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    Economie

    Financement de l'Education Nationale : La gratuité occulte les débats

    Par L'Economiste | Edition N°:221 Le 14/03/1996 | Partager

    En finir avec la gratuité, une suggestion qui "figure dans la hiérarchie des tabous", a été longuement discuté à la table ronde sur le financement de l'éducation et de la formation. Les uns considèrent la fin de la gratuité comme allant à l'encontre de la généralisation de l'enseignement. Pour d'autres elle consacre les disparités sociales.


    La participation des usagers, un partenariat plus large, l'encouragement de l'enseignement privé et d'autres propositions ont alimenté les différentes interventions émises lors de la table ronde organisée les 8 et 9 mars à Rabat par la Fondation Abderrahim Bouabid (FAB) et le Groupe d'Etudes et de Recherches sur les ressources humaines sur la question du financement des systèmes d'éducation et de formation. "La Banque Mondiale, à travers son rapport d'octobre 1995, propose une vision à long terme du développement du système d'éducation et de formation s'appuyant sur une gestion plus rationnelle dans l'utilisation des ressources et sur la diversification des ressources de financement"; et c'est dans ce contexte, explique M. Mohamed Radi, directeur général de la statistique, de la prospective et de la programmation au Ministère de l'Education Nationale, que se tient ce débat.
    Le financement de l'éducation est d'autant plus problématique que les efforts sont engloutis par la croissance de la population. "L'analyse des évolutions démographiques passées ou projetées montre que le problème du financement de l'éducation nationale ne se pose pas dans les mêmes termes dans les pays industrialisés où la démographie est stabilisée et la scolarisation déjà largement développée et les pays qui ont à faire face à la fois à de forts accroissements démographiques et au développement de la scolarisation", rappelle Mme Lamia Salman-El Madini, représentante de l'UNESCO au Maroc.

    Gratuit ou pas gratuit

    La participation des usagers au financement de l'éducation, un point très sensible, a partagé les participants à cette manifestation. Pour M. Mehdi Lahlou, professeur à l'INSEA (Institut National de Statistique et d'Economie Appliquée),"la généralisation de l'enseignement doit constituer un facteur de rééquilibrage des inégalités profondes dans notre société et entre les milieux urbain et rural."
    En fait, remarquent d'autres, ce système n'a fait qu'aggraver les disparités déjà existantes. "La remise en cause de la gratuité de l'enseignement dans le supérieur, remarque M. Ali Bouabid, secrétaire général de la FAB, est non seulement nécessaire mais essentielle". Et M. Radi de renchérir: "la gratuité n'engendre pas l'équité. En effet, les dépenses publiques profitent davantage aux classes aisées".
    Pour M. Brahim Chedati, enseignant-chercheur au COPE (Centre d'Orientation et de Planification de l'Education), "la gratuité de l'enseignement public au Maroc est à relativiser. A la lumière d'une enquête, effectuée par nos soins, une rentrée scolaire coûte le tiers du revenu mensuel des familles pauvres".

    La gestion

    Les intervenants ont également préconisé une participation plus large à l'effort éducatif. "Les parents ne sont plus les bénéficiaires de l'enseignement. Au contraire, ils sont amenés à subvenir aux besoins de leurs enfants pendant toute leur vie, à cause des difficultés d'insertion dans le monde professionnel. L'éducation doit être prise en charge par tous, notamment le tissu économique", souligne un intervenant.
    Une meilleure gestion des ressources allouées à ce secteur est nécessaire. Le Maroc, qui consacrait, en moyenne et jusqu'au début des années 90, 7,3% de son PNB à l'éducation, atteint un taux brut de scolarisation des 4-23 ans de 40% seulement, tandis que l'ensemble des pays arabes, qui consacrent en moyenne 6% de leur PNB, affichent des taux de scolarisation de 51% pour la même tranche d'âge. "Les dépenses publiques et privées sont donc plus importantes et même supérieures que celles d'autres pays parvenus à des résultats plus significatifs", souligne M. Lahlou. "C'est là une nette indication que sa contre-performance en matière de scolarisation n'est pas seulement due à des raisons financières".
    Dans le même ordre d'idées, un intervenant remarque qu'"un enseignant ayant évolué se voit promu directeur. Et le système d'enseignement perd ainsi un bon enseignant et hérite d'un mauvais gestionnaire".

    Malika EL JOUHARI

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