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Economie

Exportations: Le contrecoup des limitations du préfinancement

Par L'Economiste | Edition N°:46 Le 24/09/1992 | Partager

Bank Al Maghrib a décidé, au courant de l'année, une modification des conditions d'octroi des crédits de préfinancement à l'exportation. Celle-ci survient au moment où l'argent devient rare et cher. Les exportateurs voient leur trésorerie s'amincir du fait de la restriction du crédit.

"Nous risquons d'être asphyxiés", affirment beaucoup d'exportateurs. En fait, suite à la décision des autorités monétaires de modifier les dispositions relatives au préfinancement à l'exportation, la plupart des entreprises concernées accusent durement le coup. Le montant des avances devrait baisser de l'ordre de 30 à 50% par entreprise. Les trésoreries s'assèchent, aggravant la situation financière des exportateurs qui affichent en majorité une position débitrice au sein des banques. Des fermetures d'entreprises sont déjà enregistrées dans le secteur textile notamment.

D'après certains exportateurs, les effets tirés sur la plupart des entreprises du secteur sont rejetés de manière presque systématique et les chèques reviennent souvent impayés.

Cette situation a commencé à se faire jour avec l'entrée en vigueur des mesures relatives au désencadrement du crédit. Les taux d'intérêt ont généralement évolué en hausse. Les financements alloués à l'exportation ont considérablement reculé. En 1991, ils ont affiché une baisse de près de 800 millions de Dirhams par rapport à l'année 1990. L'année 1992 ne verra guère un redressement de la tendance. " Pour nous, le problème est de savoir si le système de financement des exportations ne serait pas remis totalement en cause", se demande-t-on côté exportateurs.

Nouvelles dispositions

En fait, les conditions de mobilisation des crédits de préfinancement à l'exportation sont devenues plus restrictives. Par décision en date du 6 Mars 1992, les autorités monétaires ont décidé que le quantum de mobilisation sera égal à 10% des ventes à l'exportation réalisées durant l'exercice précédent et attestées par l'Office des Changes, pour les entreprises ayant réalisé un chiffre d'affaires inférieur à 30 millions de Dirhams. Pour les entreprises dont le chiffre d'affaires est égal ou supérieur à 30 millions de DH, les demandes d'accord de mobilisation pour les crédits de préfinancement à l'exportation devront être adressées pour étude à la Direction du Crédit de Bank Al Maghrib. La même procédure est appliquée aux entreprises qui envisagent d'exporter pour la première fois et qui disposent de commandes fermes. Parallèlement à ces mesures, le taux d'intérêt à été relevé d'un point, passant de 9 à 10%.

Ces dispositions viennent en remplacement de celles contenues dans la lettre de Bank Al Maghrib n° 9.781 du 24 Octobre 1989 au Président du GPBM dans laquelle les modalités de la mobilisation des crédits de préfinancement étaient déterminées pour 4 catégories d'entreprises:

- les entreprises dont le chiffre d'affaires annuel à l'exportation est inférieur ou égal à 4 millions de DH bénéficiaient d'un crédit de préfinancement à l'exportation égal à 25% de ce chiffre d'affaires;

- les entreprises dont le chiffre d'affaires annuel à l'exportation est inférieur ou égal à 10 millions de DH bénéficiaient d'un crédit de préfinancement à l'exportation égal à 20% dudit chiffre d'affaires, avec un minimum de 1 million de Dirhams;

- les entreprises dont le chiffre d'affaires à l'exportation est inférieur ou égal à 30 millions de DH bénéficiaient d'un crédit de préfinancement à l'exportation égal à 15% de ce chiffre d'affaires, avec un minimum de 2 millions de Dirhams;

- les entreprises ayant réalisé un chiffre d'affaires à l'exportation supérieur à 30 millions de DH bénéficiaient d'un crédit de préfinancement à l'exportation égal à 10% de ce chiffre d'affaires avec un minimum de 4,5 millions de Dirhams.

Défection des banques

La revue de ces dispositions permet de soulever deux points. D'une part, un système forfaitaire est adopté. Le quantum de financement est le même pour toutes les entreprises dont le chiffre d'affaires est inférieur ou égal à 30 millions de Dirhams, soit 10% du chiffre d'affaires. D'autre part, l'octroi d'un crédit de préfinancement à l'exportation pour les entreprises ayant réalisé un chiffre d'affaires supérieur à 30 millions de DH est soumis à l'approbation des autorités monétaires. Conséquence, "l'exportateur est pénalisé tant du point de vue du taux que de celui du montant initial du préfinancement", affirme un banquier. "Les possibilités de préfinancement seront considérablement réduites, avec une baisse beaucoup plus prononcée pour les petites", continue-t-il. Point de vue partagé par M. Ali Berrada, Directeur Général de Degors et Président de la Commission Economique et Financière de l'AMIT, qui déplore cependant la défection des banques pour le financement des exportateurs. Pire, les conditions imposées sont de plus en plus rigides. "Au prochain renouvellement des billets de mobilisation, le montant des préfinancements à l'exportation devrait encore diminuer, compte tenu des sombres perspectives d'exportation", précise-t-il.

En fait, le secteur textile, qui a une vocation exportatrice, est l'un des plus touchés par la restriction du crédit. Pour M. Berrada, "le passage du système des tranches à celui du forfait a été trop brutal. Il n'y avait pas eu une information suffisante permettant aux exportateurs de prendre leurs dispositions". En outre, explique-t-il, "la décision est tombée au moment où les entreprises ne s'étaient pas encore relevées des conséquences de la guerre du Golfe". Pour le premier semestre de l'année en cours, la baisse des investissements textiles se confirme. Les investissements visés conformes ont régressé de 7% par rapport à la même période de l'année antérieure.

L'équilibre bloque la machine

La solution à court terme est d'apporter des fonds propres. Issue difficilement envisageable pour la plupart des entreprises. Dans les milieux bancaires, on annonce une redéfinition des conditions de prêt. "Les entreprises vont souffrir. Dans les prochains mois, les taux ne seront plus négociés. Il va y avoir une sélection des crédits du fait que l'argent se fait de plus en plus rare", explique un cadre de banque. Cette rareté de l'argent est imputée principalement à la politique de maîtrise de l'inflation par le biais du resserrement du crédit. Malgré les contraintes budgétaires et l'objectif de maîtrise de l'inflation, certains banquiers ne partagent pas la démarche adoptée par les autorités monétaires. Les arguments avancés reposent sur le fait que le crédit n'est pas seulement responsable des tensions inflationnistes. Le Maroc s'ouvre de plus en plus sur l'étranger, précise-t-on. De fait, toutes les variables explicatives, notamment l'inflation importée, ne sont pas dominées. Du coup, l'équilibre recherché peut bloquer la machine faute de financement. En somme, Bank Al Maghrib devrait assouplir les conditions de préfinancement, recommande-t-on.

Pour cause, "l'exportation est un secteur qu'il faut continuer à encourager. L'offre mondiale augmente. En revanche, la demande progresse moins que proportionnellement. Le Maroc reste lié à l'Europe, principalement en ce qui concerne le textile. D'un côté, nos clients sont tellement puissants qu'ils imposent leurs conditions de prix et de paiement. De l'autre, nos concurrents asiatiques et de l'Est peuvent jouer sur leur compétitivité pour imposer les leurs alors que nous nous enfonçons dans les difficultés. Une concertation s'impose, visant à prendre des décisions appropriées en vue de s'armer contre la concurrence qui fera de plus en plus mal ", explique M. Berrada. Même son de cloche chez certains banquiers pour qui les facilités de préfinancement peuvent être maintenues avec à la clé un système de contrôle des dérapages.

Alié Dior NDOUR

Formes de préfinancement

Les crédits de préfinancement sont des crédits de trésorerie consentis par une banque à une entreprise dont le but de lui accorder la possibilité de financer les besoins courants ou exceptionnels résultants de son activité d'exportation. Ils viennent se greffer aux crédits de fonctionnement qui ont un taux plus élevé.

Les besoins concernant généralement les frais de prospection, la participation à des foires, les charges de production, ainsi que les frais de stockage des produits finis. Les crédits de préfinancement peuvent être consentis sous forme de facilité de caisse ou découvert mobilisable, d'avance sur marché (produits finis) ou de warrant industriel (matières premières). Ils peuvent être donnés globalement. Cependant, les banques préfèrent diviser les risques entre les différentes phases qui précèdent l'exportation.

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