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    Euro: Arme à double tranchant avant 2002

    Par L'Economiste | Edition N°:421 Le 13/01/1999 | Partager

    L'utilisation de la monnaie unique au sein de l'UEM, durant la période transitoire, est une arme à double tranchant. D'une part, elle facilitera les procédures de travail de quelques entreprises. D'autre part, elle se traduira par des investissements colossaux et même inutiles.

    L'union monétaire est là. La période transitoire relative à l'utilisation de l'Euro est entrée en vigueur depuis le début de ce mois. Durant cette étape, les entreprises ont le choix entre deux grandes options: utiliser l'Euro pour certaines opérations au cours de cette phase transitoire ou attendre le 1er janvier 2002 pour opérer un basculement unique et complet.
    Dans le premier cas, souligne un document de l'UE sur l'Euro, elle doit rester capable de fonctionner en monnaie nationale pour les transactions avec les agents économiques qui n'ont pas encore basculé. Par conséquent, elle doit conserver au moins quelques systèmes capables d'effectuer la conversion entre différentes monnaies et/ou de fonctionner en plusieurs monnaies simultanément.
    Dans le second cas, "les responsables doivent, au moment de la définition du plan de basculement, peser soigneusement le pour et le contre de l'utilisation de l'Euro durant la période transitoire", est-il indiqué. Ceci est d'autant plus important que le résultat de cette analyse variera selon l'activité sectorielle et l'importance des relations internationales.
    Dans tous les cas, plusieurs facteurs pourront influencer la décision d'utiliser l'Euro au cours de la période transitoire. C'est le cas notamment au niveau du secteur financier. En effet, la taille de l'UEM (Union Economique et Monétaire) fera que les marchés des actifs libellés en Euro présenteront une diversité et une liquidité plus importante que les marchés nationaux des Etats membres participant. Ceci pourra conduire à l'apparition de nouveaux instruments financiers. Cette situation pourra donc se traduire par un abaissement du coût de financement, ce qui poussera les entreprises à utiliser rapidement la monnaie unique sur le plan financier. A cela s'ajoute l'élimination du risque de change entre les pays participant. Cet élément est d'une grande importance, puisqu'il simplifiera les échanges et l'investissement sur tout le territoire de l'Union.

    Investissement inutile


    De plus, les entreprises pourront tenir en Euro les comptes de gestion des projets à longue durée afin d'éviter de fastidieuses opérations de conversion par la suite. En outre, les sociétés multinationales, qui établissent les comptes de leurs filiales dans la monnaie du pays où se trouve chacune de celle-ci, verront leur comptabilité interne simplifiée via l'Euro. Ces entreprises peuvent donc être tentées de tirer profit de la monnaie unique dès le début de la période transitoire.
    Néanmoins, les dirigeants d'entreprise ne devraient pas négliger davantage les raisons qui plaident contre une utilisation de l'Euro avant janvier 2002. C'est en particulier le cas des opérations réalisées avec des particuliers. En attendant la mise en circulation des billets et des pièces en Euro, la grande majorité des opérations réalisées avec les particuliers et les PME seront exprimées en monnaie nationale. Par conséquent, les entreprises dont le portefeuille est constitué de particuliers et de PME n'ont guère intérêt à utiliser immédiatement l'Euro, puisque leurs clients continueront d'opérer exclusivement en monnaie nationale.
    De plus, l'utilisation de l'Euro par l'entreprise, durant la période transitoire, se traduira par des investissements importants. En effet, elle devra se doter de systèmes capables de fonctionner aussi bien en Euro qu'en monnaie nationale. Ceci ne signifie pas qu'elle aura un double système de comptabilité, mais qu'elle devra plutôt mettre au point des mécanismes de conversion semblables à ceux envisagés par le secteur bancaire. Pourtant, ces mécanismes deviendront inutiles à partir de l'an 2002.


    Les répercussions du passage à l'Euro


    Tous les départements de l'entreprise doivent tenir compte de l'Euro. C'est ce qui ressort d'un document de l'UE sur l'Euro.
    Le volet financier, à lui seul, connaîtra une multitude de changements. Outre l'élimination du risque de change qui pourrait avoir une incidence sur le rendement des obligations, les entreprises individuelles perdront de leur notoriété. Et pour cause, le marché des actifs en Euro sera plus vaste que les marchés nationaux.
    "Cette situation pourrait engendrer une augmentation du nombre de sociétés souhaitant se voir attribuer une cote de crédit", est-il souligné.
    Quant au marché des actions, il n'est pas censé subir de modifications. Néanmoins, les sociétés cotées en bourse devraient examiner attentivement les répercussions du passage à l'Euro. Les particuliers qui détiennent des actions pourraient exiger le versement des dividendes en monnaie nationale jusqu'en 2002.
    Sur le plan fiscal, le fonctionnement pratique des dispositifs fiscaux durant la période de transition doit être clarifié. Les sociétés doivent savoir si leurs déclarations peuvent être libellées en Euro durant cette étape.
    La modification des systèmes comptables et des logiciels peut aussi s'imposer. Les entreprises qui souhaitent utiliser les deux monnaies au cours de la période transitoire devraient s'assurer que leurs logiciels sont à la hauteur de la tâche. Le facteur humain est aussi concerné par le passage à la monnaie unique. En effet, et pour assurer un passage à l'Euro sans heurts et sans coûts excessifs, le personnel devra être mis au courant de l'impact de ce changement sur ses responsabilités professionnelles. Au 1er janvier, au plus tard, tous les membres du personnel sont censés travailler en Euro. D'où l'intérêt d'une formation adaptée à leurs responsabilités. Une attention particulière est accordée au personnel en contact avec les clients et ce, puisqu'il devra être à même d'effectuer des calculs en Euros et aussi de donner des explications sur les nouveaux prix en Euro et sur la conversion des montants des contrats en cours.

    Rafik IKRAM

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