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Facemag : La fin d'un long conflit

Par | Edition N°:249 Le 10/10/1996 | Partager

Tous les intervenants dans le conflit Facemag peuvent enfin souffler. La Direction accepte de faire redémarrer l'usine et les ouvriers de la faire tourner. Une convention née dans la douleur. Reste à respecter les termes de l'accord.

LES carreaux de céramique Facemag retrouveront bientôt leur place sur le marché. Le conflit le plus important du pays, selon la CGEM, vient de s'achever sur une convention signée entre la Direction de l'entreprise et la Confédération Démocratique du Travail (CDT). La fin du conflit doit beaucoup à l'implication de M. Hassan Rahmouni, gouverneur de la Préfecture Hay Hassani Aïn Chok, d'une part, et de la CGEM représentée par M. Ahmed Benkirane, président du conseil de médiation et d'arbitrage, d'autre part. Par ailleurs, une décision de justice a accéléré le processus en ordonnant aux grévistes l'évacuation des lieux. La convention porte sur 6 points censés rétablir un bon climat de travail dans l'entreprise:
- Mise en place d'un programme dans un délai d'une semaine à compter du 6 octobre, date de signature de la convention. Ce qui doit préparer le redémarrage de l'administration de l'établissement, d'une part, et fixer un planning préliminaire pour la reprise de la production conformément au rapport de la commission de suivi, d'autre part (convention du 20 septembre 1996).

- Réinsertion de tous les employés en tenant compte des aspects techniques, économiques et sociaux. Ce point risque de poser problème: les termes employés supposent que la Direction pourrait invoquer des obstacles techniques ou économiques s'opposant à la réinsertion de l'ensemble des employés.

- Amélioration des conditions de travail à l'intérieur de l'entreprise suivant les normes légales en vigueur. Les membres du bureau syndical de Facemag mettaient en cause la Direction qui négligeait l'aspect hygiène et sécurité, d'autant plus que les matières utilisées, l'amiante notamment, représentent de grands risques.

- Respect de l'action syndicale et adoption du dialogue avec les représentants du personnel pour la résolution des problèmes, sur la base de la Déclaration commune signée par les parties du Dialogue social le premier août 1996. Pour les syndicalistes, la Direction n'a pas toléré l'existence d'un syndicat au sein de la société, ce qui l'a poussée à laisser durer le conflit. De son côté, la Direction a répliqué que les travailleurs visaient la participation à la gestion de l'entreprise, ce qu'elle ne pouvait admettre.

- Elaboration d'un échéancier pour la résolution des problèmes en suspens.
- Octroi d'aides matérielles exceptionnelles aux travailleurs, selon les usages pratiqués au Maroc.
Afin de veiller au respect des termes de la convention, une commission de suivi a été mise en place. Elle regroupe le syndicat CDT, la Direction de Facemag, la Confédération Générale des Entreprises Marocaines (CGEM), les délégations des Ministères de l'Emploi, du Commerce et de l'Industrie ainsi que la Préfecture de Hay Hassani-Aïn Chok. Il est à rappeler que le conflit date du mois de mai 1996. La Direction avait alors licencié cinq salariés, auteurs de brutalités sur la personne du chef du personnel, selon elle. Les mis en cause, suivis par la centrale syndicale, avaient nié les faits et ont accusé, en retour, l'administration de faire obstruction au travail syndical. Une grève avec occupation des lieux avait alors été décidée. Elle a duré cinq mois. L'occupation des lieux s'était attiré plusieurs critiques de la part des ouvriers affiliés à l'Union Marocaine du Travail (UMT) qui revendique 450 adhérents, qui l'ont qualifiée d'atteinte à la liberté du travail. Plusieurs revendications avaient été exprimées par les représentants du syndicat CDT, qui réclamaient la réinsertion des travailleurs licenciés, bien sûr, mais aussi l'amélioration des conditions de travail. Manifestement, il n'y a ni vainqueur ni vaincu à l'issue de ce conflit. Néanmoins, cinq mois d'arrêt d'activité pour une entreprise de cette envergure représentent un sérieux manque à gagner.

H. A.

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