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Tribune

Forum CNJA des jeunes créateurs d'entreprises

Par L'Economiste | Edition N°:41 Le 06/08/1992 | Partager

par Larbi KOULLOU(*)

Le Forum organisé par le C.N.J.A. pour les jeunes créateurs d'entreprises a eu au moins le mérite de leur donner la parole. Les jeunes ont finalement évoqué les problèmes des garanties bancaires, de la communication avec les experts qui entravent la création d'entreprises depuis que le problème est posé, c'est-à-dire depuis plus de 10 ans.

Tout le monde n'est pas sorti totalement satisfait du Forum "Jeunes Créateurs", organisé par le C.N.J.A. les 16 et 17 Juillet 1992 à Casablanca.
Quelques jeunes promoteurs ont clairement exprimé -le moins que l'on puisse dire- un minimum d'insatisfaction.
Cependant, l'un des intérêts du Forum est d'avoir permis de mettre le doigt sur un certain nombre de facteurs qui agissent simultanément sur la création et qui conditionnent l'avancement des travaux, déjà entamés, en matière de promotion de l'emploi et particulièrement de l'auto-insertion.

Communication

1/- Le problème de communication est apparu avec clarté au cours du Forum.
Le langage des intervenants n'est pas celui des jeunes promoteurs. Ces derniers n'ont pas manqué de le souligner.
Dans le débat, des jeunes ont évoqué "l'incompétence" des "experts" désignés pour les assister, et sont allés jusqu'à dire que ceux-ci les ont même induits en erreur. En fait, s'agit-il vraiment d'un manque de maîtrise de l'information par les "experts" mis à la disposition des jeunes -ce qui serait étonnant- ou plutôt d'incompréhension (absence d'écoute, langage pas forcément le même pour les parties) donc de communication?
De toute façon, il apparaît nécessaire d'envisager un plan de formation, pour tous ceux qui resteront en contact avec les promoteurs, et notamment, à la communication.
2/- La création d'entreprises relève d'habitudes de comportements et de mentalités, et renferme ainsi une dimension culturelle. Il a été souligné que les jeunes doivent changer de mentalité dans le sens de ne plus -seulement- compter sur les autres pour trouver un emploi, et de se doter d'un sens d'initiative très développé.
C'est sûr que la mentalité des jeunes doit changer. Mais celle des autres partenaires aussi.
Favoriser la création d'entreprises nécessite un changement d'attitude de la part de l'administration, qui doit, comme il a été dit, "laisser travailler les gens tout en se réservant le droit d'exercer le contrôle a posteriori".

Le système bancaire sans risque

Il est temps que le système bancaire dépasse "la recherche de la sécurité absolue", et apprenne à prendre un minimum de "risque" dans le financement de l'économie, et en particulier, lorsqu'il s'agit des jeunes promoteurs qui se sont plaints, vigoureusement, de la lourdeur de la procédure et de l'absence de répondant au niveau de la banque. L'exigence systématique de garanties réelles n'avancera en rien les choses. Il est temps que les banques s'impliquent dans les projets comme c'est le cas ailleurs.

L'intervention du Président du G.P.B.M est allée dans ce sens, puisqu'il demande -au moins pour les jeunes promoteurs- qu'ils soient considérés, non comme de simples clients, mais comme des partenaires. Autrement dit les banques doivent s'impliquer dans le montage du projet durant la concrétisation et même après.

3/- Les jeunes promoteurs ont besoin d'être encadrés et assistés. C'est vrai qu'ils ont la volonté et la conviction, mais:
- d'une part, ils n'ont pas l'expérience de l'entreprise,
- d'autre part, l'environnement n'est pas -par les temps qui courent- favorable à l'entreprise. Intégrés dans ces conditions le marché ne peut être que difficile. Pour cela, il est utile que les promoteurs soient réellement encadrés à travers:
* le Conseil pour monter le projet;
* l'assistance durant la concrétisation;
* le suivi une fois que le projet est concrétisé.
La création d'une cellule de contact permanent, entre les jeunes d'un côté, et les banques d'un autre, pour régler rapidement les problèmes relevant du crédit, est une mesure très positive. Mais, l'encadrement devra concerner, également, les autres aspects de la création et du fonctionnement de l'entreprise.

Polyvalence

4/- Gérer une entreprise requiert des compétences dans de nombreux domaines: humains, techniques, de gestion
En général, le jeune promoteur n'a pas suffisamment de polyvalence pour faire face aux divers problèmes que requiert l'administration de son affaire. C'est pourquoi une formation qui accompagne le projet est indispensable. C'est vrai qu'il est difficile de parler d'un programme de formation au sens classique du terme, vu:
* la diversité des projets;
* la diversité des besoins (chaque promoteur a un niveau de formation, d'expérience différent des autres);
* que les projets n'arrivent pas en même temps et qu'ils sont dispersés géographiquement.
Mais il y a lieu, peut-être de tenter une expérience de fonction, qui servira de leçon pour l'avenir, pour les 1.500 promoteurs, en approfondissant l'analyse des besoins de ces derniers.
5/- Le changement de vision de la société par rapport à l'entreprise, la réhabilitation de celle-ci, l'émergence d'une nouvelle mentalité des jeunes, nécessitent une action, à différents niveaux, mais qui commence déjà au niveau de l'école. Le système éducatif est appelé à revoir sa philosophie, sa politique, le contenu de ses programmes, sa pédagogie pour aller dans le sens des objectifs visant la multiplication de la création d'entreprise et sa dynamisation.

Les collectivités locales absentes

6/- Les collectivités locales constituent un pilier pour la création et le développement de l'entreprise. Elles ont un rôle important à jouer à tous les stades de la création de celle-ci, et particulièrement, dans la résolution du problème des terrains et locaux industriels et commerciaux qui constituent les obstacles majeurs des promoteurs (jeunes ou moins jeunes). Leur implication dans le Forum n'est pas apparue significative. Une recommandation les invite à contribuer plus activement à la promotion de l'entreprise.

7/- Les Associations et Chambres Professionnelles se sont engagées, d'une part, à mettre en place des structures permanentes d'information et d'assistance à la création d'entreprises (conventions signées entre le C.N.J.A. et les Chambres Professionnelles) et d'autre part à encourager le parrainage, voire le patronariat (convention signée entre C.N.J.A. et la C.G.E.M.).
Il ne reste qu'à définir et mettre en oeuvre les modalités de concrétisation dans des délais très courts. Les obstacles rencontrés par les jeunes promoteurs (administratifs, locaux, financement) ne datent pas d'aujourd'hui, et sont identifiés et cernés depuis des années et vécus par tout promoteur. L'intérêt du Forum "Jeunes Promoteurs" est que cette fois-ci on est allé au-delà du simple débat des difficultés de création. Les jeunes promoteurs ont exprimé de vive voix leur point de vue. Tous les partenaires étaient là. Et on a le sentiment qu'ils les ont entendus, ont compris leurs voeux et leur volonté et ont montré leur compréhension et même leur engagement de faire avancer le train parce qu'en fait, il y va de l'intérêt de tous. C'est une première. Cette fois l'espoir est fondé.

(*) Cadre dans l'industrie
N.B.: Les idées présentées dans cet article sont personelles et n'engagent que leur auteur.

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