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Culture

Feuilleton de l'été
Les amours d'un apprenti boucher
Ve épisode: La conquête de Zineb fut très facilePar Mohamed NEDALI

Par L'Economiste | Edition N°:1566 Le 22/07/2003 | Partager

. Résumé:En ces temps sans vergogne, la boucherie rapporte plus que le métier d'Adel. Le père de Thami s'est rendu à l'évidence. Jamais son office de notaire ne lui a donné autant d'argent que ne lui en rapporte depuis quelques mois la boucherie qu'il a achetée à son fils, ce meskhout, ce honteux rejeton d'une souche savante, qui un jour a refusé d'aller à la medersa. Boucher il voulait devenir, boucher il est devenu, Grâce à Dieu. Le père surveille de près la marche des affaires, tandis que Thami, lui, phantasme sur ses clientes, l'une d'elles particulièrement, la mystérieuse Zineb.--------------------------------Après une longue cour, Zineb me fit entendre, un jour, qu'elle accepterait mes faveurs, à condition toutefois que je lui assurasse la discrétion absolue. C'était toute son image d'épouse honnête qui était en jeu! Si, par malheur, la chose venait à se répandre parmi les mauvaises langues, les conséquences seraient fatales! Il fallait donc être vigilant et, surtout, trouver un lieu de rencontre certain et discret.... J'ai juré la discrétion absolueFou de bonheur, je jurai au nom du saint des saints Moulay Brahim Boussalem que même sous le plus atroce des supplices, je serais muet comme un pied de boeuf. Je jurai sur le Livre, sur la tête de l'Adel, sur celle de ma mère... que personne n'en saurait jamais rien, que je nierai la chose le cou sur le billard. Les superbes yeux de Zineb croisèrent alors les miens dans une espèce de confiance qui dissipa sur son visage toute forme d'inquiétude ou de peur. A son air désormais assuré et déjà aimant, je sentis qu'elle venait de me confier tout son coeur. Une sensation indicible s'empara de moi. Mon corps entier palpitait de bonheur. La ravissante femme tendit vers moi une main diaphane aux doigts longs et fins. J'y posai doucement sa quotidienne demi-livre d'agneau. Ma main effleura la sienne, de manière apparemment accidentelle: elle était soyeuse et chaude.Bien que bref, le contact physique me procura une espèce de jouissance douce et calme qui enivra mes sens longtemps après.Zineb laissa choir la marchandise au fond de sa vannerie, puis s'en alla, lentement, vers les échoppes d'en face. Je la suivis des yeux, dévorant du regard sa croupe ondulante que moulait voluptueusement une djellaba de soie bleue. Le long vêtement conçu pour préserver le corps de la femme des regards polissons, ne faisait en fait qu'en souligner les points les plus excitants.A la médina, les femmes et les filles nanties d'un beau corps, optent volontiers pour des djellabas de soie ou de velours, qui leur moulent les parties désirées au point de les rendre plus provocantes que si elles se baladaient à moitié nues. A travers ces tissus fins et collants par endroits, on peut avoir une idée précise des membres les plus intimes, les plus tentants. On peut parfois distinguer presque nettement la forme des hanches, celles des seins, les plis du ventre, ou même la raie des fesses.Chez les hommes, cela maintient indéniablement une tension érotique, légère mais constante.. Gros problème techniqueZineb ayant disparu dans la cohue du souk, je revins sur terre, me remettant à servir mes clients. A vrai dire, seules mes mains remuaient dans ce sens; ma tête, elle, était entièrement obsédée par une question, une seule: où trouver un lieu de rencontre qui répondrait aux exigences de la belle femme à présent conquise, un lieu sûr, discret et éloigné du quartier qu'elle habitait?La question m'obnubilait au point que je ne pouvais plus penser à autre chose. Une terrible obsession. J'avais surtout peur de ne rien trouver, et de passer ainsi bêtement à côté de la première véritable chance de ma vie. Mes parents ne possédaient pas d'autre maison dans la médina. Je ne pouvais pas non plus compter sur le soutien d'un ami, puisque je n'en ai jamais eu. Les grands amoureux négligent l'amitié, c'est bien connu. A l'hôtel, on exigeait des couples la présentation de l'acte de mariage. Il n'y a pas d'endroit discret dans cette médina. D'ailleurs, la discrétion y est mal vue, soupçonnée, inquiétée, inquiétante. Tout le monde observe tout le monde. Tout le monde surveille tout le monde. Quand il s'agit d'une femme, on redouble de vigilance. Quand elle s'éloigne des lieux publics en compagnie d'un mâle, on les suit, on les épie. Les murs ont des yeux, les arbres aussi.Au plus noir de ma nuit blanche, une idée me vint: L'hadja Hlima.Bien que ce ne fût encore qu'une conjecture, l'idée me paraissait déjà comme une solution à portée de main, une délivrance certaine, ou presque. Je m'y accrochais.Ma rencontre avec L'hadja Hlima remonte à cette époque-là. C'était un jeudi après-midi, à l'heure où la médina entière se trouvait au lit pour l'inévitable sieste. Je revenais de la medersa en compagnie d'Omar, un camarade de classe habitant le quartier mitoyen du nôtre, et qui m'avait déjà entraîné dans plusieurs mauvais coups, mais d'un genre différent.Le galopin, de deux ou trois ans plus âgé que moi, m'emmena chez la vieille femme pour, me dit-il, se purger les rognons. L'expression m'était encore inconnue, mais, par orgueil, je n'avais pas osé lui demander tout de suite une explication, pensant qu'il valait mieux l'apprendre le moment venu. L'hadja Hlima nous accueillit sur le seuil de la porte, un sourire désabusé aux lèvres. Son caftan à la dentelle effilochée dissimulait mal les difformités de son corps gras et exténué. Sans mot dire, elle verrouilla la porte et nous fit signe de la suivre au fond de la demeure. Nous nous retrouvâmes dans une pièce minuscule où régnait une pénombre de grenier. L'air moite et lourd empestait un mélange de sperme, d'ail et d'haleines fétides. La femme, toujours murée dans son silence, dégrafa nonchalamment son caftan et s'étendit sur un matelas d'alfa bosselé. Le regard vide, sans expression, elle s'exécutait devant nous avec cette indifférence et cet ennui qui naissent du fait d'avoir accompli, sa vie durant, les mêmes gestes, les mêmes postures. L'hadja était grosse, un boudin, avec des bourrelets disgracieusement disposés.Mon initiateur, déjà chevronné, me donnait des coups de coude dans les côtes, se frottait les mains avec des clignements d'yeux goguenards... Je fixais le sexe de L'hadja (jusqu'alors, je n'en avais encore jamais vu en vrai). Un violent frisson me parcourut la carcasse. La peur? le désir? Sans doute un peu des deux à la fois. Omar se débarrassa vite de son pantalon et se rua sur la poitrine massive et flasque que lardait une mauvaise graisse jaune. La vieille femme l'enlaça indolemment de ses bras avachis. Le galopin se mit à ahaner sur son sein, peinant tel un forçat, transpirant à grosses gouttes... Il ne parvint à se soulager qu'un quart d'heure plus tard. Il se releva alors tout essoufflé et alla nettoyer sa rude baïonnette contre le mur.. Omar espérait ma débâcleMon tour venu, je retins mon souffle, les battements de mon cœur prirent un rythme intolérable. Plus un fil de salive dans ma bouche, ni dans ma gorge. Mes jambes flageolaient, menaçaient de fléchir. Je m'arrêtai un instant, essayai de faire le vide en moi. Omar se tenait debout dans un coin, épiant mes gestes, espérant sans doute une éventuelle défaillance, la panne sèche, pour se payer ma tête, se gausser de moi. J'imaginais déjà ses railleries, son ton hargneusement moqueur. Non! me dis-je, il ne faut pas lui donner ce plaisir! Il ne faut pas faire marche arrière, pas en ce moment crucial! Le gredin ira à coup sûr crier la chose sur les toits! Ce soir même, tout le quartier sera au courant! Quelle honte! Quelle humiliation! Comment pourrais-tu te montrer encore après une pareille déconvenue? Comment...?Ce blâme monologué finit par éveiller mon amour-propre, me redonnant ainsi quelques forces inespérées. Je fermai les yeux et glissai précautionneusement mon corps transi de froid et de peur entre les cuisses de la vieille femme. Une légère odeur d'entre-jambes urineux en monta. Mon coeur se souleva de dégoût. Mais le premier pas était franchi, le plus important. Je refoulais un ouf de soulagement. Derrière moi, Omar devait être vraiment déçu. Tant pis pour lui.Malgré une grosse peur au ventre, je parvins à me débarrasser de mon pucelage dans le corps informe et visqueux de L'hadja Hlima. En même temps, je m'y défis d'un certain nombre de mes croyances erronées. J'appris par exemple que le vagin, contrairement à ce qu'on m'avait souvent raconté, n'était point cette bouche dentée qui servait de gîte à Satan.Par la suite, je retournais plusieurs fois chez la vieille femme, en compagnie d'Omar au début, puis seul après. Soudain, tout s'arrêta.----------------------------. Demain, sixième épisode: Le chemin d'Islamabad

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