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Economie Internationale

Etats-Unis: Scandale de corruption dans la police

Par L'Economiste | Edition N°:602 Le 24/09/1999 | Partager

· Des flics revendent la cocaïne entreposée dans leurs locaux
· Une véritable mafia au sein de la police


A deux pas de Hollywood, les policiers du Commissariat de Rampart ont écrit un script qui pourrait s'intituler «Les Corruptibles» ou, dans la version française, «Tous Ripoux». Une histoire vraie qui révèle l'étendue de la corruption des fameux flics du LAPD (Los Angeles Police Department) dont les activités criminelles comprennent trafic de drogues, faux témoignages et meurtres.
Dans le rôle de la malheureuse victime du scandale, qui secoue aujourd'hui la Municipalité de Los Angeles, Javier Ovando, 23 ans, dans un fauteuil roulant. Il est non seulement paralysé depuis que deux policiers ont tiré sur lui, le 12 octobre 1996, mais est de plus condamné à vingt-trois ans de prison pour agression envers ces mêmes policiers.
Javier Ovando purgeait donc sa peine depuis trois ans quand l'affaire a rebondi la semaine dernière. L'un des deux policiers qui a participé à la fusillade, Rafael Perez, s'est mis à parler au FBI. Accusé de trafic de drogue -il volait, entre autres, la cocaïne entreposée dans les locaux de la police pour la revendre- le ripoux Perez, suspendu de la police depuis un mois, raconte alors la scène dramatique du 12 octobre 1996 telle qu'elle s'est véritablement déroulée.
Rafael Perez et son partenaire, l'officier Nino Durden, font une descente dans un appartement. Ils y trouvent le jeune Ovando, 19 ans à l'époque, lui passent les menottes et le collent au sol. Là, Durden s'énerve et tire sur Ovando à bout portant. Il va ensuite chercher une arme prise à des membres d'un gang et la place à côté du corps d'Ovando pour prouver que les policiers n'ont fait que riposter. Paralysé mais vivant, Ovando, immigrant illégal, qui fait partie d'un gang, a peu de chance de convaincre un jury de son innocence face aux policiers qui l'accusent. Sur les conseils d'un avocat, il plaide coupable. L'innocent Ovando, dans son fauteuil roulant, a été libéré en catastrophe jeudi dernier de sa prison californienne sur ordre du procureur de Los Angeles.
Le «repenti» Perez ne s'arrête pas au cas Ovando. Il raconte toutes les activités illégales de ses collègues de la brigade antigang du Commissariat de Rampart. Mouillés dans le trafic de drogue, ils taxent les trafiquants, leur volent la marchandise, n'hésitent pas à en déposer afin de porter de fausses accusations, abattent des hommes menottés, et couvrent tout cela par de faux témoignages pour protéger les collègues. La mise en scène criminelle de l'affaire Ovando, en effet, n'était pas une première. Elle s'était déjà déroulée à l'identique, avoue Perez, quelques mois plus tôt au cours d'un autre raid dans un appartement.
Les policiers avaient mitraillé à bout portant deux hommes désarmés. L'un fut tué, mais l'autre a survécu. Même schéma: les policiers affirment que l'homme leur a tiré dessus et il sera condamné sur la foi des faux témoignages des officiers du Commissariat de Rampart. Dans le groupe de ces officiers de police, Brian Hewitt, radié depuis le mois de juillet, est aussi accusé d'avoir frappé jusqu'au sang un homme menotté dans les locaux du commissariat.

Annette Lévy-Willard, correspondante à Los Angeles Syndication L'Economiste-Libération (France)


Plaintes


Au cours d'une conférence de presse convoquée à la hâte la semaine dernière, Bernard Parks, chef de la Police de Los Angeles, a annoncé qu'il suspendait douze policiers qui travaillent ou ont travaillé à Rampart.
Il a d'ailleurs lancé l'enquête sur la corruption de sa police avec d'autant plus de diligence que les faits datent de l'époque de son prédécesseur. Les plaintes commencent à s'accumuler, dont l'une au nom de la fille de deux ans de Javier Ovando qui a été privée de son père, en prison et paralysé.

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