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    Fondation Abderrahim Bouabid: USFP contre USFP

    Par L'Economiste | Edition N°:619 Le 19/10/1999 | Partager


    · La virulence des critiques à l'encontre du gouvernement d'alternance montre la soif de communiquer
    · Le gouvernement a rompu les canaux le liant aux partis


    C'est à une véritable catharsis que se sont livrés les participants à la journée consacrée à l'évaluation de l'action du gouvernement après plus de 18 mois aux commandes. L'initiative de cette rencontre, qui a enregistré une affluence sans précédent, revient à la Fondation Abderrahim Bouabid, laboratoire d'idées de l'USFP. A l'affiche ce samedi 16 octobre des représentants de l'USFP, de l'Istiqlal, du PSD, du PPS et de l'OADP. Pour compléter le tableau, manquaient à l'appel les autres partis de la majorité.
    Les organisateurs ont sans doute souhaité limiter cette participation aux membres de la Koutla. C'est durant la matinée que l'assistance a été témoin du grand déballage. Les propos étaient virulents. Cela renseigne sur le degré du déficit de communication au sein des instances des partis, particulièrement l'USFP. L'après-midi, l'arrivée de quatre ministres à la tribune a quelque peu aséptisé le débat. Les réponses de MM. Fathallah Oualalou, Mohamed Achaâri et Abdallah Saâf n'ont pas convaincu l'assistance sur l'impunité notamment dont bénéficiaient des dirigeants coupables d'avoir détourné les deniers publics. Aucun ministre ne s'est aventuré sur ce terrain glissant. Sur les médias publics, M. Aouad a fait preuve d'un courage en annonçant que le ministre de la Communication a déposé des projets de loi, une liste de noms pour diriger les médias publics. Cette initiative est restée sans réponse.

    Crise


    "Il ne reste à M. Larbi Messari que de présenter sa démission, chose qu'il ne peut faire de crainte de provoquer une crise gouvernementale", a dit M. Aouad. Au cours de la matinée, M. Larbi Jaïdi, président de la Fondation, avait planté le décor de la journée de réflexion.
    Le sujet est sensible et l'évaluation critique de l'action gouvernementale n'a pas bonne presse par les temps qui courent. C'est M. Mohsine Ayouch, responsable de l'OADP, qui remet les pendules à l'heure. L'existence de centres de résistance est élémentaire. Il balaie par la même occasion une idée répandue par le gouvernement qui consiste à dire que si l'expérience de l'alternance échoue, ce sera le déluge. Pour lui, le Maroc existait bien avant mars 1998, date de la formation de ce gouvernement, et a survécu à bien d'autres épreuves.
    Auparavant, l'intervention de M. Mohamed Sassi, ancien chef de la Chabiba Al Ittihadia, a donné le ton. Pour lui, le gouvernement échappe au contrôle du Premier ministre. Le partage du pouvoir lui est défavorable. Cela s'illustre dans la nomination du ministre des Affaires Etrangères et la formation de nombre de Commissions en dehors du gouvernement (enseignement, affaires sahariennes, investissements...). Sur ce registre, M. Oualalou a indiqué que pour les grands dossiers, l'initiative doit être Royale.
    Pour M. Sassi, les sorties publiques du Premier ministre et de son gouvernement tranchent avec le Discours Royal, programme d'actions précis et chiffré. Il ne comprend pas pourquoi les ministres de l'alternance n'ont pas établi la déclaration du patrimoine, réduit le protocole et renoncé à la direction de journaux.
    L'Istiqlal n'a pas varié: le soutien critique pour son représentant intervenu au cours de la matinée, le rythme du gouvernement est long et présente le risque de se transformer en poche de résistance au changement. M. Ayouch va plus loin. Pour lui, si l'expérience modernise le makhzen, on assiste en revanche à la makhzenisation des partis de gauche.

    Mohamed CHAOUI

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