Culture

Fondation Esprit de Fès
Skalli: Pourquoi je suis parti

Par L'Economiste | Edition N°:2426 Le 20/12/2006 | Partager

. «L’autonomie administrative et financière m’a été refusée». Les pistes suggérées par Kabbaj auraient été torpillées par une ou deux personnes au sein du bureau«CELA fait 12 ans que j’ai eu l’honneur et le plaisir de diriger le Festival de Fès des musiques sacrées du monde, puis, plus tard, les Rencontres de Fès. Le Festival de Fès a été créé dans le sillage d’un évènement international que j’avais initié comme une forme de réplique culturelle à la guerre du Golfe de 1991. Cet évènement intitulé «Voies de la paix et enseignement du Désert; Vers la rencontre des grandes traditions du monde» était placé sous le patronage de Sa Majesté le Roi Hassan II». C’est dans ces termes que Faouzi Skalli, ex-directeur du festival des musiques sacrées, a voulu introduire son communiqué de «clarifications» autour dudit festival. Selon lui, cette manifestation n’aurait sans doute jamais connu le succès qu’elle connaît aujourd’hui sans l’appui de Mohamed Kabbaj, alors président de l’association Fès-Saïss. «Même s’il est vrai que le premier dépôt du festival s’est fait au nom de l’association que je préside, Fès MSM (Musiques sacrées du monde). Mais il est clair que le festival appartient avant tout à Fès», indique-t-il. Et d’ajouter que ce festival est aussi un patrimoine du Maroc, du fait que le dialogue des cultures et des religions a toujours été une constante de la politique du Royaume. «L’impact et la diffusion du Festival ont été tels qu’il a semblé important d’initier une association intitulée Fondation Esprit de Fès, qui pouvait capitaliser ceux-ci au profit de Fès toute l’année», affirme Skalli. Dans son esprit, la Fondation devait renforcer le mode de fonctionnement professionnel déjà mis en place ainsi que son autonomie, qui ont déjà fait leurs preuves à travers la réussite exceptionnelle et sans cesse grandissante du Festival et des Rencontres de Fès. «L’ambition était sans doute prématurée ou beaucoup trop grande. Mon sentiment était que dans cette nouvelle configuration, l’équipe professionnelle et moi-même perdions la marge de manœuvre, même relative, dont nous avions bénéficié pendant plus de 12 ans et qui a assuré le succès du Festival et des Rencontres de Fès», note Skalli. Ne disposant pas de ce qui lui paraissait être une autonomie minimale nécessaire pour atteindre les buts de la Fondation dans des conditions favorables, ce denier a donc décidé de renoncer à la direction générale de la Fondation. Ce refus, indique-t-il, le mettait dans une «situation régressive» par rapport au cadre dont il avait bénéficié et qui, selon lui, avait «fait la preuve de son efficience». Pour ce qui est du salaire, il affirme n’avoir reçu de l’Association Fès-Saïss que la somme forfaitaire de près de 28.500DH/mois, «et ce, depuis 2002 seulement». Dans le cadre de la nouvelle organisation et en raison même de l’institutionnalisation des activités culturelles de la Fondation, Skalli a demandé que cette somme (portée à 30.000 DH) soit payée hors frais, principe qui a d’ailleurs été accepté sans difficulté par l’ensemble des membres du bureau de la Fondation. Selon le directeur sortant, la cause du désaccord réside uniquement dans le fait qu’il ne pouvait bénéficier d’un pouvoir décisionnel qui soit en adéquation avec la responsabilité qui lui était conférée. A noter, d’après lui, que de nombreuses options restaient ouvertes. «Le président de la Fondation, M. Kabbaj, a suggéré certaines pistes; réalisables et viables. Elles ont systématiquement été torpillées, sitôt exposées, par une ou deux personnes au sein du bureau, en dépit des efforts, de part et d’autre, pour trouver un terrain d’accord équitable et fonctionnel. L’établissement d’un accord, après des discussions aussi intenses que fécondes, aurait sans doute permis d’initier une base saine qui aurait permis à la Fondation ainsi née de déployer une dynamique à la hauteur de ses ambitions. Les choses se sont finalement passées autrement».Reste à signaler que Skalli, tient à clarifier que, en dépit du fait qu’il a créé et dirigé le Festival et les Rencontres de Fès, il n’est plus en mesure d’avoir la moindre influence sur leur développement. «Je pense cependant que, aujourd’hui, le plus important est que ce projet puisse continuer à se développer, prospérer et porter, à partir du Maroc, son message d’universalité», conclut-il.


Projets

FAOUZI Skalli et son équipe travaillent actuellement sur plusieurs projets. Parmi eux figurent un festival de cinéma soufi, les «nuits des confréries soufies» et les «rencontres du désert». Ces dernières renaissent après une première édition, organisée en 1991. Leur deuxième édition se tiendra à Merzouga en mars 2008. Elle est préparée en collaboration avec Katherine Marshall, conseillère de James Wolfensohn, président de la Banque mondiale.De notre correspondant,Youness SAAD ALAMI

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc