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    Economie

    Export: Une brochette d’ALE, et puis…

    Par L'Economiste | Edition N°:3176 Le 23/12/2009 | Partager

    Le Maroc a multiplié les accords de libre-échange: Union européenne, Etats-Unis, Turquie… mais les profits tirés de ces accords sont sujets à plusieurs interrogations. Avec certains «partenaires», arabes notamment, c’est la concurrence qui prend le dessus. Ayant les mêmes atouts et ciblant les mêmes marchés que ses «frères arabes», le Maroc doit surtout gérer des tracasseries administratives. . UE: Après l’agriculture, les services?L’accord Maroc-UE a ouvert le bal des traités de libre-échange signés par le Royaume. Conclu le 26 février 1996 et entré en vigueur le 1er mars 2000, il prévoit l’instauration progressive d’une zone de libre-échange industrielle à partir du 1er mars 2012 et une libéralisation progressive des échanges agricoles. Côté produits agro-industriels, l’accord prévoit une séparation de l’élément agricole de celui industriel et le démantèlement progressif de ce dernier. Ainsi, pour les produits agricoles, l’accord prévoit pour les exportations marocaines des exonérations des droits de douane. En contrepartie, le Maroc accorde aux produits agricoles de l’UE des réductions de droits de douane dans la limite de contingents. Le nouvel accord sur l’agriculture signé dernièrement ave l’Union européenne va donner un nouvel élan aux échanges (L’Economiste, édition du 21 décembre 2009). Les deux parties pourront maintenant se concentrer sur la libéralisation du commerce des services. Le Maroc a signé également, le 19 juin 1997, un accord de libre-échange avec l’Association européenne pour le libre- échange (AELE) qui regroupe l’Islande, Liechtenstein, Norvège et la Suisse. Mis en application le 1er mars 2000, cet accord prévoit un accès libre pour les produits industriels marocains contre un démantèlement progressif sur 12 ans selon le même schéma que celui de l’UE. Pour les produits agricoles, contrairement à l’UE, l’AELE ne dispose pas d’une politique agricole commune. Du coup, des concessions ont été échangées avec chacun des pays membres. . USA: A qui profite l’ALE? Le flux des échanges entre les deux pays ne semble connaître qu’une seule direction: le Maroc. Les importations du Royaume en provenance du pays de l’Oncle Sam se sont élevées à 16 milliards de dirhams en 2008, alors que ses exportations n’ont pas dépassé 6 milliards. Il était évident, avant même la signature de l’accord, que le Maroc ne faisait pas le poids devant le géant américain. Les entrepreneurs marocains peu armés semblent moins intéressés par ce marché «lointain». Résultat: 5 ans après sa signature, peu d’entreprises ont percé le marché américain. L’accord, qui a une vocation exclusivement économique et commerciale, a pour objectif d’organiser le développement des échanges de biens et services entre les deux pays. Pour les produits agricoles, l’accord prévoit une ouverture progressive qui prend en considération la production nationale et les besoins du secteur. Dans ce sens, des plafonds maxima ont été fixés prenant en considération les besoins annuels du pays avec des périodes transitoires et des schémas de démantèlement allant jusqu’à 25 ans. En contrepartie, un accès libre et immédiat est prévu pour des produits marocains frais ou en conserve tels que la clémentine, les fleurs, les olives et tomates. Cet accès libre concerne également tous les produits agro-industriels avec ou sans quota (500 tonnes pour les concentrés de tomates). S’agissant des produits industriels, l’accord prévoit un accès libre et immédiat à la quasi-totalité des produits marocains et des produits de la pêche (98%). En revanche, l’accord prévoit une exonération des droits de douane à l’entrée en vigueur de l’accord pour 58% des positions tarifaires. Le reste sera démantelé sur une période maximum de 9 ans. Par ailleurs, pour les textiles, trois listes symétriques sont concernées. Une liste à 0% des droits de douane dès l’entrée en vigueur de l’accord. La deuxième liste est de 43 produits qui sont soumis à 0% des droits de douane dans la limite d’un contingent qui sera augmenté de 25% chaque année pendant 5 ans. . Turquie: Un potentiel sous-exploité Dans le cadre du processus d’intégration régionale euro-méditerannéen, le Maroc et la Turquie ont signé un accord de libre-échange à Ankara, le 7 avril 2004. Aussitôt, les entrepreneurs turcs ont mis le paquet faisant preuve d’une grande réactivité: délégations d’affaires, salons… Ils ont même commencé à grignoter des marchés, notamment dans le BTP. Résultat: entre 2004 et 2008 les exportations de la Turquie vers le Maroc sont passées de 3 à 8 milliards de dirhams. Alors que celles marocaines ont à peine bougé passant de 600 millions à 2 milliards de dirhams. L’accord de libre-échange avec les Turcs a profité à plusieurs secteurs industriels. Ainsi, les textiliens ont pu faire de bons marchés en important le tissu turc, moins cher et de meilleure qualité. En revanche, les cimentiers ont eu la trouille de leur vie avant la signature de l’accord. Il faut dire qu’il y avait de quoi. Le ciment turc revient beaucoup moins cher même avec le fret. Le risque de voir la Turquie, premier producteur au monde, inonder le marché était imminent. Il a fallu donc prévoir des barrières non tarifaires pour contenir le danger turc. L’accord prévoit l’instauration progressive d’une zone de libre-échange industrielle sur une période de 10 ans à compter de la date d’entrée en vigueur de l’accord avec «un traitement asymétrique en faveur du Maroc». Dans ce sens, le Maroc éliminera tous les droits de douane et taxes d’effet équivalent pour les produits industriels originaires de Turquie qui ne sont pas repris dans les listes annexées au Protocole I de cet accord. Pour le reste des produits, les droits de douane et taxes d’effet équivalent seront éliminés conformément à la table de démantèlement prévue dans ce protocole qui contient 3 listes. . Accord d’Agadir: Chacun pour soi!L’accord d’Agadir signé le 25 février 2004 avec l’Egypte, la Tunisie et la Jordanie, regroupe des pays qui ont, à quelques différences près, les mêmes atouts. Conséquence: les trois pays sont beaucoup plus concurrents que complémentaires. La difficulté de la voiture marocaine Logan de percer le marché égyptien est un exemple concret. L’accord vise pourtant la mise en place d’une zone de libre-échange quadripartite, tout en restant ouverte à tous les pays arabes méditerranéens. Aussi, l’accord prévoit une exonération totale des droits de douane dès la date d’entrée en vigueur (1er janvier 2005) pour tous les produits industriels et agricoles à l’exception de certains produits exclus pour des raisons de sécurité, santé, religion et d’environnement.Les pays de l’accord de libre-échange bénéficient du soutien technique et financier de l’UE. Ainsi, dans le cadre du programme Meda, ils ont disposé d’un budget de 5,3 milliards d’euros pour la période 2000-2006. Néanmoins cet accord présente plusieurs défis pour le Maroc. Il affrontera le problème de la compétitivité des coûts de facteurs (notamment de l’énergie) ainsi que la concurrence égyptienne particulièrement dans certains secteurs (textile, NTIC…). De même, l’élimination de la liste négative marocaine exigera à notre pays de se préparer sérieusement à affronter la concurrence venant de ces pays.Tarik HARI

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