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    Filière du lait : Prix libérés mais avec une invitation à la modération

    Par L'Economiste | Edition N°:34 Le 18/06/1992 | Partager

    Le désencadrement des prix du lait est très prudent dans la mesure où demeure un prix recommandé au niveau de la distribution finale. C'est donc en amont que les professionnels s'attendent à des évolutions. Celles-ci devraient suivre deux axes: chez les transformateurs, un encouragement à développer les produits nouveaux ou des déclinaisons de produits existants; chez les producteurs, la libération devrait donner le volant financier pour relancer l'élevage.
    On signale au niveau de la Direction de l'Elevage des difficultés pour faire renouveler les contrat dits de pépinière, pour l'accueil des génisses importées. Ces difficultés sont mises sur le compte de l'amenuisement des revenus que pouvaient espérer les éleveurs de vaches laitières.

    Les éleveurs, qui se sont regroupés dans une association, l'ANEB, avaient entrepris des démarches depuis le mois de Janvier dernier pour obtenir des révisions de prix(2).
    Leurs premières demandes concernaient la reconduction pure et simple des prix de basse lactation pour la période de haute lactation(1). Cette demande signifiait donc la reconduction du prix producteur de 2,92DH. Les éleveurs et la Direction de l'Elevage du Ministère de l'Agriculture ont estimé que les coûts de production du litre de lait sont depuis quelques mois supérieurs à 3DH en moyenne. Certains de leurs calculs vont jusqu'à une fourchette de 3,10 à 3,40DH.
    La reconduction n'a pas été la solution retenue et les pouvoirs publics ont préféré saisir l'occasion pour passer à ce qu'ils considèrent comme le premier pas de la libéralisation, avec un système de prix recommandé, où la marge du distributeur finale est la seule fixée.

    C'est un arrêté du Ministre de l'Agriculture, qui dispose d'une délégation mais avec visa du Premier Ministre, qui vient de formaliser la dérèglementation. Cet arrêté est en date du Samedi 13 Juin 1992. Il précise que les intervenants sont tenus d'informer l'Administration des changements de prix qu'ils opèrent.
    On s'attend, tant chez les administrations que chez les transformateurs à ce que le prix recommandé soit respecté. L'ambiguïté qui peut naître entre "prix recommandé" et "prix réglementé", dans l'esprit des épiciers, devrait faciliter le respect du prix recommandé comme s'il était un prix réglementé.
    La marge de distribution est donc passée à 0,24DH le litre, contre 0,20DH jusqu'au 12 Juin.

    Dans la formation du prix, les autres intervenants sont en principe libres, mais les recommandations donnent 0,26DH supplémentaires aux éleveurs et 0,10DH aux transformateurs. L'opération est formalisée par un accord de modération, passé entre le Ministère de l'Agriculture et celui des Affaires Economiques(3). Depuis 1976, calcule la Direction des Prix, les prix du lait ont augmenté en moyenne de 8,8% par an, mais elle souligne que depuis l'augmentation de 1989, aucune hausse n'avait été autorisée.
    Pour sa part, M. Faïk, Directeur des Prix au Ministère Chargé des Affaires Economiques et de la Privatisation, considère que les six mois qui viennent sont une période d'observation. Il annonce "la deuxième étape pour le début 1993" , avec un désengagement plus net de l'Administration.

    Sur ce plan, les administrations verraient d'un bon il s'étendre les mécanismes de contrats et d'assistance mis au point entre la Centrale Laitière et les éleveurs, pour qui elle soutient financièrement et techniquement l'acquisition de vaches laitières.o
    N. S.
    (1) Le prix du lait frais à différents stades était réglementé depuis Juin 1972, dans la ligne de la Loi de 1971 sur le contrôle des prix. Les prix des dérivés locaux étaient passé sous le même régime en 1974. Ces derniers sont passés sous le régime de l'auto-révision entre 1979 et 1982.
    (2) Le calendrier prévoit que la haute lactation va du 15 Février au 15 Août et la basse lactation du 16 Août au 14 Février, avec un différentiel de prix de 25%.
    (3) On a bien lu: il s'agit d'un accord entre deux administrations!

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