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Finances: Grève contre le rendement?

Par L'Economiste | Edition N°:2168 Le 09/12/2005 | Partager

. Le mouvement de jeudi largement suivi. Discorde autour de la primeDevant la porte fermée de la Perception sur le boulevard Bordeaux à Casablanca, une trentaine de fonctionnaires se sont assemblés. «Nous attendons 9h30, l’heure fixée pour rejoindre d’autres collègues pour un sit-in devant les bureaux de la direction régionale des Impôts», indique cet agent de la Perception.«Nous sommes 36 au total, et nous sommes tous là!». A l’appel de quatre centrales syndicales (CDT, FDT, UMT et UGTM), les fonctionnaires du département de Oualalou ont fait grève jeudi 8 décembre. Et à en croire les premières déclarations, le mouvement est «bien réussi». «Le sit-in décrété de 8h30 à 10h a été largement suivi», indique Mohamed Daidaâ, secrétaire général du syndicat national des Finances affilié à la CDT, le plus représentatif avec la FDT. Selon lui, plus d’un millier de fonctionnaires se sont assemblés, hier, à Rabat devant le ministère des Finances. Il avance un taux de participation d’environ 95% au niveau des différentes villes. Selon Laârbi Habchi, secrétaire général du syndicat démocratique des Finances affilié à la FDT, les scores sont les mêmes. Il avance, à titre d’exemple, des taux de 95 à 100% à Casablanca, selon les directions préfectorales. Et de 100% à Berkane et El Jadida, 99% à Meknès et 95% à Oujda. «C’est la décision du ministre des Finances sur la révision du régime d’octroi des primes qui a fait déborder le vase», indique Daidaâ. Cette mesure, datée du 14 octobre, précise qu’à compter du 30 juin 2006, l’octroi des primes des fonctionnaires sera assujetti à un nouveau système d’évaluation de la performance. Système jugé dur et injuste par les syndicats. «Avec le barème proposé, l’agent ne pourrait même pas atteindre 70% de la prime actuellement touchée», prévoit Abdeljebbar Benchekroune, membre du syndicat national des Finances affilié à la CDT. Selon lui, cette décision est d’autant plus absurde qu’elle est tombée «alors que nous demandions une révision de ces primes pour réduire le gap entre les responsables et les cadres et agents».Pour convaincre, il cite l’exemple d’un fonctionnaire échelle 11, premier échelon, dont la prime semestrielle est de 15.000 dirhams alors que celle d’un chef de service est de 60.000.Les fonctionnaires des Finances, qui relèvent au passage que leurs représentants syndicaux n’ont pas été consultés, estiment que la modification du système d’évaluation (cf.www.leconomiste.com), qui a durci les critères retenus, lèse uniquement les cadres et les agents pour lesquels la prime représente un complément de salaire. «Les responsables, eux, ne sont pas concernés alors que c’est à eux que profite le système des primes», dénonce un responsable syndical sous couvert d’anonymat. Ce qui est récusé au niveau du ministère. «La réforme concerne tout le monde. Mêmes les directeurs seront évalués», affirme Omar Faraj, directeur des affaires administratives et générales. Les représentants syndicaux sont unanimes: ils disent adhérer à la philosophie de l’évaluation. Il ne sont pas contre un système d’évaluation de la rentabilité, mais ils exigent la révision du barème proposé, qui porte un grand préjudice aux fonctionnaire des Finances en réduisant le nombre des bénéficiaires. «Nous sommes pour un système d’évaluation, mais nous voulons qu’il soit juste et équitable. Les critères doivent être clairs et bien déterminés», précise Daïdaâ. Un dialogue a été engagé avec le ministre sur la question. «Le ministre nous a affirmé, lors de la réunion de lundi dernier, que la mesure d’octroi des primes est caduque. Maintenant, il faudra notifier cette déclaration et discuter des propositions que nous présentons», explique Benchekroune. Mais, selon Omar Faraj, le terme «caduque» a été sorti de son contexte. «Le ministre a été clair et les syndicats ont adhéré au principe de la réforme du système d’évaluation. Reste à discuter des modalités de sa mise en œuvre». Selon lui, la mesure ayant soulevé le plus d’objections est celle qui vise à lutter contre l’absentéisme et les certificats de «complaisance». La réforme propose qu’au-delà de trois jours par semaine, la prime ne sera pas versée. Une durée jugée courte par les syndicats. «Nous discuterons de tout cela lors de nos prochaines réunions», promet Faraj. Une reprise du dialogue avec les responsables syndicaux est prévue pour la semaine prochaine. Les syndicats réclament aussi un dialogue avec le Premier ministre et le ministre de la Modernisation des secteurs publics. «C’est pour y voir plus clair aussi avec les mesures du projet de décret relatif à l’évaluation des fonctionnaires». Celui-ci, rappelons le, a franchi dernièrement le Conseil des ministres (cf.www.leconomiste.com). Il propose d’abandonner l’ancien système d’évaluation, où tout le monde était noté sur 3, pour une nouvelle formule basée sur une notation sur 20 et un entretien entre le chef et son collaborateur. Une mesure qui, selon des représentants syndicaux, nécessitera une meilleure clarté dans sa mise en œuvre pour éviter subjectivité et clientélisme.


«On travaille plus dans les Finances!»

Selon Laârbi Habchi, secrétaire général du syndicat démocratique des Finances affilié à la FDT, la prime est un acquis social à l’instar de tous les départements des Finances au niveau mondial. Elle est, ajoute-t-il, légitimée par la charge de travail «énorme» des fonctionnaires des Finances. «Le fonctionnaire des Finances est, de tous les départements, celui qui travaille le plus», estime le responsable syndical. D’autant plus, ajoute-t-il, qu’aujourd’hui, il est confronté à un manque de personnel, conséquence des départs volontaires, et souffre donc d’un surcroît de travail. Khadija EL HASSANI

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