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    Financements extérieurs : Le Maroc annonce son retour sur le marché international

    Par L'Economiste | Edition N°:237 Le 04/07/1996 | Partager


    Emission d'obligations sur l'Euro-Franc, swap de dette, Global depositary receipt (GDR): le Maroc, public et privé, étoffe ses moyens pour drainer les ressources extérieures.


    Après plusieurs années de sevrage, le Maroc entame son retour sur le marché international des capitaux. Le Trésor s'apprête à lancer un emprunt obligataire de 1 milliard de FF, soit 1,74 milliard de DH, garanti par la Caisse Française de Développement sur le Marché de l'Euro-Franc, a annoncé M. Ahmed Bouriss, adjoint au directeur du Trésor. Le montant n'est certes pas très élevé, mais il permettra de tester la réaction investisseurs internationaux face au risque Maroc. Cette opération, la première initiée par l'Etat après la sortie du PAS, suit celles menées par l'ONA et, dans un registre différent, par la BMCE. L'ouverture sur les marchés financiers internationaux est ainsi confirmée. Le Maroc, comme les pays similaires ou situés à un cran inférieur, a besoin des ressources extérieures pour financer sa croissance. Pour cause, le marché domestique où le taux d'épargne ne représente encore que 16% du PIB est trop étroit pour répondre aux besoins de l'Etat, appelé à financer son déficit, et des entreprises.

    Investissements privés


    Cependant, depuis quelques années les données du marché international ont bien évolué. A la distribution généreuse des crédits qui a suivi le choc pétrolier des années 70, banquiers et investisseurs, échaudés par la crise de la dette, sont devenus moins prolifiques. Les ressources publiques se sont en outre amenuisées et la part du privé dans les investissements directs s'est nettement accrue. Selon M. Luc de Wulf, économiste principal à la Banque Mondiale, elle est passée de 46% dans les investissements directs durant les années 80 à 70% pour la première moitié de la décennie 90. Globalement, les flux en direction des pays en développement ne sont concentrés que sur un nombre réduit de pays, une douzaine environ, qui drainent 80% des ressources. Mais selon l'expert de la banque mondiale, ces flux ont baissé depuis la crise mexicaine. Et, pour ce qui concerne plus particulièrement les investissements en portefeuille, les investisseurs sont plus sensibilisés sur la diversification des risques.
    De l'avis de l'expert de la BM, la chance du Maroc réside dans le fait que la part accordée à la douzaine de pays devrait passer de 87 à 75%. Une opportunité pour les entreprises et en particulier pour celles inscrites à la cote. La Bourse constituait d'ailleurs, en 1994, le premier véhicule pour les investissements étrangers avec un montant de 500 millions de DH pour un volume total de 800 millions. Il est vrai que cela s'est fait à la faveur de la privatisation. D'où la nécessité de pousser sa modernisation et d'explorer d'autres pistes. Le privé est encore timoré. Les grandes entreprises ne sentent certainement pas encore le besoin de profiter de la libéralisation des financements extérieurs. Le succès de l'emprunt de l'ONA sur le marché obligataire et celui des GDR de la BMCE, opération présentée par M. Brahim Benjelloun Touimi, conseiller auprès du président de la banque et qui constitue actuellement une référence sur la place, devraient pourtant rassurer. La seule contrainte: la transparence. Les investisseurs ont besoin d'informations microéconomiques fiables. Il est aussi nécessaire au niveau macroéconomique d'avoir des fondamentaux solides: taux d'inflation faible, équilibre budgétaire, taux de croissance élevé, entre autres. Les pouvoirs publics s'attachent non sans mal à préserver les acquis.

    Dette contre investissement


    Pour l'heure, les observateurs étrangers accordent un préjugé favorable au Maroc, notamment pour ce qui concerne les opérations de swap (conversion de dette), un moyen utilisé pour réduire la dette publique et attirer les investisseurs étrangers. Selon M. Phillipe Thénard, directeur des marchés émergents à la Société Générale France, "cette technique a connu ses heures de gloire dans les années 91-92 en Amérique latine avec un milliard de Dollars traités". Auparavant, "il était difficile de faire intervenir les investisseurs dans certains pays émergents, en raison du risque politique important", fait-il remarquer. Il estime par ailleurs que si l'option d'utiliser les swaps pour réduire la dette est valable, "le Maroc n'en avait pas besoin pour attirer les investisseurs étrangers d'autant que beaucoup d'investisseurs veulent y être présents". Est-ce un signal de reprise après les hésitations de 1995 et du début de 1996, période caractérisée par une conjoncture économique défavorable et les incertitudes de la campagne d'assainissement? "Le Maroc est bien en mesure de mobiliser des ressources extérieures", assure M. Taoufik Kharroubi de la salle des marchés de la BMCE Paris. En revanche, il n'a pas manqué de souligner auparavant que la signature du Maroc ne peut être appréciée sur la base des swaps ou de l'émission garantie par la CFD. Il estime que, comparativement à des pays d'égal niveau, la faiblesse du PNB peut constituer un désavantage.

    Alié Dior NDOUR

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