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    Fonds Al Qods: Deux ans après!

    Par L'Economiste | Edition N°:918 Le 18/12/2000 | Partager

    . Quelques mois seulement ont suffi à cette agence pour aboutir à des résultats concluants . Rien qu'au Maroc, les dons publics et privés ont atteint 6 millions de Dollars . Bientôt une «Maison du Maroc« dans la ville sainte. Le GPBM a déjà versé 3 millions de Dollars pour la réalisation du projetL'agence Bayt Mal Al Qods a deux ans de vie et déjà d'importantes réalisations à son actif. Le but de cet organisme est de «porter secours« à Al Qods et ses habitants, éviter leur exode, et partant, la judaïsation de la ville sainte. «Il faut dire, que certains particuliers et associations, aidés en cela par le gouvernement de Tel-Aviv, sont prêts à dépenser des millions de Dollars pour l'acquisition d'un seul lopin de terre dans cette ville«, souligne Abou Marwane, DG de l'agence Bayt Mal Al Qods. Contrecarrer l'expansion des colonies dans la ville sainte est, ainsi, l'une des principales missions de Bayt Mal Al Qods. Pour ce faire, l'agence dispose de moyens financiers divers, à la fois d'origine publique et privée. Son activité est à but non lucratif. C'est un organisme unique dans son genre dans le sens où il fonctionne selon les règles de gestion du secteur privé, tant sur le plan structurel, car disposant d'un comité de tutelle et d'un Conseil d'administration, que sur le plan comptable et financier parce qu'il est géré dans une transparence totale, à travers des audits annuels réalisés par des cabinets internationaux. En tout et pour tout, depuis sa création, Bayt Mal Al Qods n'a reçu que 10 millions de Dollars (soit environ 100 millions de DH) dont 60% proviennent de dons étatiques ou privés marocains. «Durant ces deux derniers mois, à l'occasion de l'Intifada, notre compte à Bank Al-Maghrib s'est enrichi de 8 millions de DH«, précise M. Abou Marwane. En plus des contributions volontaires des institutions publiques et privées, l'agence place les fonds dont elle dispose et qui ne sont pas encore utilisés dans des opérations à court terme, notamment l'achat de bons de Trésor marocain. Le bureau de représentation dans la ville sainte compte un seul employé, natif de la ville sainte. Outre le contrôle et le suivi des opérations financées par le fonds, sa mission est la prospection dans les divers domaines culturels, scolaires, religieux, sanitaires, urbanistiques et sociaux pour identifier ceux pour lesquels l'intervention de l'agence est requise.Schématiquement, le champ d'action de l'agence Bayt Mal Al Qods comporte quatre domaines: l'habitat, la santé, l'éducation et le tourisme. C'est ainsi que des efforts ont été consentis pour éviter l'exode des Palestiniens de la ville de la mosquée d'Al Aqsa vers d'autres régions, départ qui favorise la colonisation sioniste. En plus de l'aide apportée au niveau de la restauration des anciennes demeures, un système de crédit a été mis en place pour les personnes désirant construire un logement. Sans intérêts et remboursable sur 15 ans. «Dans certains cas, nous pouvons prélever des frais de gestion, différents des intérêts stricto sensu. Dans ce cas, ces frais sont liés aux normes pratiquées par la Banque Islamique de Développement«. Toutefois, pour pouvoir bénéficier d'un financement de Bayt Mal Al Qods, le titulaire doit être propriétaire d'un terrain et détenir au préalable une autorisation de construire. M. Abou Marwane explique que «pour un Palestinien, décrocher cette dernière est un véritable exploit pour Al Qods«. Jusqu'à présent, l'agence a financé la construction de 85 maisons. Depuis deux ans, et grâce à l'activité de Bayt Mal Al Qods, le loyer a baissé de 25%.De plus, pour ce qui est de l'éducation, quatre nouvelles écoles ont été ouvertes. L'Arabie saoudite a versé 2 millions de Dollars pour la construction d'une école et la modernisation d'une institution scolaire technique. Six jeunes citoyens d'Al Qods sont actuellement à Fès, pris en charge par la communauté urbaine et apprenant plusieurs métiers d'artisanat.Le domaine sanitaire également fait partie des priorités de l'agence. Des ambulances et des médicaments ont été envoyés vers Al Qods au cours de ces dernières semaines. L'agence a, par ailleurs, financé l'ouverture d'une maison de retraite et est en train de préparer un projet de couverture sociale pour les Palestiniens de la ville sainte.Bayt Mal Al Qods s'intéresse également au tourisme de la ville. Plusieurs programmes ont été mis en place à cet effet. De la formation des guides à la modernisation de l'école de tourisme en passant par la restauration des hôtels. Tout a été pensé. En outre, l'agence compte organiser, de façon régulière, des rencontres et salons afin de promouvoir cette ville palestinienne et en faire une véritable terre de paix.


    Une «Maison du Maroc«

    A l'Est de la ville d'Al Qods, il existe une importante population originaire du Maroc (de la région orientale, plus exactement). Leur présence en Palestine date de quelques siècles déjà. De l'époque de Salaheddine Al Ayoubi (Saladin). Plusieurs combattants marocains ont fait partie de l'expédition. Ils ont, après la libération de la ville d'Al Qods, constitué une véritable communauté de confession musulmane. Aujourd'hui, il existe dans la ville sainte un endroit nommé «Hay Al Maghariba« (quartier des Marocains). A l'intérieur, une zaouia. Celle de Boumedienne El Ghaout. Aujourd'hui, leur chef spirituel est Mokhtar El Figuigui. Une grande partie de ce quartier séculaire a été rasée par les autorités israéliennes. L'esplanade du «Mur des Lamentations« a pris la place des maisons et ruelles ancestrales. Seule une petite partie du quartier a pu survivre.Pour préserver ce patrimoine commun, la réalisation d'un projet ambitieux a été décidée par les deux parties (marocaine et palestinienne): l'ouverture d'une «Maison du Maroc«, dans un immeuble convoité également par plusieurs associations et particuliers israéliens. Il faut dire que son emplacement est hautement stratégique: à quelques mètres seulement de la mosquée Al Qods et de la «Via Dolorosa« (lieu saint chrétien). «Dar Al Maghrib« sera un centre de rayonnement culturel marocain, un modèle de tolérance dans une ville revendiquée par les trois religions monothéistes. On y trouvera de tout. De la littérature à l'artisanat en passant par la cuisine et la musique. Il est même prévu que la RAM y ait un stand permanent. Ce projet ne nécessite pas moins de 7 millions de Dollars. Une somme colossale, certes, mais le GPBM (Groupement Professionnel des Banques du Maroc) a déjà versé 3 millions de Dollars à Bayt Mal Al Qods qui pilotera l'opération. Cette somme a permis l'achat du fonds de commerce, car dans l'immeuble il y a un vieux bazar. Mais le projet nécessite encore 4 millions de DH. «Si les travaux ne commencent pas rapidement, les autorités israéliennes risquent de saisir le bâtiment et l'attribuer à qui elles veulent«, redoute M. Anis Balafrej, ingénieur marocain, de la société Team Maroc, chargé du projet «Dar Al Maghrib«.. Carte de visiteL'initiative de la création de l'agence fut celle du Souverain défunt SM Hassan II. La Conférence islamique des ministres des Affaires Etrangères tenue à Conakry (Guinée) en décembre 1995 a accueilli favorablement l'idée, et les Etats membres ont adopté les statuts de l'agence. Le Comité Al Qods (qui est une émanation de l'Organisation de la Conférence Islamique), a définitivement institué l'agence et lancé son activité en juillet 1998, date à laquelle le directeur général de l'agence a été élu. Il s'agit de l'ambassadeur palestinien au Maroc, M. Wajih Hassan Ali Qasem (Abou Marwane). Bayt Mal Al Qods ne compte pas beaucoup d'employés. Seuls quatre cadres et deux secrétaires ont été recrutés: «Une équipe soudée et sérieuse«, assure Abou Marwane. Abdelmohsin EL HASSOUNI

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