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Economie

Fret routier: Ghellab met les industriels aux pieds du mur

Par L'Economiste | Edition N°:2314 Le 07/07/2006 | Partager

. Le ministre voudrait que la prestation soit rémunérée au «juste prix». La coresponsabilité du client serait engagée si la surcharge du véhicule est avéréePETIT à petit, le puzzle souhaité par les opérateurs de fret routier est en train de se mettre en place pour que le transport des marchandises par route entre enfin dans l’ère de la «modernisation». Sous l’impulsion d’un ministre de tutelle convaincu et surtout, déterminé, le paysage du transport routier pourrait être chamboulé à moyen terme. Karim Ghellab a réussi à convaincre les professionnels de focaliser sur des actions de structuration du secteur, quitte à procéder par la politique des petits pas. Le résultat de ce «partenariat» est qu’il n’y a pratiquement plus de «grève» de transporteurs ni de menace d’arrêt de travail. Le premier étage du fuselage des réformes est la publication d’une grille des coûts de revient de référence (voir détail dans le tableau). Cette publication interviendra tous les six mois ou chaque fois que la variation des coûts sera supérieure ou égale à 2%, promet le ministère du Transport et de l’Equipement. Les transporteurs applaudissent car ils n’en demandaient pas tant, eux qui se seraient contenté de prix de référence. L’économie de cet outil se résume en un message: «pour avoir un secteur de transport routier des marchandises qui soit capable d’accompagner le développement du pays, il faut que les services soient rémunérés au juste prix». Il devrait aussi servir d’élément d’attractivité pour de nombreux opérateurs qui sont dans l’informel. C’est du moins l’espoir des pouvoirs publics et des professionnels. D’ailleurs, dans la note de présentation, il est clairement précisé que «la détermination des coûts de référence s’est appuyée sur des données émanant des charges d’exploitation,… des entreprises citoyennes exerçant dans le transport des marchandises pour le compte d’autrui». Par entreprise citoyenne, il faut entendre «les sociétés qui offrent des services satisfaisants à la clientèle dans le respect des conditions de sécurité routière, de protection de l’environnement, des normes techniques et des obligations fiscales et sociales». Dans le transport, elles ne sont pas légion.Le message s’adresse directement aux chargeurs, dans l’industrie, la cimenterie, l’agroalimentaire, etc. dont le seul critère de sélection d’un prestataire de transport est quasi exclusivement le prix. Quelques rares industriels ont néanmoins choisi de s’inscrire dans une véritable contractualisation avec les transporteurs en nouant un partenariat sur la longueur en payant au juste prix la prestation en échange d’un cahier des charges draconien. Pour le reste, c’est-à-dire l’immense majorité, il y a un gros effort de pédagogie à mener. Les tarifs de la prestation de transport appliqués aujourd’hui sur le marché ne réflètent pas la réalité des charges des entreprises prestataires, concède un responsable logistique. Dans la majorité des cas, la poignée des sociétés organisées travaillent en dessous des prix de revient et dans le meilleur des cas, avec des marges «epsilon», poursuit-il. La sous-tarification structurelle du fret routier est le symptôme parfait de la situation actuelle du transport des marchandises. Si les tarifs sont toujours bas, cela tient au non-respect de la réglementation sur la charge des véhicules. Les pratiques du marché sont connues. Pour «décrocher» le contrat, on est prêt à tout. Sur un véhicule de 16 tonnes (PTC), on charge pour 24 tonnes de marchandises afin de sortir un tarif au kilomètre «compétitif» par rapport au concurrent. Mais quelle concurrence lorsque vous avez en face un énorme secteur informel affranchi de toute réglementation? s’étonnent des professionnels. La surcharge des camions qui livrent les marchandises aux quatre coins du pays est une pratique structurelle. Elle serait même encouragée dans certains secteurs. Beaucoup de cimentiers imposeraient un minimum de 30 tonnes quelle que soit la capacité du camion. Surcharge égale insécurité routière et dégradation de la chaussée. La surcharge est moins développée dans les produits alimentaires transportés par citernes alors qu’elle mine pratiquement les autres segments: le transport des marchandises en vrac par camions bennes, et le transport par plateau. Les prix de référence c’est bien, mais on ne peut généraliser la même logique à tout le secteur sans tenir compte des variables comme l’âge de la flotte (et donc, l’amortissement) qui constitue un élément de distorsion tarifaire, explique un spécialiste.La coresponsabilité des chargeurs en cas d’accident est le deuxième étage de ce dispositif de régulation que le ministère du Transport est en train de mettre en place. Il est quasiment acquis que le prochain code de la route (le texte est en discussion) intégrera la notion de coresponsabilité des entreprises clientes et du commissionnaire s’il s’avère qu’un véhicule du transporteur impliqué dans un accident transporte plus de poids qu’il ne prévoit la réglementation. Les autorités espèrent que cette disposition aura un effet dissuasif envers les chargeurs. Sur le papier, le transporteur peut refuser la réalisation des opérations qui contreviennent à la réglementation des transports en étant assuré que des concurrents ne se substitueront pas à lui.


L’Agence de la PME aux côtés des freight forworders

AU terme d’un accord conclu avec l’Association des freight forworders du Maroc (AFFM), l’Agence de la promotion de la PME apportera un soutien à la mise à niveau des commissionnaires de transport. Ce soutien consiste en une prise en charge des actions d’appui, d’assistance technique et d’accompagnement au processus de certification ISO. Près d’une centaine de PME opère dans le commissionnement des services de fret routier, essentiellement à l’international. Leur rôle est d’être l’interface entre l’offre et la demande. Dans un avenir proche, on devrait assister à l’émergence de cette prestation sur le marché intérieur du transport routier. C’est l’une des évolutions attendues de la structuration de l’offre engagée par les pouvoirs publics. Soixante commissionnaires sont aujourd’hui inscrits au registre national mais aucun n’est encore opérationnel.Abashi SHAMAMBA

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