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    Finance: Entre l'exploitation et la stratégie

    Par L'Economiste | Edition N°:400 Le 15/12/1998 | Partager

    Les fonctions de la finance, outre la comptabilité, sont la budgétisation de l'investissement, le choix de la structure de capital la plus appropriée et la gestion de la trésorerie. Les conséquences de certaines décisions comme l'innovation ne peuvent être toujours quantifiées. Mais les projets stratégiques peuvent être toujours soumis à une évaluation financière.


    L'une des méthodes de représentation du management dans une entreprise donnée est de diviser ses activités en trois types:
    - La tâche "exploitations" se réfère à la gestion quotidienne, en détail, des entrées et des sorties.
    - La "stratégie" est le façonnement à long terme de l'entreprise dans sa totalité.
    - La "gestion des risques" est un large concept qui englobe les problèmes des risques d'exploitation, comme le fait de décider s'il serait plus judicieux d'utiliser la diversification de la gamme de produit pour réduire le risque ou changer la structure des coûts (des coûts élevés entraînent une volatilité des profits si les revenus des ventes sont instables). Elle recouvre également le risque financier relié à la gestion des risques provenant du choix financier, le financement de la dette peut être assimilé à un coût fixe. De même pour tout risque résultant des opérations en devises étrangères de l'entreprise.
    La fonction finance intervient à tous les niveaux de l'entreprise. Elle fixe, dans le domaine de la stratégie, le critère financier pour les décisions d'investissement du capital. Elle s'assure, dans les fonctions d'exploitation et de gestion des risques, que des fonds suffisants, sous forme de solde actif ou de lignes de crédit, sont disponibles pour éviter les déficits de trésorerie.
    Nous pouvons évoquer, au risque de simplifier à l'extrême, trois domaines suivant un ordre logique.
    - Les décisions concernant l'investissement des capitaux ainsi que les projections du cash-flow résultant des opérations déterminent le montant net des fonds requis pour une période de planification donnée en vue de supporter les déficits en espèces et garder une marge de flexibilité.
    Cette situation a généré un besoin de décisions concernant la forme que doit prendre le financement et le niveau des dividendes. Cependant, le financement et les décisions de dividendes ont deux dimensions.
    Une entreprise a d'abord besoin de déterminer son ratio "normal" de dette par action et son ratio "normal" de dividende par rapport au bénéfice par action (son ratio normal d'acquittement des dividendes).
    - L'entreprise doit, en second lieu, déterminer quelles exceptions à ces niveaux "normaux" adopter au cours d'une année.
    Etant donné sa politique d'investissement et de financement, la tâche de la gestion de la trésorerie (la fonction "trésorerie") consiste à investir le surplus pour obtenir un taux de profit satisfaisant, à envisager les exigences du cash-flow et à négocier tout emprunt requis à court terme.
    - La gestion de la trésorerie ou la fonction "trésorerie" inclue aussi les décisions à adopter concernant la répartition des risques découlant des mouvements inattendus des taux de change, des taux d'intérêt et des prix des marchandises.
    Dans ces trois domaines de stratégie, les implications sur l'impôt sur les sociétés peuvent être importantes. L'une des tâches de la fonction finance est de s'assurer que les possibilités de diminution des charges fiscales sont prises en considération dans les décisions d'investissement et de financement de l'entreprise. Le fait doit être pris dans sa juste mesure, car la diminution de l'impôt ne peut être effective qu'au prix de quelques inconvénients, par exemple l'intérêt de la dette est considéré comme une dépense pour des objectifs de diminution d'impôt sur les sociétés, mais un lourd financement de la dette peut compromettre la solvabilité).
    La responsabilité particulière de la fonction finance est de préserver les intérêts des actionnaires, celle-ci inclura souvent le taux minimum de profit requis, qui devrait logiquement prendre en compte le niveau actuel des taux d'intérêt et les risques du " projet " concerné.
    Un autre critère peut également être utilisé comme celui de la "période de remboursement". Dans certaines industries, plusieurs décisions d'investissement peuvent néanmoins être prises sur la base d'un critère d'exploitation: le taux d'occupation prévu pour les hôtels ou la contribution des ventes ou profits par unité dans le cas des points de vente en détail.

    Face à l'actionnaire


    Les critères du projet d'investissement doivent tenir compte du taux de profit que les actionnaires peuvent obtenir sur les investissements à un degré similaire de risques à l'extérieur de l'entreprise.
    Trois questions émergent cependant, la première est celle du débat possible concernant les critères financiers qui doivent être subordonnés aux objectifs "stratégiques". Il s'agit en fait d'un faux problème. Il est vrai que les conséquences financières de plusieurs décisions commerciales importantes, comme celles concernant l'innovation, ne peuvent être quantifiées.
    Néanmoins, une évaluation financière peut être utile pour:
    - reconnaître les éléments-clés dans l'évaluation des projets stratégiques;
    - identifier le niveau minimum des ventes nécessaires pour justifier le risque concerné;
    - soulever la question des alternatives.
    Pour réaliser un projet "stratégique" profitable aux actionnaires, il doit exister au moins un principe implicite que le taux de profit, dans ses effets sur l'entreprise, soit au moins proportionnel au risque imposé aux actionnaires. Il appartient probablement au directeur financier, en premier lieu, de poser les questions financières délicates, nécessaires parfois pour contrôler les ambitions égoïstes des autres directeurs.
    La seconde question, afférente à la première, tente de préciser jusqu'à quel point le critère financier doit dominer le fonctionnement général de l'entreprise. Il n'y a aucune réponse spécifique à cette dernière question pour la bonne raison qu'il existe des entreprises prospères où les critères financiers influencent de près la réflexion de la Direction Générale. Ils semblent jouer dans d'autres entreprises, un rôle relativement négligeable. Même dans les entreprises où les critères financiers semblent jouer un rôle secondaire, et où les actionnaires obtiennent un taux de profit satisfaisant, ces derniers croient que leurs fonds sont mal utilisés. Le "préjudice" porté au prix de l'action de l'entreprise provoquera finalement une réaction à l'offre publique d'achat par exemple.

    La dernière question concerne les doléances des actionnaires qui sont comme nous l'avons déjà souligné du ressort de la fonction finance. Doivent-elles avoir la priorité sur les propres ressources de l'entreprise comme: les clients, les employés, les fournisseurs et l'environnement local. Il ne doit y avoir, encore une fois, aucune opposition entre ces différents partis. Dans la mesure où de bonnes relations avec les réclamants renforcent la rentabilité de l'entreprise à long terme en lui procurant une bonne réputation.
    Certains conflits d'intérêt peuvent être moins faciles à résoudre alors que d'autres peuvent même inclure des questions de moralité. La responsabilité de la fonction finance, surtout celle qui cherche à maximiser la richesse des actionnaires, ne signifie pas que les managers sont appelés à agir d'une manière qui les dispense de toute considération de moralité et de simple décence. Ce sont des qualités qu'ils doivent volontairement observer au cours de leur carrière.
    Cependant, nous devons admettre que les conflits d'intérêts possibles, auxquels la fonction finance doit faire face, surgissent à cause de la nature diverse des responsabilités des managers.
    En général et dans tous les types d'entreprises, ils n'ont pas toujours une solution toute prête.

    Traduction: Aziza EL AFFAS
    L'Economiste

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