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    Politique Internationale

    Exposition d'esquisses au Dawliz

    Par L'Economiste | Edition N°:38 Le 16/07/1992 | Partager

    Quinze peintres marocains réalisent, depuis le 1er Juillet, une expérience collective "unique au Maroc" en proposant au public un aspect peu connu de leur travail: "l'esquisse préfigurant l'oeuvre en gestation". Cette exposition collective qui durera jusqu'à la fin du mois d'Août, se tient à la nouvelle galerie Al Manar du complexe le Dawliz.

    CONTACTE par les dirigeants du complexe, le peintre Saâd Hassani a, en collaboration avec son épouse, pris en charge la gérance de la nouvelle galerie et l'organisation de l'exposition.
    L'idée était de réaliser une expérience collective sur le dessin, qui reste très peu connu, voire ignoré du public. En effet, le dessin est actuellement perçu comme un simple croquis, une ébauche ou tout simplement comme un "gribouillage". Mais, souligne M. Hassani, "on oublie très souvent que le dessin est la base, la charpente de toute oeuvre". A travers l'exposition, le public pourra constater que les premières ébauches d'un tableau sont "aussi le témoignage privilégié du processus créatif, révélateur d'audaces et d'indécisions".

    Une oeuvre complète

    L'amoureux de l'art "percevra en lui une oeuvre à part entière, sensible, autonome". Couleurs, pinceaux, crayons, encre de chine, tout sert de base ou de support à l'esquisse et au dessin. Poètes, graphologues, écrivains à leur manière, les différents peintres nous dévoilent leur intimité, leur art et leur secret. Pour ces artistes, le dessin "permet de donner forme à quelque chose de flou", de réfléchir, de prendre note. "Le dessin n'est jamais commencé, ni fini, ni bouclé", rappelle M. Hassani. Le dessin est "comme en état d'apesanteur ", ajoute-t-il. Regard nouveau, le profane, face aux différents tableaux, tente d'entrevoir, de deviner les formes, le sens ou peut-être la pensée de l'artiste. L'exposition, selon les organisateurs se veut être une promonade où l'on pénètre dans l'intimité et le secret de chaque artiste; dans l'intimité de son art, de ses gestes...de son univers.
    Un film vidéo, tout au long de l'exposition, présente et dévoile chacun des artistes "surpris dans le secret de son travail afin de nous rapprocher de l'intimité de la création". Un ouvrage, "Dessins, écrits et propos", regroupant l'ensemble des dessins exposés, accompagnés d'un texte de l'artiste, est mis à la disposition du public.

    Le malaise du secteur

    Cette réunion d'artistes est également une manière d'exprimer le malaise du "secteur", de décrire les problèmes au niveau de l'enseignement du dessin dans les écoles , du manque d'ateliers privés. "Nous n'avons pas d'histoire de l'Ecole des Beaux Arts, au vrai sens du terme, comme en Occident, c'est-à-dire académique, avec ses professeurs, ses cours et ses écrits", explique M. Hassani.
    Par ailleurs, organiser cette exposition collective "est aussi une manière de redonner aux peintres exposants la crédibilité qu'ils avaient durant les années 70, c'est-à-dire l'estime et le respect qu'avait le peintre à cette époque", explique M. Hassani. Il est temps, aujourd'hui, estime t-il, d'effectuer un travail qui pourra sensibiliser les personnes qui s'intéressent de près à ce domaine.
    Le premier critère de choix de ces peintres est, explique M. Hassani, "d'ordre moral, c'est-à-dire qu'il y a une certaine moralité au niveau du comportement du peintre, de sa manière d'opérer, de ce qu'il a produit ou réalisé depuis".
    Dans une première étape, les organisateurs ont décidé de travailler avec un groupe restreint avec lequel la galerie est appelée à collaborer pour une période de deux ans.
    A la fin de cette exposition collective, la galerie projette de programmer des interventions personnelles.
    "Nous avons formé cette équipe aussi pour diminuer un peu les dégats car lorsque le nombre des oeuvres exposées est important, ce n'est pas une bonne chose même pour le public. Il faut lui donner juste ce qu'il faut pour qu'il puisse suivre", conclut M. Hassani.

    M.O

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