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Financement NTIC: Apprenez à parler business!

Par L'Economiste | Edition N°:2648 Le 09/11/2007 | Partager

. Les dossiers sont souvent trop techniques. Il faut mieux cibler le couple marché-produit. Le soutien actuel aux projets R&D est insuffisant ILS sont enfin rendus publics. Les résultats de l’enquête sur le financement des entreprises NTIC au Maroc étaient attendus depuis longtemps. La SFI et l’Apebi, qui avaient commandité cette étude afin d’obtenir une meilleure visibilité du secteur, ont gardé le suspense jusqu’au bout. C’est en effet à partir des conclusions de cette enquête, réalisée par le cabinet Original Invest suite à un appel d’offres, que le nouveau service d’accès au financement de l’Apebi devait être pensé. Car, ne l’oublions pas, les ambitions pour le secteur des NTIC sont élevées, et le contrat-progrès 2006-2012, signé entre l’Apebi et l’État, devra livrer ses fruits. A ce jour, cinq experts ont été recrutés, et le service est d’ores et déjà opérationnel.L’enquête a été réalisée entre février et avril derniers, sur la base d’entretiens de 20 à 35 minutes chacun. L’échantillon était composé de six bailleurs de fonds (banques et capital investissement) et de douze entreprises NTIC. Parmi elles, 75% étaient des start-up et PME, et le reste de taille importante.Plus de huit entreprises sur dix estiment que les bailleurs de fonds ne font pas assez pour accompagner le développement de leur secteur au Maroc. Chez les start-up, cette proportion grimpe jusqu’à 89%. Les banques, surtout, seraient trop méfiantes envers les entreprises qui démarrent. Le problème de la garantie vient largement en tête des préoccupations (83%), puis la méconnaissance du secteur (67%) et enfin la prise de risque (42%). De leur côté, plus des deux tiers des bailleurs de fonds (67%) déplorent le fait que les dossiers de financement déposés par les entreprises ne sont pas dotés d’un positionnement marketing fort, et que le couple produit-marché leur fait défaut. Les institutions financières préféreraient recevoir des dossiers simples et concis, qui adoptent le même langage qu’elles, et qui insistent sur «la stratégie marketing, les opportunités de marché, les prévisions de vente et l’étude financière». Elles reprochent aux businessmen le caractère beaucoup trop technique de leurs dossiers. Fait saillant: la moitié des bailleurs de fonds ont insister sur l’importance de la taille des entreprises. Sans contradiction, l’enquête a aussi révélé que les grandes entreprises n’éprouvent pas de difficultés pour l’accès au financement. Mais il ne faut pas voir là une difficulté propre au secteur des NTIC.Pour la très vaste majorité des entreprises interrogées (85%), l’expérience de l’amorçage au Maroc est un échec. Selon elles, «il fallait prendre plus de risque en tant qu’expérience pilote, afin de tirer le maximum de leçons, plutôt que de lever la barre trop haut». Quatre entreprises sur cinq estiment que les fonds de capital investissement souffrent de leur adossement aux banques. Leur prise de risque très limitée intervient avec des montants élevés par rapport à la moyenne des besoins en financement du secteur, qui est justement peu capitalistique.Le financement des projets d’investissement est source de difficultés pour 43% des entreprises, tandis que 57% font face à la frilosité des banques pour les besoins du cycle d’exploitation.Les entreprises NTIC sont friandes des cautions bancaires. C’est ce qu’elles sollicitent le plus (67%). Viennent ensuite les facilités de caisse et découverts (50%), les crédits à moyen terme (42%), le crédit bail (25%) et enfin le financement en devises (17%). En moyenne, les entreprises demandent 2,4 produits différents, et les start-up 1,3. La mise en place d’un service d’aide au financement a été jugée utile pour la totalité des entreprises, et même urgente pour 40% d’entre elles. Une position qui a trouvé écho chez les bailleurs de fonds: 80% d’entre eux sont aussi en faveur de ce service d’aide. Toujours en matière d’accès au financement, les besoins identifiés sont l’accompagnement pour l’élaboration des business plans et la diffusion d’informations précises et mises à jour sur les divers modes de financement. La création d’un label Apebi qui renforcerait leur position vis-à-vis des bailleurs de fonds est aussi vivement souhaitée par les entreprises. Elles rejoignent à cet égard les bailleurs de fonds, qui recommandent tout autant l’accompagnement des entrepreneurs dans l’élaboration de leur business plan. Les banques suggèrent également de soutenir les projets R&D via un fonds de garantie, de recourir au coaching pour préciser les business models et, enfin, d’effectuer une analyse approfondie de l’environnement du secteur.L’information quant aux recours aux mécanismes de garantie des crédits bancaires fait aussi cruellement défaut aux entreprises: près de neuf sur dix (88%) déclarent disposer de peu ou d’aucun renseignement à ce sujet. Même son de cloche en ce qui concerne les outils de mise à niveau et l’assistance technique disponible: sept entreprises sur dix affirment mal connaître les propositions de l’Agence nationale pour la promotion de la PME (ANPME) et des autres organismes.Selon les entreprises interrogées, les programmes de mise à niveau cibleraient exclusivement les industries, alors que les sociétés de services justement liées au secteur industriel pourraient bénéficier des mêmes avantages.Pour améliorer leur accès au financement, les entreprises NTIC proposent plusieurs pistes. Tout d’abord, l’État devrait assister celles d’entre elles qui disposent de projet R&D. L’instauration de fonds de garantie spécifiques au secteur et l’octroi d’avantages fiscaux figurent également au nombre de leurs propositions.Les banques, de leur côté, gagneraient à renforcer leur communication auprès des entreprises et à prendre plus de risque. Les institutions financières, pour se rapprocher du secteur, devraient notamment doter les directions crédits de spécialistes IT. Enfin, l’Apebi devrait organiser le parrainage des petites entreprises par les plus grandes, puis afficher et mettre à jour, sur son site web, de l’information sur les mécanismes de financement. Les entreprises souhaitent aussi que l’Apebi effectue un travail de sensibilisation sur les caractéristiques de leur secteur auprès des banques.


Qui est Original Invest?

C’EST le cabinet de conseil Original Invest qui a été retenu pour réaliser l’enquête commandée par la SFI et l’Apebi, sur l’accès au financement des entreprises NTIC au Maroc. Rachid Amrani, ingénieur de formation et ex-banquier, a fondé cette entreprise du TechnoPark de Casablanca, en 2006. Original Invest n’en était pas, par ailleurs, à sa première mission. Elle compte notamment à son actif la réalisation d’un toolkit pour l’accès au financement dédié au secteur des NTIC au Maroc, également pour le compte de la SFI et de l’Apebi. Le cabinet travaille actuellement à une étude sur les projets de création d’entreprises énergétiques pour le Pnud et le CDER (Centre de développement des énergies renouvelables). En outre, un de ses ingénieurs a été recruté pour faire partie du nouveau service d’accès au financement de l’Apebi.Marie-Hélène GIGUÈRE

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