×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Le prix de L’Economiste pour la recherche en économie, gestion et droit
    Politique Internationale

    Gad Elmaleh de retour au Maroc : "J'espère qu'on ne me collera jamais d'étiquettes"

    Par L'Economiste | Edition N°:238 Le 11/07/1996 | Partager


    Avec ses yeux bleu turquoise, Gad Elmaleh scrute les "vibrations" de tout ce qui bouge autour de lui. Il est revenu jouer pour la seconde fois "Décalages" au Maroc et triomphe. La dernière représentation aura lieu ce jeudi au cinéma Lynx de Casablanca. Redécouverte de l'enfant terrible du rire.


    - L'Economiste: Pourquoi revenir avec le même spectacle un an après?

    - Gad Elmaleh: Beaucoup de personnes n'ont pas vu "Décalages" et c'était un peu pour répondre à cette demande. J'avais aussi envie de continuer à raconter cette histoire. Mon spectacle est un récit avec plein de personnages et un seul acteur.

    - Vous n'aviez pas peur de lasser le public?
    - Non, parce que ceux qui l'ont vu l'année dernière ne sont pas venus, ou peut-être sont revenus. La salle était pleine à chaque représentation, et je crois que c'est un point positif.

    - Effectivement, vous avez joué à guichet fermé. Comment expliquer ce succès?
    - Quand cela marche, je ne me pose pas trop de questions. Cependant, le plus important est qu'il s'agit d'une rencontre entre le public au Maroc qui a envie de voir quelqu'un raconter et se raconter et moi qui prends plaisir à faire ce que je fais sur scène. Je pense que les spectateurs viennent pour mon travail, réellement, et cela me touche beaucoup. Ils viennent parce qu'ils ont entendu parler du spectacle et, ensuite, ils jugent.

    - Quel mode d'expression préférez-vous, le théâtre ou le cinéma. Vous venez de tourner d'ailleurs un film, "Salut cousin" avec le réalisateur algérien Merzak Allouache.
    - Le théâtre et le cinéma sont complémentaires. J'ai envie de faire les deux. Cependant, au niveau de la scène, cela se passe différemment, car je raconte quelque chose qui se rapproche de moi. Tandis qu'au cinéma, notamment avec "Salut, cousin", j'ai eu un rôle avec une histoire qui n'était pas la mienne, mais celle d'un jeune Kabyle qui débarque en France. Il a fallu m'imprégner de ce personnage, inventer toute une histoire autour de lui et me lancer. C'est le propre de l'acteur, c'est-à-dire créer des personnages et se fondre dans des situations qui ne sont pas les siennes. Cette expérience m'a donné encore beaucoup plus confiance en moi par rapport au cinéma. J'ai réalisé que je pouvais et que j'avais envie de faire du cinéma.

    - Avez-vous des projets pour le théâtre?
    - Oui, d'abord des projets d'écriture pour un nouveau spectacle différent de celui de "Décalages". Le Maroc reste pour moi le pays de l'inspiration. Comme je l'ai déjà dit, au Maroc, le théâtre est dans la rue et dans la vie, en permanence. Nulle part ailleurs, nous ne retrouvons cela. Je suis un grand badaud, et lorsque j'observe les scènes de tous les jours, je découvre des situations burlesques et absurdes. Pour les autres projets, j'ai aussi des propositions pour jouer dans des pièces de théâtre.

    - Comment voyez-vous votre carrière. Etes-vous devenu le genre d'acteur que vous vouliez être?
    - Je ne suis pas encore arrivé à ce que je désire réellement. Je suis encore en pleine recherche. Mon but est d'atteindre l'universalité et mon rêve est de jouer un Arabe, un Juif, un Hollandais...sans que l'on ne m'impose des rôles-clichés. En tant que comédien, j'effectue un travail sur l'identité. J'espère qu'on ne me collera jamais d'étiquettes. J'ai vraiment envie de tout faire, de jouer le plus de rôles possibles et de ne jamais arriver à me cloisonner dans des situations et des rôles fermés.

    - Quels liens entretenez-vous avec vos personnages?
    - Des liens affectifs, car ils évoluent en même temps que moi. Plus l'histoire avance, plus ils avancent. Le spectacle a atteint aujourd'hui une maturité et les personnages ne peuvent pas être en décalage par rapport à cette "maturation". Ils acquièrent forcément de nouvelles couleurs, de nouveaux gestes. Plus je joue, mieux je comprends certaines situations et je m'avance ainsi vers plus de finesse et de subtilité dans les compositions. Dans mon spectacle, il y a des personnages que je méprise, d'autres que j'aiment profondément. Je méprise la bourgeoisie marocaine. Je pense que si je l'ai écrit, c'est parce qu'elle a suscité en moi du mépris, mais en même temps j'y mets de la tendresse pour ne jamais être ni méchant ni mauvais. J'aime Abderrazak, car c'est un personnage authentique qui bouscule les conventions et fait fi de ce que l'autre peut penser de lui. Il n'est pas faussé par des données "extra-réalité".

    - Cet été a été votre second rendez-vous avec le public marocain. Qu'est-ce qui a évolué depuis? Comment le percevez-vous?
    Lorsque je rentre sur scène, ici, j'ai l'impression d'une attente, mais plus une attente de la personne que du spectacle. Je trouve que c'est une relation pure. Entre l'année dernière et aujourd'hui, le public, je pense, me connaît mieux. Je reçois et perçois des choses positives. Au cours des différentes représentations, le spectacle était chaleureux, moins au stade de la découverte.


    Propos recueillis par Meriem OUDGHIRI

    Retrouvez dans la même rubrique

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc