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Economie

Formation: Tout est à bâtir dans les T.P

Par L'Economiste | Edition N°:2239 Le 22/03/2006 | Partager

. Le marché manque d’ouvriers et de techniciens qualifiés . Faute d’argent, le projet d’un institut spécialisé hiberne depuis deux ansLe déficit en compétences dans le bâtiment et les travaux publics (BTP) est une menace réelle à l’embellie que connaît actuellement ce secteur. Le contraste est saisissant entre, d’un côté, un secteur qui n’a jamais eu autant de visibilité, dixit le président de la Fédération du bâtiment, Bouchaïb Benhamida et, de l’autre, un manque criant de main-d’oeuvre qualifiée. Si le réseau de l’Office de la formation professionnelle irrigue le bâtiment en maçons, plombiers et électriciens, dans les travaux publics, les entreprises sont contraintes au système D. La règle est la formation sur le tas. Trouver des ouvriers qualifiés, des chefs d’équipe, des agents de maîtrise, techniciens en matière de conduite et de maintenance des engins, conducteurs de grue, relève d’une prouesse. Ce qui est sûr, c’est que l’offre en formation dans les métiers de travaux publics est nulle. Le privé, non plus, ne s’y ose pas, car «la filière serait difficilement commercialisable», selon un promoteur. Quel contraste alors que le BTP recèle un formidable potentiel de résorption du chômage et constitue un vrai stabilisateur social?En attendant, l’Institut des métiers des BTP, que les professionnels voudraient lancer en partenariat avec l’OFPPT à Settat, est en souffrance. Le projet est initié depuis deux ans et les promoteurs ont -gracieusement obtenu le terrain (100 hectares) du Conseil de la région. Par priorité, ce sont les filières TP qui sont privilégiées afin de répondre au vide actuel. Reste le financement, 100 millions de dirhams dont une partie apportée par l’Agence française de développement (AFD) -qui a donné son accord de principe- sous forme de prêt. Le montage financier n’étant pas à ce jour achevé, le projet est quasiment en veilleuse malgré l’urgence des besoins. «Le chantier de la formation est ouvert, mais il ne va pas aussi vite que nous le souhaitons», concède le président de la Fédération des BTP. La création de cet établissement ne serait que rendre justice à un secteur qui est le seul à ne pas avoir de centre de formation dédié, au contraire du textile, de l’hôtellerie ou du transport routier, poursuit-il. Cet institut formera annuellement 480 ouvriers qualifiés et techniciens. Les professionnels participeront à la mise en place des programmes de formation en fonction des attentes des entreprises. Il leur restera à travailler l’image d’un secteur que les jeunes associent à la pénibilité et à la sous-rémunération. En France, dont veulent s’inspirer les opérateurs marocains, le BTP souffre aujourd’hui de ce problème d’image. Malgré un chômage «florissant», peu de jeunes voudraient s’orienter vers ces métiers et des centaines de milliers d’offres d’emploi restent sans réponse. Dans l’Hexagone, chaque diplômé BTP a le choix entre cinq offres d’emploi.La qualification des ouvriers est devenue un impératif pour la pérennité des PME qui veulent décrocher des marchés et être compétitifs. Le déséquilibre actuel influe sur la qualité du travail et, bien sûr, le produit final. Ce qui laisse la voie libre aux groupes étrangers pour décrocher les gros projets, notamment turcs, portugais, chinois, serbes et ukrainiens. Sur le terrain, les entreprises sont sous-encadrées. Le taux d’encadrement moyen reste faible avec 2% pour les cadres et 2,3% pour les techniciens, selon la Fédération nationale des bâtiments et travaux publics (FNBTP). Ceci s’explique par le fait que la majorité de la main-d’oeuvre provient du milieu rural (effet de l’exode rural). De plus, la grosse partie de ces travailleurs sont analphabètes. Certains promoteurs encouragent l’afflux de ce type d’ouvriers pour faire plus de marges. Et pour cause, ces journaliers, qui viennent de la campagne, ne sont pas très pointus sur la sécurité ni sur les avantages sociaux et acceptent un salaire bas. Le Forum du BTP, qui ouvre aujourd’hui 22 mars et se poursuivra jusqu’au 26, sera l’occasion pour les entreprises du secteur de rencontrer les prestataires de formation et de se faire une idée sur la formation continue. D’ailleurs, la mise en place du nouveau manuel de procédures des contrats spéciaux de formation (CSF) favorise la mise en place de plan de formation continue selon les besoins des opérateurs. A en croire la FNBTP, ces derniers consomment moins de 1% de la taxe de formation professionnelle. L’implication des associations professionnelles dans le processus de la formation continue pourra donner un nouvel élan à la valorisation des ressources humaines.


Alphabétisation obligatoire sur les chantiers

Le métier des BTP est un domaine d’activité où l’accès est très facile pour une personne issue du monde rural et qui est sans qualification. Résultat: le taux d’analphabétisme dépasse les 50% des effectifs. Les rares tentatives d’alphabétisation des ouvriers ont souvent échoué par le passé. La faible mobilisation des entrepreneurs, la motivation limitée des ouvriers et le caractère «nomade» de l’activité des entreprises y sont pour beaucoup. Pour mettre à niveau ce potentiel humain, la FNBTP a demandé au gouvernement d’inclure une clause d’obligation d’alphabétisation dans les appels d’offres publics. Les adjudicataires des marché publics devront donc prévoir des programmes d’alphabétisation du personnel sur le chantier. Les PME marocaines qui construisent l’autoroute Settat-Marrakech appliquent déjà cette mesure. Des classes ont été érigées sur place et les manuels scolaires ont été élaborés par le Secrétariat d’Etat à l’alphabétisation et la FNBTP. Du côté des ouvriers, cette initiative leur est présentée comme un levier de promotion. Nadia DREF

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