×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie Internationale

France: Les assureurs offrent des couvertures maladie privées

Par L'Economiste | Edition N°:461 Le 11/03/1999 | Partager

· Clef de voûte: Des conventions avec les médecins

· Objectif d'Axa: Faire mieux que la Sécu

· Le gouvernement a gelé une proposition des AGF, mais l'assureur revient à la charge

La lettre à en-tête d'Axa est arrivée chez les radiologues français. "Voulez-vous intégrer notre chaîne de soins?", demandait-elle sans détours. La compagnie d'assurances Axa vient ainsi d'entamer le démarchage chez les professionnels de la santé.
Quinze jours plus tôt, les AGF avaient lancé une offensive similaire auprès des dentistes et des opticiens.

Dispositifs déjà opérationnels


Longtemps, les assureurs français se sont contentés d'aider leurs clients à payer les dépassements d'honoraires, par rapport aux tarifs de la Sécu, le système en principe généralisé de couverture des soins de santé en France. Aujourd'hui, les plus hardis des assureurs n'hésitent plus à remonter la filière. Axa explique franchement ce que peut gagner le praticien: "La garantie d'un certain volume d'activité". Tandis que le patient va profiter de "la dispense d'avance de frais". Tout cela pour des "actions gratuites de dépistage et prévention" proposées dans le cadre de "contrats comprenant des garanties élargies".
"C'est du "donnant-donnant", insiste encore l'assureur, sur le mode "je t'envoie mes clients et tu me garantie qu'ils seront bien soignés".
A terme, il y aura un avantage financier à consulter un spécialiste du réseau.
Axa n'a jamais caché ses ambitions sur le terrain de la santé. Il y a deux ans, elle avait même proposé au Ministère des Affaires Sociales un projet provocateur: gérer au premier Franc la santé des 70.000 assurés Axa sur l'Ile-de-France. Le but de l'expérience: démontrer que l'assureur privé fait mieux et pour moins cher que la Sécu. Le gouvernement a préféré geler le dossier.
Aux AGF, autre grande compagnie d'assurances française, on est plus pragmatique. Le premier étage de son dispositif est opérationnel depuis le 12 février. Testé en coulisses auprès des 120.000 clients, le service vient d'être ouvert aux 2 millions d'assurés du groupe Allianz-AGF-Athéna. Chaque assuré a reçu un formulaire-devis. Quatre prestations sont visées: les prothèses, les traitements d'orthodontie (soins dentaires), les lunettes et les lentilles.

Jauger et recadrer les prestations des confrères


Le patient tend le formulaire au praticien pour qu'il coche les cases et indique le prix du bridge ou du verre de myopie. Les devis sont ensuite faxés à l'assureur qui les "ausculte".
AGF emploie trois dentistes et trois opticiens, qui consacrent plusieurs heures (rémunérées) par semaine à jauger, et même recadrer, les prestations de leurs confrères. Alors que la Sécu se contente le plus souvent de donner sa bénédiction aux demandes d'entente préalables, aux AGF, on pinaille.
Pour Marianne Binnst, directrice des Filières de Soins aux AGF, l'irruption de l'assureur sur ce terrain est tout à fait légitime: "en dentaire, comme en optique, on est le premier payeur". Sur 100 Francs de dépenses chez le dentiste, 32 sont pris en charge par la Sécu, 28 par la mutuelle ou l'assurance complémentaire, le reste étant à la charge directe du patient. Mieux, l'intervention de l'assureur serait même bénéfique. Le dentiste AGF se pique ainsi de faire le gendarme à l'égard de ses confrères. Recalant par exemple les prothèses en "nickel-chrome", en voie d'être interdites à cause de leur nocivité, pour suggérer du "cobalt-chrome". Les AGF font un premier bilan. Le simple fait de réclamer un devis à son dentiste aurait fait baisser la facture "de 15 à 20 %".


Faire baisser les coûts de soins, même pour la Sécurité Sociale

. 20% des interventions chirurgicales sont inutiles


Les assureurs tablent aussi sur une attitude volontariste vis-à-vis de l'assuré. S'il adhère au concept du dentiste agréé, il aura droit lui aussi à une carotte. Un remboursement à 100% en échange d'un comportement buccalement vertueux, c'est-à-dire privilégier la prévention. Les AGF investissent jusqu'à l'hôpital et testent actuellement le "deuxième avis préopératoire". A l'assuré qui doit subir une intervention les AGF payent de leur poche (700 F) une visite chez un spécialiste qui confirmera ou infirmera le diagnostic. "En France, argumente l'assureur, 20% d'opérations sont inutiles". D'où de solides économies pour l'assureur complémentaire (et la Sécu) si des interventions peuvent être évitées.
Objet ultime de ces démarches: outre contenir la dérive des dépenses, les assureurs veulent surtout prouver qu'ils sont meilleurs gestionnaires que la Sécu. Ils ne participent pourtant collectivement au remboursement des frais de santé qu'à hauteur de 3 Francs sur 100 Francs dépensés pour se soigner (soit 22 milliards de Francs en 1997) et les mutuelles et caisses de prévoyance à hauteur de 9 Francs. Mais ils savent que le système est à la veille de profondes réformes et ils posent leurs jalons dans la perspective d'une éventuelle privatisation de l'assurance maladie.

Cathrine Maussion
Libération, France
Syndication-L'Economiste

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc