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    Forum Finance : Réforme financière: La force des choses

    Par L'Economiste | Edition N°:181 Le 25/05/1995 | Partager

    Le domaine des la finance est actuellement le plus remuant des secteurs économiques. La production de textes va bon train, mais pas assez vite, puisque régulièrement un différend oppose les opérateurs et leurs autorités de tutelle.


    "D'habitude, les ministres des Finances ont une longue longévité, mais voilà deux fois où ils n'ont duré que le temps de faire leur Loi de Finances". Le haut fonctionnaire qui s'exprime ainsi met les lenteurs de la réforme financière sur le compte des changements de ministre. Pour lui, il est naturel que le travail s'arrête ou bien reprenne à zéro, avec chaque nouveau titulaire du portefeuille.
    Cette explication a le don de fâcher les privés et particulièrement les jeunes sociétés de bourse, pour qui "la continuité du service public est quand même une notion de base".
    La réforme financière remue donc bien des secteurs, pas seulement les intermédiaires et pas seulement le monde de la finance.
    L'objectif central reste d'améliorer les circuits de collecte de l'épargne et de financement des entreprises.
    La méthode est de multiplier les canaux de collecte en multipliant l'offre de produits d'épargne, et à l'autre bout multiplier les offres de financement, y compris en mettant en concurrence les épargnants, les collecteurs et les emprunteurs. Le prix de l'argent doit obéir au marché et le coût de l'intermédiation doit s'en trouver réduit.
    La procédure est de décloisonner les marchés, permettre le passage d'un type de produit à l'autre, sans coût excessif, sans phénomène d'emprisonnement.

    Une vieille idée


    La réforme financière était l'une des premières à laquelle il avait été fait référence en 1983, au moment du démarrage du Programme d'Ajustement Structurel. Elle n'avait pas été mise en application en raison du préalable qu'elle suppose: l'assainissement du Budget de l'Etat et la lutte contre le déficit du Trésor.
    Il a fallu dix ans de travail pour ramener le déficit à des proportions finançables sans bousculer les entreprises: 2,5% du PIB. Pourtant, le Budget de 1994, monté par le deuxième gouvernement de M. Karim-Lamrani, devait remettre en question une partie des acquis. Le remplacement de M. Karim-Lamrani par M. Filali, puis l'arrivée de M. Chérif aux Finances avaient donc été accueillis avec soulagement: le dernier mandat de M. Karim-Lamrani avait été interprété comme le retour du Maroc dans la zone des impérities, ce qui remettait en question les finances publiques et privées, certes, mais aussi le commerce international, les transferts de technologie et, à terme, l'indépendance politique, spécialement la capacité de jouer un rôle actif sur les dossiers délicats.
    M. Kabbaj a entériné le déficit du Budget 95, à 3,5%, mais a quand même refusé que la lutte contre la sécheresse se fasse exclusivement sur des financements budgétaires(1).
    Néanmoins, la réforme financière s'en trouve ralentie d'autant, ralentissement qui s'amplifie de tergiversations et d'allers et retours autant que des problèmes pour définir les compétences respectives.

    La vengeance du déficit


    Il y a pourtant une force des choses, puisque ce sont les besoins budgétaires qui forcent le rythme des privatisations, même si d'infinies précautions politiques sont prises pour ne pas lier le Budget aux cessions des titres publics. Il n'en reste pas moins que les privatisations alimentent la Bourse, obligent à un peu plus de transparence et créent de nouveaux métiers. Jusqu'à présent, seuls deux grands groupes privés ont mis le nez à la Bourse, Wafabank et l'ONA, et une petite société de crédit à la consommation, Taslif, s'y essaye. Les autres opérations sont des privatisations (CIOR, CTM-LN, SNI, BMCE...) ou des suites de privatisation (General Tire).
    Dans la transformation du système économique marocain, la réforme financière présente un aspect nouveau par rapport aux précédentes réformes.
    Autant dans la mini-révolution du commerce extérieur des années 80 c'étaient les administrations qui avaient pris la tête du mouvement, autant aujourd'hui la réforme financière se fait chez les privés et via les différends qui opposent les intérêts privés entre eux.
    Il y a cependant un point de convergence entre la réforme financière et les précédentes: le poids du regard extérieur. Durant les années 80, pour changer le Maroc, le FMI et la Banque Mondiale avaient abondamment servi. Aujourd'hui, les appuis viennent encore de la Banque Mondiale, mais beaucoup aussi des Soros, JP Morgan, Salomon Brothers... Leurs avis et comportements vis-à-vis du Maroc sont autant de munitions pour les guéguerres internes.

    Nadia SALAH.



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