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Economie

Forum de Paris
Migrations: Peut-on avoir une politique concertée?

Par L'Economiste | Edition N°:2752 Le 09/04/2008 | Partager

. Le ministre français entre fermeté et ouverture. Charles Milhaud (Caisse d’épargne) propose des «migrations qualifiantes». Les ambassadeurs marocain et algérien d’accord sur «la dimension humaine»Dédié à la thématique de l’Union pour la Méditerranée, le «Forum de Paris», qui se déroulait à l’Unesco du 28 au 30 mars, n’a pas hésité à explorer la question qui fâche: «Flux migratoires», lors d’une session diplomatiquement intitulée «Pour une vision partagée de la circulation des hommes en Méditerranée». . Une migration d’allers-retoursPremier intervenant et président de séance, Charles Milhaud, président de la Caisse nationale des caisses d’épargne, s’inscrivit d’emblée dans cette posture. Relevant que les trajets migratoires sont de «plus en plus des allers-retours, rendus possibles par la baisse du coût et la durée des transports, ils ne s’inscrivent donc plus, comme par le passé, dans une perspective d’immigration définitive».Constatant cette nouvelle donne, Charles Milhaud se plut à relever l’intérêt représenté par les nouvelles dispositions françaises relatives aux «migrations qualifiantes», et qui concernent ceux, nombreux, qui vivent avec «un pied sur chaque rive de la Méditerranée (...) Il importe donc que les États se coordonnent, estima Charles Milhaud, et créent les conditions favorables pour que le parcours migratoire puisse coïncider avec un plan de carrière ou un plan de vie (...) Il nous faut travailler ensemble à la mise en place de telles mesures», conclut-il.Pour Brice Hortefeux, ministre français de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, «la politique de l’immigration doit être lisible, maîtrisée, régulée. Mais immigration maîtrisée ne signifie pas immigration zéro», souligna-t-il, avant d’ajouter: «Nous ne voulons pas, non plus, organiser le pillage des cerveaux et des forces vives du Sud! Nous voulons encourager la circulation des compétences».Dans cette perspective, Brice Hortefeux annonça un certain nombre de dispositions nouvelles. Parmi celles-ci: la création d’une «Carte compétences et talents», qui permettrait aux migrants de séjourner pour des périodes de 3 à 6 ans, puis de bénéficier de dispositifs d’incitation au retour; la facilitation des transferts de l’argent des migrants, en soutenant des sites dédiés et aux tarifs transparents; la création, avec la Caisse d’épargne, d’un livret d’épargne de co-développement, annoncé pour novembre prochain.En conclusion, Brice Hortefeux insista sur la volonté française d’œuvrer en ce domaine «par la concertation toujours, dans le dialogue et le respect, [car] la circulation des hommes nécessite une vision partagée».Missoum Sbih, ambassadeur d’Algérie, estima pour sa part qu’une approche novatrice serait que l’on pût parler non plus de «maîtrise concertée des flux migratoires», mais de «la dimension humaine» des rapports entre l’Europe et les pays sud-méditerranéens. «On ne peut plus, déclara-t-il, prôner la libre circulation des biens, des capitaux et des services et, en même temps, multiplier les restrictions à la circulation des personnes, donnant ainsi aux populations impliquées le sentiment d’être exclues». Et de conclure: «Pourquoi pas un Shengen méditerranéen? Voilà un «projet concret» (...) qui aurait un impact considérable sur nos opinions publiques et créerait, pour une grande part, les conditions de la réussite du projet» de l’UPM. . 60% de binationauxIntervenant à son tour, l’ambassadeur Fathallah Sijilmasssi souligna combien il adhérait au propos de son homologue algérien: «Oui, cessons de parler de flux migratoires, parlons plutôt des populations. Il y a actuellement 1 million de Marocains en France, et 60% d’entre eux sont des binationaux. C’est cela la réalité humaine de notre relation. Oui, le processus de Barcelone a étouffé sous le trop-plein technocratique et l’insuffisance de dialogue. Nous avons maintenant l’occasion historique d’inverser le mouvement. Ma recommandation est simple: remettre les populations civiles au sein du processus de création de l’Union pour la Méditerranée. L’important c’est de construire ensemble!».En effet, c’est bien à l’aune de la capacité des Méditerranéens à «construire ensemble» que se mesurera la réussite de l’UPM.


Comment ça peut marcher?

Dans l’état actuel du projet, et revu par les instances européennes, l’Union pour la Méditerranée comportera «environ 40 pays» (expression prudente choisie par le secrétaire d’Etat français aux affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet). Le premier rendez-vous officiel est pour le 13 juillet prochain. L’Union devra avoir deux co-présidents, un du Nord, un du Sud, et un fonctionnement paritaire. Un secrétariat permanent devra être constitué d’une vingtaine de personnes, choisies sans avoir à obéir à des quotas de nationalité ou autres.D’emblée, il faudra rassurer la Turquie: l’Union n’est pas une manière de lui fermer la porte au nez. Sans que cela soit explicitement dit, il faudra aussi tenir compte des «sensibilités» des uns et des autres. Par exemple, l’Egypte, qui se considère comme le cœur battant du monde arabe, doit y avoir une place confortable. Par exemple encore, il faudra laisser un espace conséquent à l’Algérie, même si elle a toujours la fâcheuse habitude de se servir des dossiers extérieurs pour fuir ses problèmes intérieurs. La présence active d’Alger accroîtra considérablement l’intérêt de l’Union en y apportant un volet énergétique.Jouyet propose déjà du travail pour le projet. Il fixe évidemment l’environnement, la protection civile, le cofinancement d’infrastructures, des fonds de garantie pour les PME ou encore le développement des échanges avec les «autoroutes méditerranéennes.«Brice Hortefeux, ministre français de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire: «Nous allons développer une approche spécifique de notre politique à l’adresse des pays avec lesquels nous avons une relation particulière. C’est le cas pour la Méditerranée»««Benjamin Stora, professeur d’histoire du Maghreb: «Les Etats sont en retard, le projet de l’UPM comble ce retard. Depuis trente, quarante ans, les personnes ont déjà créé cet espace de circulation méditerranéen. Les chiffres existent, qui le prouvent. Peut-être faudrait-il reconnaître cette diaspora méditerranéenne, lui conférer une forme de représentativité politique, culturelle»«A.M.

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