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Economie

Fin des quotas/Chine
La menace sur l’habillement s’effiloche

Par L'Economiste | Edition N°:2652 Le 15/11/2007 | Partager

. Montée en gamme du fast fashion . En 2009, il représentera 80% de la demande européenne. Tunisie, Turquie et Egypte, nos véritables concurrentsAprès le séisme de 2005, le secteur textile marocain s’est ressaisi. Mohamed Tamer, le président de l’Amith, explique comment le fast fashion permettra au Maroc de résister à la levée des quotas sur les importations chinoises à la fin de l’année. Il insiste en outre sur le renforcement de l’amont où les coûts de facteurs pèsent lourdement. - L’Economiste: La fin des quotas sur les importations chinoises, c’est dans quelques semaines. Qu’est-ce qui nous attend?- Mohamed Tamer: La levée des quotas devrait plus peser sur les pays voisins de la Chine. Ce sont surtout les exportations de l’Inde, du Bangladesh ou du Pakistan qui devraient être affectées dans l’immédiat. Par ailleurs, il est vrai que les donneurs d’ordre étrangers depuis 2005 se sont rués vers les pays asiatiques, dans un souci de compresser toujours plus leurs coûts de production. Mais les mêmes donneurs d’ordre ont compris par la suite que cette stratégie n’était pas payante. Plus que cela, le Maroc est désormais positionné sur un créneau qui n’est pas menacé par la concurrence chinoise.- Lequel?- Le fast fashion. Depuis 2005, l’industrie textile marocaine s’est redéployée pour s’adapter à cette demande d’un genre nouveau. Les perspectives confortent notre orientation stratégique. Le fast fashion représentait 20% du marché de l’habillement européen jusqu’à il y a 2 ans. A l’horizon 2009, il pèsera pour 80% de la demande. En résumé, c’est ce créneau qui est en croissance. L’habillement qui est commandé 6 mois à l’avance et qui prend 2 mois pour être livré n’est plus opportun pour le Maroc. - Que fait le Maroc pour conforter son positionnement dans le fast fashion?- Il y a lieu de s’interroger sur ce qui a déjà été fait plus que ce qui reste à faire. Ce qu’on a fait concrètement, c’est repenser nos produits.- Qui sont alors nos véritables concurrents sur le créneau? - Nos réels concurrents sont la Tunisie et la Turquie qui se distinguent par la force de leur offre. L’Egypte compte également parmi nos challengers et tire sa compétitivité d’une maîtrise des coûts de production. Ce dernier pays a des coûts d’énergie beaucoup plus bas que les nôtres et la main- d’œuvre y est 7 à 8 fois moins chère. - Quelles sont nos faiblesses?- On pourrait parler d’insuffisances structurelles de l’environnement dans lequel les opérateurs agissent. Si l’on ne considère que la compétitivité par les coûts, nous sommes désavantagés par rapport à nos concurrents, en termes de main-d’œuvre et d’énergie. Mais il s’agit d’insuffisances transversales, communes à toutes les filières. Pour le textile, c’est l’amont qui en pâtit. Produire les tissus et les fournitures pour approvisionner nos usines consomme beaucoup d’énergie. Investir dans l’amont pur devient donc contraignant en raison des coûts de facteurs prohibitifs. Nous avons essayé de contourner ces contraintes par des accords de libre-échange. A ce titre, l’Amith a été l’un des plus fervents défenseurs de l’ALE avec la Turquie. L’enjeu à présent est de remettre à niveau notre logistique pour profiter effectivement des accords en place. Ceci étant, des investissements dans des unités de tissage et de finissage ont été réalisés par d’importants groupes pour renforcer l’offre en amont. Et cela commence à porter ses fruits.- A quoi ressemblera le secteur textile dans 10 ans?- Il est très délicat de se prononcer sur un terme aussi éloigné dans le temps. Pour le moins, il faut retenir que le marché est très mouvant. En effet, le textile-habillement compte parmi les secteurs les plus exposés à la mondialisation. Et c’est la seule volonté du consommateur, friand plus que jamais de nouveauté, qui prime. Tant que nous concevons nos structures, nos moyens de production et nos stratégies en conformité avec cette exigence, nous serons sur la bonne voie.


Plan de bataille

Réactivité, créativité et compétitivité par la différenciation, tels sont les maîtres-mots du nouveau plan d’action de l’Amith. Concrètement, «la norme fibre citoyenne, mise en place par l’association et qui contribue à la mise à niveau sociale des entreprises textiles, s’inscrit dans la volonté d’accroître la compétitivité de notre industrie par la différenciation», détaille Tamer. La catégorisation des entreprises découle, elle, du projet d’accroître la réactivité de cette même industrie. Promouvoir la compétence, soutenir le tissu productif textilien pour passer de la sous-traitance à la co-traitance, fonder une école de mode qui sera opérationnelle à partir de septembre 2008 et accompagner les entreprises dans la maîtrise de leur sourcing, représentent enfin tout autant de pas vers plus de créativité, selon le nouveau président de l’Amith. Ce dernier précise que «les pouvoirs publics ont parfaitement adhéré à notre vision». D’où le contrat-programme signé en 2005 et par la suite le plan Emergence qui a contribué à l’accélération des projets structurants pour l’industrie marocaine et a fortiori celle du textile.Propos recueillis par Réda HARMAK

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