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    Fêtes de fin d'année : Les bonnes affaires du chocolat

    Par L'Economiste | Edition N°:259 Le 19/12/1996 | Partager

    Pralinés, nougats, truffes... Le chocolat fait une réapparition en force à l'occasion des fêtes de fin d'année. Entre chocolat produit localement et d'importation, les fins gourmets n'ont que l'embarras du choix.


    Mademoiselle de Mar-gaux. Ce n'est pas le titre d'un ouvrage posthume de Proust. Il ne s'agit pas non plus du dernier succès cinématographique enregistré au box-office international.
    Ce n'est autre qu'une marque de chocolat commercialisé à Marjane cette année. Quoi de plus symbolique que d'offrir à l'élu(e) de son coeur une boîte de chocolat, qui plus est a un nom de jeune demoiselle. De quoi le ou la rendre ivre de plaisir aussi. Car, détail important, Mademoiselle de Margaux comporte, comme l'indique son emballage, du chocolat fourré de savoureuses cerises dénoyautées et macérées... dans de l'alcool.

    Ceux qui préfèrent des appellations plus sobres mais non moins excentriques peuvent opter pour «Nuits magiques», «Champs Elysées» ou encore «Pyramides».
    A travers des marques et des noms qui invitent au rêve mais aussi à coups de campagnes promotionnelles, le chocolat a la part belle à l'occasion des fêtes de fin d'année.
    Pour preuve, les larges rayons consacrés à ce produit dans les grandes surfaces. La donne rappelle par la même occasion que c'est bien en fin d'année que le chocolat haut de gamme enregistre le plus gros des ventes. Les opérateurs de la chocolaterie sont unanimes sur ce point. Cela s'explique aisément, selon M. Abdelaziz Mansouri, directeur de la Communication à Aiguebelle. «Un environnement convivial ne peut se concevoir sans qu'il y ait une offrande de chocolat. Les fêtes de fin d'année sont donc la période idéale».

    Fantaisies


    Côté chocolat d'importation, les pays qui se sont forgé une réputation de grands maîtres chocolatiers à travers le monde sont de nouveau présents. Qu'il s'agisse de représentations exclusives qui privilégient une commercialisation à travers des points de ventes agréés uniquement ou d'une distribution de grande masse à travers le réseau des grandes surfaces, l'offre de produit est large. A Marjane Casa, le rayon chocolat, bourré à craquer de paquets de chocolats déclinés en plusieurs tailles, saute aux yeux du visiteur.
    De leur côté, les fabricants se permettent aussi toutes les fantaisies au niveau des présentations. Entre chocolat belge, allemand et français, le chaland n'a que l'embarras du choix. Idem pour les prix. «Nuits magiques», chocolat français, est proposé en boîte de 500 g, contenant 46 bonbons-chocolats assortis, au prix de 149,50 DH. En 500 g toujours, 45 bonbons-chocolats «Champs-Elysées», marque Lindt, sont vendus à 280 DH. Le chocolat belge, sans lequel cette fête serait incomplète, est là aussi. «The belgian» et «Guylian» sont respectivement commercialisés à 125,80 DH et 138,55 DH.

    Côté chocolat industriel, les préparatifs vont bon train aussi. Les premières commandes sont déjà arrivées. Mais le gros du bataillon est prévu pour les deux dernières semaines de décembre et les premiers jours de janvier. Si les fabricants gardent jalousement les recettes de leurs pralinés, Malakoffs ou rochers, ils mettent en revanche en garde contre le «chocolat bricolé».
    L'avantage de ces produits réside tout d'abord dans leur prix bon marché. Ensuite dans leur résistance puisqu'ils sont fabriqués notamment à base de graisse végétale qui confère au chocolat une grande longévité. Mais il ne faut pas s'y méprendre. «Ils résistent à des conditions extrêmes de stockage. Mais cela ne trompe pas les connaisseurs», explique M. Man-souri.
    Le cours de la matière première a connu de fortes évolutions au cours de cette année.
    Le prix du cacao a augmenté de 30%. De même pour les amandes qui ont vu leur prix augmenter ostensiblement, passant parfois de 45 à 120 DH le kilogramme.

    La précision concerne tout particulièrement la Compagnie Ché-rifienne de Chocolaterie, Aiguebelle, unique société qui traite directement la fève de cacao pour en extraire le beurre. En dépit de cette hausse, les responsables de la société assurent ne l'avoir pas répercutée sur les prix.
    La fourchette de prix varie de 130 à 180 DH le kilogramme.
    La société vient d'innover au niveau du conditionnement en introduisant le cuivre. Ce choix était volontaire «car il fallait allier des matériaux nobles, ceux qui entrent dans la fabrication de notre chocolat, à ceux travaillés par l'artisan marocain».
    Mais à la demande du client, les chocolats peuvent également être présentés dans des contenants en cristal ou dans de la poterie.
    Pour Aiguebelle, la vente de chocolats de fin d'année est surtout porteuse d'image. Car l'essentiel de l'activité de l'entreprise est surtout assuré par la confiserie: bonbons, tablettes, produits professionnels (bâtons et pains de chocolat).

    Mohamed BENABID.

    L'alcool coulera, mais à petits flots


    Boira, boira pas? L'approche du mois sacré pose un vrai dilemme aux consommateurs, constatent les distributeurs d'alcools. La trêve de Chaâbane se répercute les commandes des vins de champagne et de whisky, premier au box-office de la consommation pendant les fêtes.


    L'abus d'alcool est dangereux. A consommer avec modération, dit la formule consacrée. Les 2 à 3 millions de consommateurs n'auront peut-être pas besoin de cet avertissement pour le Réveillon. L'approche du Ramadan se répercute sur le traditionnel business de la fin de l'année, affirment les importateurs-distributeurs d'alcools. "Beaucoup de personnes observent la trêve du Ramadan", indique M. Hassan Bennani, directeur général de Casal. Il évalue la baisse des commandes à au moins 40% par rapport à la même période de l'année dernière. A part quelques ventes marginales, confie M. Hassan Slaoui, directeur général de Bourchanin, "l'électro-cardio-gramme" des commandes est presque plat. Les revendeurs ont anticipé la décrue de la consommation et se contentent d'écouler les vieux stocks, ajoute-t-il. Et le calendrier ne s'annonce pas du tout favorable aux marchands d'alcools: pour les trois prochaines années, le Réveillon tombe en plein mois de Ramadan. Les distributeurs se verront contraints de réorienter leur stratégie marketing, fait remarquer M. Slaoui. Il faudra, dit-il, redoubler d'imagination marketing pour compenser ce manque à gagner. Quitte à récupérer des événements étrangers comme la St-Valentin pour célébrer les amoureux ou encore la Fête des Pères, explique M. Slaoui. Sa société réalise entre 15 et 18% du chiffre d'affaires au dernier mois de l'année.

    Le Whisky premier dans les ventes


    Même s'ils restent de loin les produits les plus demandés en cette période, champagne et whiskies couleront donc au compte-gouttes. Une tendance se dégage dans la structure de la consommation des alcools: les gens consomment moins et mieux, car, pour offrir un cadeau, l'on ne fait pas toujours attention à son portefeuille, note le directeur général de Bourchanin. La morosité est également perceptible sur la niche des cadeaux, indique M. Karim Kabbage, directeur commercial de Casal. "Nous recevons moins de commandes des sociétés qui offrent traditionnellement des bouteilles de champagne en tenue de gala à leurs clients".
    Chez la plupart des importateurs, le whisky représente la première contribution dans le chiffre d'affaires. Il se vend en moyenne 150.000 cartons de whisky et 3.000 de champagne, dont 20 à 25% au mois de décembre.

    Pour leur part, les rayons des grandes surfaces ne désemplissent pas, notamment les après-midis du week-end. "L'alcool passe même pour l'un des meilleurs produits d'appel dans la grande distribution", confie un ex-responsable de rayon chez Makro. Côté vins, les stratèges de Makro et Marjane n'ont pas fait dans le détail: les marques locales côtoient leurs homologues étrangères. En vedette, les vins français, portugais et espagnols. Au rayon champagne, Laurent Perrier est vendu à 577,40 DH alors que Louis Roederer titille la barre de 1.200 DH. Dans les spiritueux, les prix d'un "bon whisky" vont jusqu'à 900 DH, alors qu'un bon cognac oscille autour de 400 DH. Les moins nantis pourront se rabattre sur des marques en promotion.
    Les distributeurs soulignent que la baisse de la consommation ne tient pas au seul fait de l'approche du Ramadan. Pour eux, la conséquence la plus visible de la campagne d'assainissement fut, d'un côté, de freiner -momentanément- insistent-ils, les importations clandestines et, de l'autre, de dissuader tout un noyau d'acheteurs "fidèles et solvables". En fait, ajoute M. Slaoui, le frein à la contrebande n'aura été que de courte durée. Les importations clandestines ont repris de plus belle, dit-il. Les distributeurs ont même remis à l'Administration des Douanes une liste des endroits de stockage de ces produits. Les deux parties ont entamé des discussions pour essayer de contrôler les flux des entrées du marché parallèle.

    Mais les importateurs affirment que la Douane se trompe de cible. "Nous avons l'impression qu'elle fait du contrôle pour le contrôle. Plutôt que d'imposer des conditions draconiennes pour l'estampillage des bouteilles, elle ferait mieux de s'attaquer réellement aux produits qui entrent illégalement et qui sont connus de tous". L'on estime que près de la moitié des spiritueux consommés proviennent des marchés parallèles. Les produits concernés sont: le whisky, le gin, la vodka et les pastis. A votre santé!

    Abashi SHAMAMBA.

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