les véritables retombées du changement climatique ont commencé à convaincre presque tous les climatologues et nombre d’autres observateurs bien informés que notre méthode actuelle de production et d’utilisation de l’énergie est très dangereuse pour la biosphère. Comme les modifications de l’émission de dioxyde de carbone, au contraire d’autres polluants tels que le dioxyde de soufre ou le dioxyde d’azote, ne se détectent pas facilement, et en raison de la persistance au-delà des siècles du CO2 dans l’atmosphère, le problème de la réduction de son taux dans l’atmosphère est bien plus difficile à résoudre que d’autres problèmes environnementaux.Aussi n’avons-nous pas l’habitude de gérer d’éventuels changements de type exponentiel, comme le réchauffement des terres de la Toundra conduisant à la libération de carbone, accélérant ainsi le phénomène en lui-même. Enfin, l’opinion publique s’interroge et demeure divisée sur une vision du «tout ou rien», les sceptiques affirmant que si une partie du changement climatique est de cause naturelle (par exemple en raison de l’axe de révolution de la Terre qui dévie sur des milliers d’années), alors ce phénomène n’est pas du tout anthropique. Pourtant, nous devons tous nous efforcer d’atténuer le changement climatique – tout du moins la partie due aux émissions de gaz carbonique et autres pratiques dangereuses telles que la déforestation. Il existe de plus un souci croissant quant à deux types de problèmes sécuritaires liés à l’énergie: le risque accru de violence provenant de la manière dont nous utilisons l’énergie et le coût élevé de cette dernière. Le principal risque de violence créé par notre système électrique en lui-même est le danger de subir de graves arrêts intempestifs de fonctionnement à cause d’attaques, physiques ou cybernétiques, sur notre fragile réseau de transmission et de distribution.Le pétrole, quant à lui, prévaut dans les moyens de transport. Or, la forte concentration de gisements au Moyen-Orient, notamment ceux pouvant être exploités à très bas prix, rend les pays importateurs à la fois otage d’attaques terroristes sur l’infrastructure du pétrole et des prix fixés par ceux détenant le monopole. L’Opep réduit sa production dès que possible pour maintenir les prix à un seuil, d’un ordre de grandeur au moins supérieur au coût de la production et d’une marge raisonnable.

Le même sort que le sel
Mais quelles sont les solutions? Nous devons pour commencer, d’après l’écologiste et activiste Anne Korin, faire au pétrole ce que nous avons fait au sel il y a un siècle environ. Pendant des millénaires le sel a été une denrée stratégique – des pays se sont fait la guerre pour les mines de sel – car c’était la seule manière de préserver la viande. Puis, l’arrivée de l’électricité, de la réfrigération et de la congélation a mis assez rapidement fin à son monopole. Cette denrée est toujours utile, mais plus personne ne la voit comme un outil d’influence et de puissance nationale. Le pétrole doit au plus vite subir le même sort que le sel.Le monopole du pétrole dans les moyens de transports peut en partie être détruit par l’électrification (par le biais de véhicules électriques et hybrides), mais aussi par des biocarburants de seconde génération (tels que le butanol issu des matières premières cellulosiques) et par des biocarburants à base d’algues et de résidus.Des études montrent bien qu’avec une tarification horaire l’utilisation des véhicules électriques nécessiterait peu (ou pas) de nouvelles centrales électriques, et que même avec le réseau électrico-houillier actuel, les véhicules électrifiés libèreraient moins de CO2 que les véhicules alimentés au gazole ou au diesel. Et comme les émissions de dioxyde de carbone sont nettoyées, le rôle du véhicule comme source d’émission déclinera.Il est crucial d’améliorer l’efficacité de notre utilisation de l’électricité, notamment en matière d’éclairage, ce qui représente la majeure partie de la demande. Les LED indiquent déjà la marche à suivre. Nous pouvons aussi tirer des leçons de la manière créative dont le Danemark utilise la chaleur des résidus dans la cogénération.L’énergie solaire gagne de plus en plus d’importance, notamment pour les toits et les petites entreprises. L’Allemagne, grâce à son tarif préférentiel garanti, a ouvert la voie vers de tels déploiements solaires, et les Etats-Unis commencent à adopter cette approche à l’échelon national. Réduire le coût de l’énergie solaire, améliorer l’efficacité, perfectionner les piles, batteries et tous les autres moyens de stocker l’électricité, c’est contribuer à rendre possible un monde où l’énergie est bien mieux générée et distribuée, sur la base des énergies renouvelables. Ce qui, en retour, nous permettra de nous libérer des dangers créés par notre réseau électrique vulnérable et de nous émanciper davantage du pétrole.

«Bottom Billion»

Comme l’a souligné Paul Collier, de l’université d’Oxford, la prépondérance de dictatures et autres royaumes autocrates chez les plus grands exportateurs de pétrole montre que là où de vastes rentes économiques existent, des pressions sont faites contre toute démocratisation ou diversification économique. En fin de compte, la plupart du terrorisme est financé par les ressources pétrolières. Et c’est le «Bottom Billion» (ou le sixième le plus pauvre de la planète), pour reprendre l’expression de Collier, qui souffre le plus du prix élevé du pétrole. Lourd déficit budgétaire et puissance en expansion sont des problèmes secondaires pour les pays riches, mais un désastre pour l’Afrique subsaharienne et les autres pays accablés par l’indigence.Copyright: Project Syndicate, 2009.www.project-syndicate.org

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