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Economie

François Fillon, entretien exclusif

Par L'Economiste | Edition N°:2759 Le 18/04/2008 | Partager

. Union pour la Méditerranée: Le Maroc y a grandement contribué. Les réunions de Manhasset n’ont pas progressé sur le fond. La France souhaite rouvrir l’immigration économiqueAccompagné de 6 ministres et de pas moins de 35 chefs d’entreprise, le Premier ministre français François Fillon copréside les 17 et 18 avril avec son homologue Abbas El Fassi le séminaire intergouvernemental franco-marocain. La rencontre sera à forte tonalité économique si l’on en juge d’après le casting et l’ordre du jour. Il y sera question des grands domaines de partenariat entre les deux pays: Transport, énergie, appui aux collectivités locales, formation, développement humain…Dans cet entretien, François Fillon analyse les grands enjeux de cette coopération. - L’Economiste: Quelle est la portée du séminaire intergouvernemental que vous coprésiderez avec votre homologue marocain? - François Fillon: Il s’agit d’une tradition mais c’est, pour lui comme pour moi, une première, car nous sommes l’un et l’autre à la tête de gouvernements formés il y a moins d’un an. Je suis moi-même accompagné de six ministres et secrétaires d’Etat. C’est une occasion de mieux nous connaître et de faire le point sur notre partenariat, exceptionnel à tous égards. Il y a entre le Maroc et la France une amitié et une solidarité enracinées dans l’histoire et tournées vers l’avenir : je suis venu en témoigner. Nos deux gouvernements se rencontreront dans un contexte particulier: la préparation par le gouvernement marocain de plans d’action pour la poursuite des grandes réformes voulues par le Souverain et la préparation par la France de la présidence de l’Union européenne. - La France est engagée dans des partenariats économiques d’envergure avec le Maroc, notamment le TGV et le nucléaire civil pour ne citer que les plus récents. Est-ce qu’il en existe de nouveaux que vous allez évoquer dans le cadre de ce déplacement?- Les chantiers que vous évoquez sont eux-mêmes très récents, puisqu’ils ont été abordés pour la première fois lors de la visite d’Etat du président de la République il y a quelques mois. Le TGV est en très bonne voie: la France signe aujourd’hui un don de 75 millions d’euros consacré à l’assistance technique et aux études. C’est une fierté pour la France que d’aider le Maroc à devenir le premier pays arabe à se doter du Train à Grande Vitesse. Mais notre partenariat économique ne se limite pas aux infrastructures. Nous sommes également déterminés à accompagner le Maroc dans son développement humain, qu’il s’agisse de la formation professionnelle des jeunes ou de la contribution française à l’Initiative nationale de développement humain. Ce sont au total près d’une quinzaine d’accords qui seront signés pendant ce séminaire, ce qui montre à quel rythme nos deux gouvernements, mais aussi nos entreprises, ont travaillé ensemble depuis l’automne dernier. Transport, énergie, formation professionnelle, développement local, tous les grands secteurs qui portent le développement du Maroc seront concernés. - L’Union pour la Méditerranée, il en a beaucoup été question ces derniers mois, même si tout le monde n’y croit pas. Comment, à votre avis, la France et le Maroc peuvent contribuer à accélérer le processus?- Je crois au contraire que la gestation de ce grand projet, lancé ici même au Maroc par le président de la République en octobre 2007, a été rapide. Le Maroc y a grandement contribué grâce au soutien de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Depuis, nous avons rallié à ce projet l’ensemble de nos partenaires européens et nous préparons activement le sommet de lancement qui se tiendra à Paris le 13 juillet. Je suis venu apporter au Souverain l’invitation du président de la République à ce sommet. Il s’agira d’un sommet fondateur, où seront adoptés plusieurs projets emblématiques et créées les structures de l’Union pour la Méditerranée.  - Sur la question du Sahara, les réunions de Manhasset n’ont pas permis d’enregistrer de véritables avancées. Quelle est aujourd’hui la position de la France?- Il est temps de trouver une solution pour sortir de ce conflit qui n’a que trop duré et qui paralyse le Maghreb. Des pistes existent: le plan d’autonomie présenté par le Maroc a été qualifié par la France de «sérieux et crédible». C’est une véritable base de négociation entre les parties pour progresser vers une solution raisonnable. Je constate que, jusqu’à présent, les réunions de Manhasset n’ont pas encore permis de progresser sur le fond. C’est pourtant par cette voie, celle de la recherche d’un accord agréé entre les parties autour d’une solution raisonnable, que l’on pourra espérer réunir les familles séparées et bâtir un avenir stable et prospère pour cette région du monde. - Dans un contexte de crispation identitaire, la position du gouvernement français sur les questions migratoires n’a pas toujours été bien comprise de ce côté-ci de la Méditerranée. L’opinion a l’impression que le message affiché est: «nous pouvons coopérer mais à condition que vous restiez chez vous». Qu’en est-il exactement?- Méfions-nous, de part et d’autre, des jugements à l’emporte-pièce. La réalité de la relation franco-marocaine est d’abord celle d’une extraordinaire densité humaine : 800.000 Marocains vivent en France. Plus de 35.000 Français résident au Maroc et, si l’on compte les résidents temporaires et les visiteurs, c’est environ 100.000 de mes compatriotes qui sont chaque semaine présents au Maroc. 150.000 visas sont délivrés chaque année à des Marocains qui souhaitent se rendre en France. 30.000 Marocains étudient en France, ce qui fait du Maroc la nationalité la mieux représentée parmi les étudiants étrangers en France. Le courant d’échanges entre nos deux pays est donc considérable. Que dit le gouvernement que je dirige? Il s’agit de mieux encadrer les courants migratoires au profit de tous, des pays d’origine comme du pays d’accueil. La France souhaite rouvrir l’immigration économique, ce qu’on ne dit pas assez de ce côté-ci de la Méditerranée. Mais mon pays souhaite aussi pouvoir lutter plus efficacement contre l’immigration clandestine, souvent synonyme de drame humain. Il faut appeler les choses par leur nom : livrés aux passeurs, les clandestins sont traités comme des marchandises et connaissent une fois en France une situation de précarité insupportable. Ce que je souhaite, c’est que nous relevions ces défis ensemble.  - Des initiatives comme celle du groupe d’impulsion économique Maroc-France ont incontestablement permis d’établir des passerelles entre les communautés d’affaires des deux pays. Peut-on encore y apporter des améliorations?- J’ai l’intention d’en parler avec le Premier ministre marocain et avec les hommes d’affaires qui sont nombreux à m’accompagner dans cette visite. J’ai aussi et surtout l’intention de les écouter pour connaître leurs besoins et y répondre du mieux possible. Mais d’ores et déjà, je souhaite saluer le remarquable travail qui a été accompli par le Groupe d’impulsion économique France-Maroc sous la conduite de ses deux coprésidents, Jean-René Fourtou et Mustapha Bakkoury. Leur contribution au dynamisme de la relation franco-marocaine fait l’unanimité.


«Nous appuierons le statut avancé»

- Le dernier bilan d’étape établi par l’UE dans le cadre de sa politique de voisinage a été assez critique sur la lenteur de certaines réformes engagées par le Maroc. Partagez-vous ce diagnostic?- Je ne suis pas sûr de partager la lecture que vous faites de l’appréciation que l’UE porte sur le Maroc. Pour l’Union européenne, comme pour la France, le Maroc est un partenaire privilégié, qui a franchi avec succès de nombreuses étapes dans sa relation avec l’Europe. Dans le cadre de l’accord d’association, le Maroc entretient un dialogue nourri avec l’Europe, sur tous les sujets. Aujourd’hui, votre pays souhaite aller plus loin encore dans sa relation avec l’Europe et revendique un «statut avancé». Je tiens à vous dire que cette demande du Maroc, nous la faisons nôtre et la question du statut avancé marocain sera l’une des priorités de la présidence française de l’Union européenne que nous exercerons au deuxième semestre de cette année.Propos recueillis par Mohamed Benabid

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