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Ethique: L’expérience Total

Par L'Economiste | Edition N°:1668 Le 23/12/2003 | Partager

. Un séminaire nomade mondial. Intégrer les cultures locales et les valeurs universelles. Une valeur à installer au Maroc: Payer ses fournisseurs à tempsTotal Maroc a été une des premières filiales de la multinationale du pétrole à passer un audit de “profilage éthique”, c’est-à-dire de conformité aux règles éthiques du groupe. Total Maroc a obtenu de bons scores sauf sur un domaine qu’elle ne maîtrise pas, la distribution des carburants par les stations indépendantes. Total a en effet mis en place un comité d’éthique au niveau mondial. Ce comité développe des normes et recommandations, lesquelles sont mises en application dans les filiales, via la direction de la Formation et du développement social du groupe.Une délégation du comité et de la direction fait le tour du monde des filiales pour discuter avec les salariés (en fait, surtout les cadres qui devront répercuter le travail autour d’eux) du groupe de cette nouvelle philosophie. La rencontre se déroule sur un jour ou un jour et demi. Au Maroc, une demi-journée a été ouverte à des participants extérieurs (le comité d’éthique de la CGEM, le bureau Vigéo spécialisé dans les audits sociaux, Lydec, le CJD, l’association Afak et L’Economiste). Cette tournée est appelée significativement “séminaire mondial”, mais c’est “un séminaire nomade” car il doit prendre en compte les cultures locales”.Le travail commence par rappeler que la vocation de Total, qui est de répondre aux besoins en énergie des hommes (ce qui n’est pas exactement la même chose que de dire “vendre de l’énergie”), se doit d’accomplir cette mission dans le respect des valeurs d’engagement, de professionnalisme et de loyauté”. Mais dit haut et fort une présentation vidéo, “il ne faut céder ni à l’universalisme facile, ni au relativisme paresseux”. En fait, cela saute aux yeux et aux oreilles, Total est une maison d’ingénieurs donc ils traitent l’éthique en ingénieurs. Ils fuient comme la peste les discours trop littéraires auxquels ils attribuent peu d’opérationnalité. Au contraire, la vision cherche des injonctions et une codification précises… ce qui n’est pas facile.. Shareholders, stakeholdersEn effet, la codification est nécessaire mais peut-être pas suffisante: les gens peuvent mentir et alors, elle ne servira à rien. De même, souligne le séminaire, quand une injonction précise s’appuie sur une valeur non précise ou imprécise par définition, alors il faut rechercher la plate-forme d’entente commune. En étant une entreprise mondiale, Total brasse des valeurs universelles et des valeurs locales. Que faire vis-à-vis du développement social, par exemple, quand des communautés réclament le bénéfice du passage d’un pipeline ou de l’exploitation d’un puits sur leur territoire? Total paye déjà ses impôts au gouvernement central, est-ce de l’ingérence politique de donner en plus aux communautés? Inversement, ces communautés peuvent n’être que le masque d’une mafia locale et la réclamation, un chantage déguisé, que faire alors? Il n’y a pas de formule univoque, et les cadres de Total devront alors suivre des principes généraux pour décider, sachant que la décision peut être différente d’un endroit à un autre.Le Comité d’éthique ne joue pas les anges naïfs: ce travail d’éthique est la nouvelle manière de servir les intérêts des shareholders (les actionnaires) et des stakeholders (les intéressés, lesquels peuvent être très différents, voire opposés aux actionnaires) en même temps: il en résulte “une responsabilité sociétale élargie”. Total n’est pas non plus le prototype d’une entreprise idéale, citoyenne mondiale parfaite: les termes font rire les participants au séminaire dont certains sont venus du Liban ou de Tunisie pour se frotter à la nouvelle philosophie. Ils savent, en ayant vu les mésaventures de leur concurrente la Shell, ou en ayant vu des accusations portées contre Total après le naufrage de l’Erika (cf. ci-contre), que cela peut coûter très cher à ces compagnies internationales de ne pas avoir une réalité et une image conforma à l’attente du public occidental en matière d’éthique. “Que cela nous plaise ou non, que vous y croyez ou pas, l’éthique n’est plus un concept pour des marginaux illuminés”, dit Thierry Lemonier, membre du Comité d’éthique et directeur financier de Atofina.Total appuie sa vision sur des références incontestables: les droits de l’homme, ceux de la déclaration française et ceux, plus universels, de l’ONU plus les principes de l’OIT pour ce qui concerne le travail. L’entreprise est très attentive aux évolutions dans l’environnement intellectuel et idéologique, qui concerne l’environnement, le développement durable.Thierry Dumas-Lairolle, administrateur-directeur général de Total Maroc, y ajoute à chaque occasion possible, une valeur (en principe, marginale mais qui est centrale au Maroc): “Payer ses fournisseurs à temps”. Un cas patent d’adaptation des valeurs universelles à la culture locale! Toujours dans les références du groupe, le non-abus de domination, plus largement désigné sous le concept d’”éthique de la puissance”.Comme il faut s’y attendre dans une maison d’ingénieurs, ces concepts sont rendus mesurables et donc mesurés. C’est ce qui a été fait auprès de Total Maroc, qui s’en est plutôt bien sortie.N. S.

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