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Economie

Filière viandes rouges
Les professionnels s’organisent

Par L'Economiste | Edition N°:2761 Le 22/04/2008 | Partager

. Ils créent une fédération. L’objectif est de défendre la production et la distribution. Assainir le circuit de transformationLes opérateurs de la filière viandes rouges viennent de créer la Fédération interprofessionnelle des viandes rouges (Fiviar). L’initiative en revient à la Comader (Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural), affiliée à la CGEM. L’objectif de cette nouvelle fédération est de restructurer la filière des viandes rouges et de regrouper tous les professionnels au sein d’une même association.«La filière est empêtrée dans de nombreuses contraintes: une production à la merci du climat, une taille réduite des effectifs, un faible encadrement sanitaire, une insuffisance de l’encadrement professionnel, une application de droits d’importation élevés sur les bovins maigres…, » nous explique Ahmed Ouayach, président de la Comader.Par ailleurs, la commercialisation des animaux est marquée par une grande spéculation qui est due à la multiplicité des intermédiaires, ce qui est à l’origine de la surenchère des prix de la viande. Faute d’espaces réservés à la vente, 95% des transactions se font aux souks. «Autre faiblesse de la filière, le transport qui est loin de répondre aux normes. Aussi, sur les 180 abattoirs municipaux et 730 tueries rurales que compte le Maroc, seuls deux sont aux normes: Casablanca et Rabat, qui représentent à eux seuls 25% en termes d’abattage contrôlé de bovins et d’ovins. Les secteurs souillés et propres, par exemple, ne sont pas séparés et diverses espèces animales se croisent dans les mêmes salles d’abattage. Les chambres froides sont absentes de la plupart des abattoirs. Les employés du secteur du froid manquent de professionnalisme et, donc, sont incapables d’assurer la maintenance des installations frigorifiques,» constate la Confédération.Pour pallier ces insuffisances, la Fiviar va intervenir à deux niveaux: «rassembler toutes les associations de transformateurs, distributeurs, producteurs dans une même association pour pouvoir défendre le développement de la production et de la distribution. Elle va mettre en œuvre tous les efforts pour une production de qualité et à moindre coût pour, ainsi, augmenter la consommation des viandes rouges au Maroc.» Elle a déjà identifié les problèmes dans lesquels s’embourbe le secteur: non- conformité de l’aliment de bétail avec la productivité, cherté des prix des produits d’engraissement, ce qui se répercute sur les prix et, donc, la consommation. La vente du bétail de boucherie se fait essentiellement sur pied, «ce qui engendre l’intervention de plusieurs intermédiaires, la diminution des marges et, donc, l’augmentation du prix à la consommation», explique Ouhali.L’autre axe sur lequel la Fiviar compte agir, c’est «l’assainissement du circuit de transformation et de commercialisation pour le plus grand bien de la filière et du consommateur».La qualité des abattoirs et les normes d’hygiène sont les autres points noirs sur lesquelles la Fiviar va porter son attention pour la mise à niveau de la filière. Pour maîtriser les prix des viandes, qui sont souvent rédhibitoires pour les consommateurs à faible revenu, Ahmed Ouayach propose un certain nombre de pistes: importation et engraissement d’un quota de maigres, amélioration du cheptel par la génétique, production de races plus productives, amélioration des inputs en aliments de bétail… Pour Ouhali, la recherche scientifique devrait faire également son entrée dans le secteur de la production des viandes rouges pour contribuer à sa mise à niveau.Selon une étude publiée en juillet 2007 par la Comader sur la mise à niveau du secteur agricole, «la production, bien que marquée par d’importantes fluctuations, est passée de 354.000 tonnes à 400.000 au cours de la période 1992-2005. Les viandes bovines, ovines et caprines représentent respectivement 48, 38 et 7% de la filière».Côté consommation, et selon la même étude, les viandes rouges ont enregistré, durant les 25 dernières années, une faible augmentation, passant de 10 à 11,8 kg par personne et par an. Cette situation est due à la montée en puissance de la consommation de viande de volailles, mais aussi au prix à la consommation et au niveau limité du pouvoir d’achat des consommateurs.La filière peut se targuer d’avoir des atouts appréciables: des effectifs ovins et caprins importants, une proportion appréciable de bovins locaux (53%) susceptibles d’être facilement améliorés, un large éventail de races ovines et caprines locales présentant un potentiel non encore totalement exploité. Les parcours peuvent couvrir 20% des besoins d’alimentation du bétail au cours d’une année normale. Par ailleurs, les races ovines importées sont dotées d’un haut potentiel de production et donnent des résultats probants en croisement industriel.


Un dahir datant de 1914

Le cadre législatif est l’autre cheval de bataille sur lequel la Fiviar envisage d’intervenir. A noter que c’est la Direction générale des travaux publics qui accorde les autorisations d’ouverture des abattoirs en vertu d’un dahir qui remonte à 1914. En effet, ce texte s’inscrit en porte-à-faux avec les dispositions de la Charte communale, selon lesquelles c’est le conseil communal qui décide de la création de services liés à l’abattage et au transport des viandes. De plus, selon le dahir de 1977, les abattoirs devraient obligatoirement être soumis à l’inspection des vétérinaires, ce qui n’est pas toujours le cas.Hassan El Arif

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