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Economie

Forum de Paris
Etat d’urgence énergétique: Que faire?

Par L'Economiste | Edition N°:2752 Le 09/04/2008 | Partager

. Le défi de l’électricité passe par la coopération nord-sud. Sécheresse accrue et cauchemar du «pic oil» . Encourager la production décentralisée des «électrons verts»CONSTAT alarmant au Forum de Paris quand il s’agit de parler de l’énergie et de l’environnement. Une tonne équivalent pétrole de consommation énergétique annuelle par habitant du sud, trois tonnes au nord de la Méditerranée: ce différentiel est l’un des marqueurs indiscutables des «deux mondes» méditerranéens. Autre indicateur, tout aussi signifiant: avec une production électrique de 550 TWh (tétrawatts = milliards de watts) en 2006, la France, à elle seule, dispose aujourd’hui d’une capacité supérieure à celle cumulée de tous les pays du sud méditerranéen. Pour satisfaire les besoins de ceux-ci à l’échéance 2020 (+ 60 millions d’habitants), quelque 120 milliards d’euros d’investissements sont nécessaires.La pénurie d’eau au sud fut une autre problématique évoquée. Au nord, seule la Castille, en Espagne, reçoit moins de 500 mm de pluie par an. Au sud, à l’exception du nord de la Tunisie, l’aridité est la norme, avec des niveaux de précipitations compris entre 200 et 500 mm. Pire: selon les estimations des experts, la disponibilité d’eau diminuera d’environ 50% d’ici quinze ans! «C’est un problème largement sous-estimé à ce jour, releva Mustapha Faïd, directeur général de l’Observatoire méditerranéen de l’énergie. Ses conséquences économiques et politiques seront considérables, les paysans quitteront les terres, l’exode rural renforcera la concentration urbaine»..., et accentuera d’autres problématiques. Le traitement des eaux usées en est une, car, aujourd’hui encore au sud, plus de la moitié des agglomérations de plus de 100.000 habitants n’est équipée d’aucun dispositif de traitement. Gérard Begni, expert environnement du CNES, confirme les craintes de Mustapha Faïd: les observations d’images satellitaires, cumulées depuis les années 1970, démontrent clairement l’avancée des zones de sécheresse. Selon ce spécialiste, «nous entrons dans un cycle de perturbations climatiques fortes qui auront des conséquences socio-économiques et politiques considérables».«Il y aura toujours du pétrole», estime Nicolas Sarkis, directeur de la revue «Le pétrole et le gaz arabes». Le problème est évidemment son prix. Car, pour ce spécialiste, la pression de la demande est telle que l’équilibre se fera forcément par la hausse sans fin du prix, et non plus par la capacité d’augmentation de l’offre, dont le plafond (le fameux «pic oil») est peut-être déjà dépassé, ou peu s’en faut. «L’augmentation des prix à venir sera telle que nous regretterons bientôt le baril à 100 dollars! Les conséquences économiques et politiques seront terribles, un vrai cauchemar!»«Le défi énergétique ne peut pas être relevé par les seuls pays du sud, cela est impossible, vu l’ampleur des investissements capitalistiques et humains, estime Mustapha Faïd. Il faudrait au plus tôt élaborer un plan global concerté nord-sud, et réaliser des centrales électriques en partenariat, en créant des sociétés mixtes nord-sud. L’énergie est assurément un secteur de prédilection pour le déploiement des complémentarités et solidarités entre les deux rives.»Pour faire face aux effets dévastateurs du franchissement du «pic oil», Nicolas Sarkis considère qu’entre l’Europe et l’Afrique du Nord, la question de la coopération n’est plus une hypothèse, mais une nécessité absolue, un impératif».Gérard Begni, pour sa part, souligne la nécessité de former cadres et techniciens du sud, par des procédures de co-apprentissage avec les industriels du nord, cela afin de faire émerger le savoir-faire nécessaire aux pays du sud. Franck Debié, directeur général de la Fondation pour l’innovation politique, appelle à une forte coopération décentralisée entre les villes et même les villages des deux rives, et à faire pression pour qu’une part des budgets européens soit dédiée à cette coopération, afin de diffuser partout la «révolution verte» (voir encadré). L’échéance de renégociation de la PAC, la politique agricole commune européenne, étant, selon lui, une bonne occasion à ne pas rater.L’échéance est en 2013. Cela laisse donc le temps aux Sud-méditerranéens de s’organiser pour que cette question soit prise en compte par la nouvelle UPM. Reste la pénurie d’eau, qui ira augmentant avec la croissance de la population: aucun des experts n’a esquissé de solution véritablement structurée..., et pour cause!


Vive les «électrons verts»?

SELON Philippe Lorec, de la Direction générale (française) de l’Énergie, outre l’achèvement de l’interconnexion électrique des deux rives de la Méditerranée, il serait également pertinent que les opérateurs locaux aient une obligation d’achat du surplus des «électrons verts», soit l’électricité auto-produite par les particuliers pour leur propre usage, chose envisageable grâce à la maîtrise des nouvelles technologies, notamment photovoltaïques. Les pays du sud pourraient ainsi mettre à profit leur inépuisable «capital soleil»!


Dix propositions

. Et par-dessus tout, la formationLES sherpas du Forum de Paris ont tiré 10 propositions de 2 jours de travaux avec plus de 60 intervenants, sans compter les prises de positions des auditeurs dans les salles:1- Tenir avant le 13 juillet 2008 (date de la rencontre formalisant l’Union pour la Méditerranée) une rencontre sud-sud, dans un pays du nord, pour coordonner les positions des pays du sud de la Méditerranée.2- Créer un comité permanant des sages pour fixer les contours et le contenu.3- Former une sorte d’OCDE pour la Méditerranée.4- Instituer une conférence permanente pour la sécurité, à l’image de l’OSCE.5- Constituer un fonds d’investissement pour des capitaux qui seraient apportés de façon paritaire.6- Etablir un observatoire des populations et des migrations (à terme, instaurer des visas de longue durée pour le travail qualifié, une sorte de passeport de formation-migration…).7- Favoriser les coopérations transversales de ville à ville et de région à région.8- Accentuer la formation professionnelle avec une agence de la «migration qualifiante» et s’intéressant particulièrement aux métiers de l’eau, transport, agriculture, dépollution, énergie renouvelable…9- Bâtir un Erasmus de la Méditerranée, sur le modèle Erasmus de l’Union européenne, qui a puissamment soutenu les échanges culturels et surtout la recherche scientifique.10- Renforcer le sentiment d’appartenance, en «réseautant» les fondations et ONG et en constituant une Fédération de fondations. Mais, par-dessus tout, le Forum de Paris souhaite voir se développer des coopérations fortes sur la formation, de l’école primaire jusqu’à la formation continue pour travailleurs.A. M.

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