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International

Forum Young mediterranean leaders
Quels enjeux pour la Méditerranée?

Par L'Economiste | Edition N°:2891 Le 29/10/2008 | Partager

. Créer une union nécessite encore la conjonction de plusieurs conditions. Instaurer un «Made in Euromed» La Méditerranée continue à passionner et susciter les débats. Lieu d’échange, de partenariat, de solidarité ou lieu de conflits et de malentendus? Comment bâtir un pont entre les deux rives et créer une véritable union? Tels ont été les thèmes phares évoqués lors du premier forum «Young mediterranean leaders» tenu récemment dans la banlieue nord de Tunis (cf.www.leconomiste.com). Terre de civilisations, de cultures et d’histoire du monde, la Méditerranée existe géographiquement. Mais créer une union dans le cadre d’un espace homogène, voire une zone de partenariat, nécessite encore la conjonction de plusieurs conditions. Pour cela, trois volets essentiels doivent être mis en avant. Il s’agit ainsi du social, de l’économique et du politique. «Les deux rives se sont logiquement éloignées sur le plan économique, si l’on compare avec les décennies passées. Certes, l’Europe continue à représenter plus de 50% des exportations des pays du Maghreb, mais l’intégration économique s’est déclinée avec la diversification des interlocuteurs qui ne sont plus seulement européens, mais aussi américains et arabes», a souligné d’emblée Hakim El Karoui, président du forum Young mediterranean leaders, directeur adjoint de la banque Rothschild.Selon lui, durant plusieurs années, l’Europe a économiquement tourné le dos aux pays de la rive sud. Au moment où «le Japon et les Etats-Unis consacrent 18% de leurs investissements directs à l’étranger à leur proche voisinage continental, l’Europe en consacre seulement 1%», précise-t-il.Concernant le volet politique, Nawel Kahlaoui, présidente de «Shop Com and The city» au Maroc, a estimé que l’espace méditerranéen est plutôt «une zone de conflits et de désaccords». Faisant en cela allusion au conflit au Moyen-Orient et son impact négatif sur toute la région, mais aussi les désaccords entravant la naissance d’une véritable union maghrébine. Pour sa part, le chercheur et universitaire français, Emmanuel Todd, s’est attardé sur le volet social. Ses recherches ont montré que la réalité est plutôt celle d’une convergence et non d’un choc de civilisations. Pour aboutir à ce constat, il a examiné un indice simple pouvant dévoiler les caractéristiques de chaque société. Il s’agit de la croissance démographique annuelle de chaque pays. Avec 2 enfants par femme en Tunisie, 2,6 en Algérie et 2,4 au Maroc, la convergence existe donc. Cette spécificité maghrébine s’explique par son lien avec l’Europe et l’émergence d’une même culture. Il existe aussi une convergence au niveau de l’alphabétisation et au niveau du statut de la femme dans la société. Mais quid de la convergence économique? Evoquant cet aspect, Philippe de Fontaine Vive, vice-président de la Banque européenne d’investissement (BEI), a estimé que «si, géographiquement, la rive sud de la Méditerranée se situe en bas, elle tire toute l’Europe vers le haut. C’est une terre d’investissement, de développement et de croissance économique». Même son de cloche chez Afif Chelbi, ministre tunisien de l’Industrie, de l’Energie et des PME, pour qui «les entreprises européennes ont besoin de travailler avec le Maghreb pour répondre à la compétition internationale, d’autant que les coûts de production en Europe de l’Est se sont comparativement élevés». Ainsi, le partage des activités de production et de services entre l’Europe et le Maghreb ne peut qu’accroître la compétitivité globale de la Méditerranée. «D’ailleurs, l’UE peut et doit accompagner ce processus, en appuyant les projets de modernisation et d’infrastructure en instaurant un «Made in Euromed», en ouvrant un accès aux programmes de recherche et de développement pour les pays du Sud», est-il précisé. Intervenant de marque lors de cette rencontre, Hubert Védrine, ancien ministre français des Affaires étrangères, a estimé «qu’il ne fallait pas trop attendre de l’Union pour la Méditerranée, qui sera au mieux une structure globale créant un climat favorable et fixant un agenda sur lequel appuyer les actions». Et de poursuivre, «il faut donc que le secteur privé prenne l’initiative et agisse rapidement dans le cadre d’un réseau étendu de chefs d’entreprises des deux rives. Autrement dit, permettre à l’impératif économique de faire pression sur la décision politique».


«A la hauteur de la Chine et de l’Inde»

Deux jours durant, les travaux du forum se sont penchés sur les mesures à prendre pour aboutir à la création d’un espace méditerranéen et à l’instauration d’une solide Union pour la Méditerranée. A cet égard, les intervenants ont particulièrement mis l’accent sur la nécessité de mettre en œuvre une démarche concrète fondée sur des projets hiérarchisés. Les propositions ont également porté sur la création d’un consortium de banques Nord-Sud et sur l’attraction du capital risque, notamment pour le financement des PME. «Il faut faire de l’enjeu méditerranéen un enjeu à la hauteur de la Chine et de l’Inde. Si nous ne le faisons pas, nous régresserons», a souligné Philipe de Fontaine Vive.


«La Méditerranée est un projet à construire»
Entretien avec Hubert Védrine, ancien ministre français des Affaires étrangères
Invité d’honneur du premier forum «Young mediterranean leaders», Hubert Védrine, ancien ministre français des Affaires étrangères, explique son point de vue concernant la Méditerranée et ses enjeux et le projet de l’UPM. - L’Economiste: La Méditerranée est-elle in fine une évidence pour les pays des deux rives? - Hubert Védrine: Je pense que la Méditerranée, en tant qu’ensemble de pays alliés, n’existe pas aujourd’hui. Lorsque nous regardons l’aspect historique et politique, nous remarquons que les désaccords, les affrontements et les divisions n’ont jamais cessé. Certes, il y a un projet pour que la Méditerranée ait dans les années à venir un sens de coopération et d’harmonie. Mais ce n’est pas encore le cas aujourd’hui. La Méditerranée est un projet à construire. C’est important pour tous les pays riverains. - Selon vous, la Méditerranée reste-t-elle une simple frontière pour bon nombre de pays? - La Méditerranée est à la fois une frontière entre de nombreux pays et une zone d’échange et de partenariat entre plusieurs autres. C’est un peu les deux à la fois. L’objectif est d’atteindre une intégration entre les deux rives et de constituer une véritable union. Ceci nécessite une organisation conséquente au niveau des deux rives. Prenons l’exemple de l’Union du Maghreb Arabe qui n’a pas de contenu réel. Elle reste juste une intention, un projet. Pour sa part, la Méditerranée orientale vit encore plus de problèmes et plus de différences vu la question du Proche-Orient. - Le volet social est-il important dans la création de l’UPM?- Je ne pense pas. Même en Europe où existe un processus de construction européenne poussé très loin, les politiques sociales importantes sont restées nationales. Les choix sociaux dépendent des conditions du pays, du dialogue social, des syndicats. Certes, il y a une certaine ressemblance entre les politiques sociales européennes, mais ce n’est pas l’UE qui décide de la politique sociale en France ou en Allemagne. Donc en Méditerranée, chaque pays doit mener sa propre politique. De notre correspondante à Tunis, Yousra MAHFOUD
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