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    Entreprises

    Facemag suite : Une reprise sous haute surveillance

    Par L'Economiste | Edition N°:250 Le 17/10/1996 | Partager


    Le processus de normalisation des relations entre la Direction de Facemag et les ouvriers affiliés à la CDT continue. Les échéances sont respectées et les deux parties discutent dans le calme.

    Les résultats de la négociation Facemag-CDT commencent à apparaître. A ce jour, 139 salariés doivent avoir rejoint leurs postes. Un échéancier a été établi pour la reprise intégrale. Il prend en considération les facteurs de retard tels que les exigences de redémarrage de chaque unité et les opérations de maintenance préalables. Toutefois, le cas des ouvriers licenciés ne sera pas traité immédiatement, le président de la société ayant déjà, lors des premières négociations, marqué son opposition. Elle s'est traduite par la modification de la formulation de la clause de la convention relative à la réintégration des membres du personnel.
    Initialement, la convention proposait la «réintégration de tous les salariés». Un compromis a été trouvé dans une formule beaucoup plus subtile, avec l'adjonction d'une réserve: «selon les conditions économiques, techniques et sociales». La formule cherche moins à occulter le problème qu'à reporter cette question à un moment plus propice, de sorte que les négociations ne s'enlisent pas. Près de huit cents salariés attendront. Mais déjà ils perçoivent des aides financières de leur entreprise.

    Après plusieurs rounds de négociations, le dialogue social a abouti le premier août 1996 à la signature de la déclaration commune (Accords de Chellah) entre les pouvoirs publics, le patronat et les syndicats. Rappelons que les 900 salariés de Facemag en étaient à leur troisième mois de grève et les négociations semblaient achopper sur une voie sans issue. La Direction de l'entreprise menaçait de céder l'usine de Sidi Maârouf. Les ouvriers campaient sur leur position en occupant les lieux.
    La tension était telle que les accusations fusaient de part et d'autre. La Direction a licencié cinq salariés, tous membres du bureau syndical fraîchement constitué sous l'enseigne de la Confédération Démocratique du Travail (CDT). Devant ce «péril syndical», la Direction a usé de tous les moyens possibles pour empêcher le bureau syndical de poursuivre ses activités. Selon certaines sources, «le patron ne voulait absolument pas revenir sur sa décision de licenciement», ce qui rendait les négociations difficiles.
    Plus que M. Lazrak, président de la société, c'est son fils, qui est en même temps directeur général, qui était le plus intraitable. Les cinq membres du bureau syndical licenciés lui reprochent d'ailleurs «ses erreurs de gestion». C'est ce qui fait dire aux syndicalistes que les propriétaires de Facemag noyaient dans ce conflit des problèmes encore plus graves.

    Attaque de flanc


    L'un de ces problèmes tient à l'endettement de l'entreprise qui a réalisé d'importants investissements, financés principalement par la Banque Commerciale du Maroc (BCM). D'ailleurs, M. Abdelaziz Alami, président de la BCM, était présent le 6 octobre lors de la signature de la convention entre le syndicat et Facemag. Il a été remercié par M. Noubir Amaoui, secrétaire général de la CDT, lors de la signature de la convention. Sa contribution était salutaire pour l'issue des négociations et Facemag devait tenir compte également de ses engagements envers la BCM.
    Autre problème, ajoutent les syndicalistes, les équipements et les installations de l'usine Facemag présentent des dangers pour la santé des travailleurs. Les toits, peu entretenus, laissent échapper l'amiante qu'ils contiennent et que respirent les ouvriers. Plus encore, disent-ils photos à l'appui, des ouvriers utilisent un équipement aux rayons X sans aucune protection.
    En outre, les équipements de protection mis à la disposition des ouvriers, tels les gants et les masques, ne sont pas adaptés. Les premiers ne sont pas assez résistants aux hautes chaleurs. Les seconds sont du type simple alors que les conditions de travail exigent des masques avec filtre. Les photos présentées par les membres du syndicat montrent d'autre part des installations sanitaires délabrées, sans portes et sans entretien. Pour le syndicat, les conditions de travail étaient une bonne carte à jouer.

    Un fait mérite d'être signalé. Le tribunal de première instance de Casablanca avait donné gain de cause à la Direction dans sa requête pour l'évacuation des lieux. L'usine pouvait être évacuée par la force.
    Cependant, pour les autorités de Hay Hassani-Aïn Chock, comme pour les médiateurs de la CGEM, la négociation restait la seule issue possible. Recourir à la force aurait été un anachronisme, d'autant plus qu'une nouvelle culture dans le règlement des conflits sociaux venait d'être inaugurée par les accords de Chellah. «Il fallait d'une part résister aux pressions du patron qui exigeait une évacuation manu militari et prendre en considération, d'autre part, le maintien de l'ordre public qui prône la pondération», a souligné M. Hassan Rahmouni, gouverneur de la Préfecture de Hay Hassani-Aïn Chock.

    H. A.

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