×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Le prix de L’Economiste pour la recherche en économie, gestion et droit
    Dossiers

    France: Levée de boucliers syndicale contre le CDD longue durée

    Par L'Economiste | Edition N°:1686 Le 19/01/2004 | Partager

    . Le patronat et les Affaires sociales y sont favorables. Les syndicats dénoncent une “précarité grandissante” de l'emploiLe rapport de Michel de Virville, secrétaire général du groupe Renault, sur le droit du travail a été remis, jeudi dernier, au ministre des Affaires sociales, François Fillon. Ce rapport d'une centaine de pages, intitulé “Pour un code du travail plus efficace”, est le fruit de six mois de consultations menées par un groupe de huit experts aux sensibilités politiques et sociales différentes. Tous sont tombés d'accord sur ce “CDD de longue durée”, réclamé par le Medef (patronat français) depuis plusieurs années, qui intéresserait, notamment, les secteurs de l'informatique et de la recherche. Le document préconise notamment la création d'un contrat dont la durée correspondrait à la réalisation d'un projet.Le ministre des Affaires sociales y est favorable, comme le Medef, alors que les syndicats dénoncent une “précarité grandissante”. Ils y voient un recul des droits des salariés, conduisant le Premier ministre à adopter une position prudente quant à son utilisation. “On nous a demandé de faire beaucoup de propositions (à la mission Virville), mais au final on a le sentiment que ce sont les revendications du Medef qui sont reprises”, a déclaré à l'AFP Pierre-Jean Rozet (CGT), reflétant un sentiment général chez les organisations syndicales.“Quand on regarde l'ensemble, il n'y a pas grand-chose qui soit un vrai droit supplémentaire pour le salarié. Par contre, en changeant les interlocuteurs, en modifiant les délais, il réduit énormément la possibilité pour le salarié de demander à la justice d'intervenir”, a renchéri Michel Coquillion (CFTC). La proposition de créer un nouveau contrat de travail, réservé aux employés qualifiés qui seraient embauchés pour la durée d'un projet précis, focalise donc les critiques les plus virulentes, d'autant qu'elle avait été reprise comme piste de réflexion par le ministre des Affaires sociales, avant même la publication du rapport. “Le risque est évident pour les salariés de subir de nouvelles précarités”, a estimé le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, affirmant que sa confédération “n'acceptera pas un nouveau type de contrat (de travail) imposé par la loi”. “Essayez de gérer votre vie familiale, d'avoir des prêts bancaires avec des contrats de projet! Ça ne va pas être facile”, a jugé, pour sa part, Alain Lecanu (CFE-CGC).“Il y a bien d'autres choses à faire évoluer sans pour cela augmenter la précarité, d'autant que les plus touchés risquent d'être les plus de 50 ans”, a-t-il ajouté. “C'est l'enterrement, pour cause de flexibilité, du contrat à durée indéterminée, a averti le premier secrétaire du PS, François Hollande, lançant un “appel à toutes les formations de gauche pour qu'elles se mobilisent pour la sauvegarde de notre modèle social”.. Petite déceptionPour le président du Medef, en revanche, la proposition du rapport Virville ne va pas assez loin. “Je ne vois pas pourquoi on devrait au départ encadrer ce type de contrat par des règles”, a estimé Ernest-Antoine Seillière. Ce dernier, d'ailleurs, souhaite que ce contrat puisse s'appliquer à tous les salariés, et non au seul personnel qualifié. Toujours côté patronal, Jean-François Roubaud, président de la CGPME, a jugé le rapport “globalement positif”, même “si on est un petit peu déçu par le contrat de projet, car on pensait qu'il n'y aurait pas de réserves sur les branches”. Par ailleurs, les syndicats s'élèvent également contre la proposition de regrouper comité d'entreprise, délégués syndicaux et délégués du personnel dans un conseil d'entreprise, qui aurait la possibilité de négocier des accords. “Puisque le délégué syndical est élu, on coupe le cordon ombilical entre la représentation des salariés et les organisations syndicales. L'employeur va pouvoir faire sa “popote” avec les représentants des salariés qu'il aura souvent lui-même choisis”, a averti Michel Coquillion. Cette levée de boucliers a conduit le Premier ministre à faire montre de prudence. Jean-Pierre Raffarin a indiqué que le rapport était à l'étude. “Les partenaires sociaux devront prendre leurs positions et nous en discuterons. D'ores et déjà, a-t-il assuré en préalable à cette discussion, je dis que la précarité est l'adversaire du gouvernement.A. E. avec AFP

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc