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Finances: Plus dur que jamais

Par L'Economiste | Edition N°:42 Le 13/08/1992 | Partager

On rappelle cependant le bon comportement des recettes fiscales, où les encaissements sur les impôts directs ont progressé de plus de 20% et ceux sur la TVA de plus de 26%, au cours des 6 premiers mois de 1992. La Direction des Impôts précise que la progression vient de recettes spontanées et non d'opérations de recouvrement au sens propre du terme. Pour sa part, le Ministre des Finances souligne, pour les lecteurs de L'Economiste, "le bon travail" effectué par les services fiscaux dans le sens de l'élargissement de l'assiette et de la lutte contre l'évasion ou la fraude fiscale. Il est un fait que les entreprises ne se plaignent plus guère des méthodes des services des impôts. Par contre, elles maintiennent leurs critiques sur les taux, sur les effets de la cotisation minimale et sur les réductions de délais pour les versements.
M. Berrada promet que, pour l'année prochaine, "il n'y aura pas d'impôt nouveau", indication qu'il faut accueillir avec prudence dans la mesure où le montage budgétaire ne peut pas être considéré comme définitif au mois d'Août et où les contraintes qui vont peser sur les finances publiques au cours des prochains mois ne peuvent pas être cernées avec une très grande précision.
C'est ainsi que du côté des engagements, l'abandon des demandes de rééchelonnement peut être partiellement couvert par la mobilisation accélérée de lignes extérieures. Sont concernées par ces travaux, les lignes BIRD sur le logment, l'agriculture... ou les différents protocoles d'aides bilatérales.
Toujours du côté des engagements, on voyait avec le plus grand soulagement à Rabat, et ce dès la matinée du Mercredi 12 Août, l'arrivée de M. Karim Lamrani. En effet, l'existence des dérapages budgétaires de 1991 et 1992 est largement attribuée au fait que les administrations avaient pris l'habitude de se concevoir comme des petits Etats dans l'Etat et de conduire leur propre stratégie, en l'absence, donc, de régulations communes. Dès le Mercredi matin, le premier Ministre a, en effet, reçu les responsables des dossiers les plus urgents, où sont présents à la fois les problèmes financiers et les questions d'arbitrage politique.
Pour l'immédiat, il s'agit des financements agricoles où les masses en jeu tournent autour de 5 milliards de DH et où il s'agit de cibler les aides à apporter aux agriculteurs, alors que les ressources budgétaires ne permettent pas d'envisager des subventions immédiates et que les structures mises en places sur les marchés financiers ont réduit les possibilités d'interventions de la CNCA.
Sur le moyen terme, les choix de politique budgétaire reprennent leurs droits et c'est à ce niveau qu'apparaissent les interrogations à propos du comportement du secteur public et les craintes quant à la maîtrise des dépenses d'enseignement.
Ces dernières s'inscrivent pour 31% des dépenses du Budget, alors qu'on maîtrise mal l'efficience des enveloppes tant pour le fonctionnement que pour les investissements.
Chez les hauts fonctionnaires en charge de dossiers financiers on s'étonnait que le niveau d'occupation des nouvelles écoles rurales, dont le coût dépasse les 1,5 milliard de DH, soit très bas. Les réactions à ce qui est donc un gaspillage sont profondément différentes. Pour les uns, il faut construire des internats, pour les autres, c'est la programmation de ces écoles qui a été mal faite, et ces derniers s'insurgent contre l'idée de mettre en internat de jeunes enfants, issus de la campagne.
A l'autre bout de l'échelle scolaire, les enveloppes destinées à l'enseignement supérieur se sont mises à croître de manière autonome: la maîtrise semble en avoir été perdue alors que le mécontentement des usagers augmente.
Du côté des finances extérieures, l'amélioration des réserves sera de courte durée puisque due aux divers dons reçus par le Maroc au cours des années 1990 et 1991. Auprès des banques leaders du Club de Londres, on s'interrogeait début Août sur les effets qu'auront d'une part la baisse des réserves et d'autre part l'aggravation du comportement structurellement déficitaire de la Balance Commerciale. De même source, on précisait cependant avoir confiance dans les capacités du Maroc à redresser le mécanisme.

N. S.

(1) Un bilan de l'activité économique de l'année 1991 et du premier semestre de 1992 a été dressé à l'intention des membres de la Chambre des Représentants par M. Berrada. Notre confrère Al Bayane a publié, dans son édition du Dimanche 9 Août 1992, "de larges extraits" de la communication. Compte tenu de l'excellent crédit dont jouit Al Bayane auprès des lecteurs de L'Economiste, nous n'avons pas jugé nécessaire de publier à nouveau les données contenues dans ce bilan et nous avons préféré concentrer nos efforts sur l'apport d'informations non encore diffusées dans le public.

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