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    Ficelles et cordages : Fibres synthétiques contre fibres naturelles

    Par L'Economiste | Edition N°:38 Le 16/07/1992 | Partager

    Ficelles et cordages apparaissent comme des produits futiles. Pourtant, ce sont 7.000 tonnes qui sont produites chaque année au Maroc et destinées principalement au secteur agricole. Les préoccupations écologiques, consacrées par la conférence de Rio, mettent à jour l'opposition fibres naturelles-fibres synthétiques.

    Il n'y a pas de descente aux enfers pour la fibre naturelle", souligne M. Hajoui, Directeur de la Sonajute. Et de poursuivre,"l'avantage des produits naturels est qu'ils sont auto-dégradables et contribuent à la préservation de l'environnement."
    Le constat est d'importance au lendemain de la conférence de Rio sur l'Environnement d'autant plus que la production de ficelles et de cordages est principalement destinée au secteur agricole. L'entrée sur le marché marocain de produits synthétiques, destinés à l'agriculture, remonte au milieu des années 70. Elle s'est faite progressivement. A partir de cette époque, les produits en sisal ont peu à peu perdu du terrain. Cependant, le marché se serait stabilisé au début de la décennie 80. Il est maintenant partagé à égalité entre les deux matières.

    Actuellement, le marché est presque saturé du fait de l'importante capacité de production qui a été installée. Elle est estimée à plus de 12.000 tonnes par an pour tous les produits confondus. Du coup, la concurrence est devenue plus âpre. Elle se joue essentiellement sur les prix qui dépendent de deux paramètres, le cours de la matière première et le niveau de la demande. De plus, la préservation de l'environnement constitue un point d'achoppement important .
    Premier élément, le cours des matières premières. "Nous ne maîtrisons pas les prix", précise M. Hassan Nachit de la SCEC. En effet, les granulés de polyéthylène et de polypropylène destinés à la fabrication des ficelles et des cordages synthétiques de même que le sisal sont importés. Les granulés sont achetés en Europe. Le cours peut atteindre 11DH le Kg. Le sisal provient principalement du Brésil qui produit de la fibre rouge de meilleure qualité. Les pays africains, notamment l'Angola, le Mozambique, le Kenya, la Tanzanie et Madagascar proposent la fibre blanche très prisée pour la fabrication de produits particuliers. Le prix du sisal est fortement dépendant de la situation climatique des pays producteurs et des "dealeurs", les intermédiaires qui contrôlent une partie du marché. Le sisal est négocié entre 600 Dollars et 1.000 Dollars la tonne.

    Second élément, l'offre et la demande. Les exportations sont pratiquement inexistantes. Au contraire, quelques importations de produits synthétiques viennent gonfler l'offre locale. De plus, la demande, étroitement tributaire des besoins agricoles, fluctue selon les performances du secteur.
    Ces deux éléments influencent notablement la politique commerciale qui n'est pas strictement déterminée à l'avance. Par conséquent, chaque producteur essaie de moduler ses prix en fonction du comportement de la concurrence et du marché.
    Reste l'environnement. Pour les producteurs de matières synthétiques, notamment MM Amine Abkary et Abdelatif Jabrane de Copafic, le produit n'est pas polluant et n'a aucune toxicité. De plus, même si la matière n'est pas auto-dégradable, elle ne produit pas d'effets négatifs sur l'écosystème. Cette position n'est pas entièrement partagée par les partisans de la matière végétale. Leur argument repose sur le fait que les fibres dures (sisal, jute et manille) s'adaptent à l'environnement. Outre leur caractère naturel qui facilite la décomposition, elles peuvent être consommées sans danger par le bétail si elles sont mêlées au fourrage. Alors que les ficelles en polypropylène et en polyéthylène ne sont pas digestibles et peuvent conduire à des pertes de têtes.

    Des bottes de foin à la pêche

    Ainsi, certains pays, notamment les USA, sont arrivés à mettre en place une réglementation limitant l'utilisation de la ficelle botteleuse en synthétique. Par ailleurs, les Nations-Unies, par le biais de la FAO, attachent une grande importance à la renaissance du sisal pour la préservation de l'environnement. A l'origine, toutes les entreprises de la place étaient effectivement spécialisées dans la production de ficelles et de cordages en matières végétales, notamment le sisal, le jute et la manille. Les produits synthétiques importés en quantités négligeables n'étaient pas encore destinés au marché agricole, principal consommateur. La ficelle est généralement utilisée pour confectionner des bottes de foin d'où le nom de ficelle botteleuse pour la gamme destinée à cette usage. En outre, elle sert de produits semi-finis pour la fabrication de sacs. Les cordes et cordages servent à attacher les troupeaux ainsi qu'à d'autres travaux. D'autre part, la pêche et les sucreries constituent les principaux consommateurs du secteur industriel. La consommation locale, pour toute la gamme, d'une moyenne de 6.000 tonnes à 7.000 tonnes par an, est partagée entre l'agriculture pour 70%, le secteur industriel pour 20% et divers utilisateurs pour le solde. Cependant, ce volume doit être apprécié différemment selon qu'on raisonne en poids ou en longueur. En effet, un kilogramme de sisal représente environ la moitié en fibre synthétique pour une longueur à peu près égale. Par conséquent, le volume total équivaut pour ses 2/3 à la consommation de produits en sisal si l'on admet que la demande est partagée de façon égalitaire entre les deux matières. Cependant, cette consommation de ficelles et de cordages est fluctuante. Elle est indirectement liée à la pluviométrie.

    Le secteur agricole s'est intéressé de plus en plus aux produits synthétiques plus résistants, moins chers et adaptables à toutes les utilisations, précisent les producteurs. L'une des premières sociétés à avoir introduit ces produits synthétiques est la SCEC, Société Chérifienne d'Emballages et de Cordages. D'autres sociétés se sont totalement ou partiellement reconverties au synthétique en mettant en place un équipement adapté. Actuellement, sur la dizaine de sociétés que compte la branche, la Sonajute, est l'une des rares à utiliser presque exclusivement les matières végétales, en particulier le sisal, pour la production des ficelles et des cordages.
    Un pari sur l'avenir? En tous les cas," il existera toujours un marché pour le sisal qui ne disparaîtra jamais ou définitivement." précise M. Hajoui, Directeur de la Sonajute.

    Sonajute

    La Sonajute est l'une des premières sociétés de production de ficelles et de cordages en sisal installée au Maroc. Elle a été créée en 1963. Son capital, d'un montant de 3 millions de DH, est détenu en totalité par des privés marocains. L'usine est située à Aïn Sebaa sur une surface de 8.000m2 dont 4.000 couverts. Cette unité industrielle équipée de toute la gamme de machines destinées à la fabrication de ficelles et de cordages en sisal, notamment des cardeuses, des étaleuses peigneuses, des bancs d'étirage, des métiers à tisser. Sa capacité de production est de 6.000 tonnes de ficelles et de cordages par an. Elle emploie un effectif de 160 personnes. En 1991, la Sonajute a réalisé un chiffre d'affaires de 32 millions de DH.

    Copafic

    Dans le quartier des Roches Noires, un des secteurs industriels de Casablanca, au 102 de la rue des Oudayas, est installée la Copafic, Compagnie Industrielle de Ficellerie et de Cordage. Ses locaux s'étendent sur environ 3.500m2 outre les magasins de vente installés en ville. Ils abritent l'usine d'une capacité de production de 1.500 tonnes de ficelles et de cordages par an, un entrepôt et des bureaux. L'effectif permanent est de 80 salariés. Cette société a été créée en 1966. Son capital est passé de 2 millions de DH à 4 millions de DH. La Copafic propose à ses clients des fils et ficelles d'emballage ainsi que des cordages en sisal ou en synthétique produit à partir du polypropylène. Toute la production est destinée au marché national.

    SCEC

    La SCEC est une société au capital de 10 millions de dh. Elle a été fondée en 1971. Elle produit des cordes, des ficelles, des cordages, des bandelettes en prolyéthylène et en polypropylène, des sacs et des sachets. Sa capacité de production est de 1.500 tonnes par an pour un effectif de 220 personnes. En 1991, elle a réalisé un chiffre d'affaires de 37 millions de DH.

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