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Fès a son plan d'aménagement, mais...

Par L'Economiste | Edition N°:800 Le 30/06/2000 | Partager

. L'exode rural exerce une pression sur la ville. L'Agence urbaine a préparé un schéma directeur pour faire face à l'extension de l'espace urbain. Les ministères n'ont réalisé que 25% des projets prévus en équipement et infrastructureEn l'absence de statistiques récentes, les estimations démographiques attribuent à l'agglomération de Fès une population de 1,2 million d'habitants. Les flux de l'immigration dus à l'impact de la sécheresse s'abattent sur la ville lui donnant un aspect de désolation. Des quartiers ghettos jaillissent de partout dans une anarchie totale. Les incidences d'écroulement de constructions que la ville de Fès a vécu dernièrement témoignent de la gravité de la situation. Hay Hassani, Jnanat, Zouagha et autres quartiers forment une ceinture en fer qui entoure la ville de tous les côtés. Des habitations d'un étage, initialement conçues pour éviter les bidonvilles, se sont transformées en immeubles de quatre à six étages, construits parfois sur des pentes de collines qui menacent de d'éboulement de sol à tout moment. Quand bien même ils ne menaceraient pas de s'écrouler, ces immeubles ne présentent aucune caractéristique d'habitat salubre. «Ce sont des quartiers qui nous causent des problèmes, surtout que nous essayons de trouver des solutions qui ne se heurtent pas à la réticence de la population«, souligne-t-on à l'Agence Urbaine de Sauvegarde de Fès. Contrairement à d'autres villes comme Casablanca, l'habitat insalubre se développe à l'intérieur de la ville et non dans sa périphérie. Pour un amoureux de la ville, M. Jean-Paul Ichter, architecte urbaniste, «le drame est que ces quartiers ont poussé comme des champignons sur le plus merveilleux site paysager qui entoure la Médina. Du coup, la ville ne respire plus«.. Des villes satellitesLe plus important est d'éviter que cela se reproduise. C'est dans cet esprit que l'Agence urbaine a préparé le schéma directeur de la Wilaya. Il date de 1991 et ses projections portent sur 25 ans. Son but est d'arrêter la mauvaise prolifération du développement urbain. Ce faisant, «le plan épouse l'existant, puisque ce dernier ne correspond plus à aucune norme« et prépare le terrain à l'éventuelle extension de la ville. M. Ichter estime, à cet égard, que les concepts de développement urbain qui prévalent ne sont pas toujours adaptés aux moyens disponibles. Selon lui, «il faut des révisions déchirantes et un urbanisme où la priorité est accordée aux catégories démunies, qui n'ont pas les moyens de s'insérer dans le modèle d'une ville riche«.Au départ, le plan vise la maîtrise et la réorientation de la croissance urbaine de Fès. La cité doit s'agrandir davantage pour accueillir 700.000 habitants supplémentaires d'ici 2010, ce qui correspond à une extension de 3.000 hectares, soit 150 par an, dont 75 hectares réservés à l'habitat. Une partie de cette superficie sera affectée à la dédensification des quartiers «faubourgs«. Cela permettra, entre autres, de baisser la pression sur l'ancienne Médina. Par ailleurs, le plan prévoit des zones à activité industrielle. Cela est d'autant plus important qu'on prévoit les besoins en emploi à 65.000 postes à l'horizon 2010. A cet effet, 400 hectares supplémentaires seront consacrés à la création d'entreprises. D'autres installations figurent dans le schéma directeur. A titre d'exemple, le plan prévoit la création d'un marché de gros et un abattoir dans la zone de Bensouda. De même, un parc de plaisance dans l'entrée nord de la ville est compris dans le schéma.Encore faut-il que la distribution des équipements entre les différentes communes et municipalités de la ville soit équilibrée. Elaborer un document ou tracer un schéma ne suffit pas pour améliorer les conditions de vie. «Le problème auquel se heurte le plan d'urbanisme est le non-respect des engagements des ministères en matière d'équipement et infrastructure«, déplore un cadre de l'Agence urbaine. Les collectivités locales devaient assurer une partie des réalisations en infrastructure et équipement, «mais elles ne disposent pas du financement nécessaire«, précise-t-il. Selon ce dernier, seuls 25% des prévisions ont été réalisés jusque-là. A cette vitesse, la ville ne suivra pas le rythme de la croissance démographique et de l'exode rural.En outre, l'une des principales mesures du plan consiste en la création de centres urbains intermédiaires pour arrêter le flux des populations vers Fès. Mais il ne suffit pas de créer un centre urbain pour résoudre le problème. Selon M. Ichter: «Il faut des villes satellites, des noyaux qui auraient leur vie propre, leurs équipements aussi bien sociaux, économiques que culturels. Des structures avec une relative autonomie qui ne seraient pas une forme nouvelle de ghettos, mais des centres équilibrés où il faut regrouper toutes les catégories socioprofessionnelles«. Toutefois, la concrétisation du plan risque de buter sur des contraintes d'ordre juridique. Surtout pour les terrains de la réforme agraire qui se situent à l'intérieur du périmètre d'aménagement. Le régime foncier est très complexe et risque de retarder la concrétisation du schéma directeur.


L'inspection régionale: Renforcer la coordination

Deux nouveaux noms ont fait leur apparition à Fès. Il s'agit de M. Sayfeddine Kharchafi qui vient d'être nommé à la tête de l'Agence urbaine de Fès. Ex-directeur de l'Erac Centre, M. Kharchafi précise qu'il y aura désormais une différence d'approche: «Moi-même, je suis architecte, j'ai travaillé dans le privé et je connais les contraintes et les besoins des opérateurs«. Le message est clair, l'Agence ne sera pas un facteur de blocage.L'autre nom est celui d'un communicateur. Ex-directeur de la communication à l'Agence Nationale de l'Habitat Insalubre, M. Taoufiq Hejira est désormais l'inspecteur régional de l'Aménagement du Territoire, de l'Urbanisme, de l'Environnement et de l'Habitat pour la région de Fès-Boulmane. Son poste a une connotation particulière: «M. El Yazghi précise que l'inspection a désormais de nouvelles prérogatives«, martèle-t-il d'emblée. Le discours du ministre définit l'inspection régionale comme le coordonnateur de l'activité de plusieurs intervenants (Erac, Agence urbaine, Wilaya...). Elle n'est pas une représentation du Ministère de l'Aménagement du Territoire, mais un organe à part pour rapprocher les actions de tous les intervenants de la région. M. Hejira est conscient de l'importance de la mission et lance «un appel à tous pour mobiliser et coordonner les efforts pour une bonne gestion de la région«.K. T.

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