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    Economie Internationale

    Etats-Unis: Le consumérisme s'étend à Internet

    Par L'Economiste | Edition N°:290 Le 24/07/1997 | Partager

    De notre correspondant aux Etats-Unis, Fayçal BENHASSAIN

    Comment protéger consommateurs et sites Internet sans entraver le commerce? Les Etats-Unis, premiers utilisateurs du réseau des réseaux, ont conçu des garde-fous. C'est toute la privacité et la sécurité des individus qui est en question.


    Le commerce et les transactions financières à travers Internet prennent un essor inimaginable depuis un ou deux ans. Si la tendance actuelle continue sur sa lancée, le montant des opérations effectuées par le «web» ou la «toile» devrait augmenter de plus de 6 milliards de Dollars sur le seul territoire américain en l'an 2000. Car aujourd'hui les Etats-Unis, qui sont largement les premiers utilisateurs et «consommateurs» d'Internet, constituent une référence incontournable en la matière. Les grandes sociétés US, et de plus en plus de PME également, effectuent leurs transactions commerciales directement par Internet. Mieux, les ménages eux-mêmes s'y mettent et commencent à faire leurs achats de première nécessité par Internet interposé. Sans même parler de la foule de services qu'ils utilisent chaque jour, comme vérifier leurs comptes en banque, y faire des virements ou des paiements, acheter des billets d'avion, de théâtre ou de cinéma, réserver des chambres d'hôtel, faire leur marché dans leur supermarché préféré et se faire livrer au jour et à l'heure de leur choix. Bref l'utilisation des inforoutes ne connaît plus de limites et le public a quelquefois du mal à suivre. Mais lorsqu'il se rend compte que le web lui facilite la vie il s'y met avec une rapidité telle que les professionnels en sont à leur tour déconcertés. Cette course entre consommateurs et spécialistes a créé des problèmes sur lesquels les uns et les autres se sont penchés sérieusement depuis quelques mois. En effet, de plus en plus de sociétés demandent un certain nombre d'informations personnelles aux visiteurs de leurs sites et les stockent dans leurs mémoires.

    Cela pour leur fournir un service plus personnalisé lorsqu'ils reviennent en leur souhaitant la bienvenue et les appelant par leurs prénoms. Mais surtout c'est une façon de cerner le plus exactement possible les profils des clients potentiels afin de leur proposer les produits les plus adaptés à leurs goût et besoin. D'ailleurs pour visiter certains sites, il faut remplir un formulaire complet en donnant adresse, âge, préférences, hobbies ou autre détails plus privés, comme les numéros d'immatriculation des voitures ou de sécurité sociale. Ces informations sont alors stockées dans une mémoire particulière mais relativement facile à pénétrer.

    «Cookie» ou «nugget»


    Certes, dans une étude récente, 27% des personnes interrogées ont déclaré fournir de fausses informations lorsqu'ils devaient remplir ce genre de questionnaire. Mais à partir du moment ou l'on acquiert quelque chose par Internet, il est indispensable de dire au moins une partie de vérité, et un spécialiste peut remonter la piste du client très précisément. La technique aidant, des sociétés parviennent à créer ce qu'on appelle en anglais un «cookie» ou «nugget», c'est-à-dire une graine contenant toutes les informations sur un utilisateur et espèce de plantée dans le disque dur de son PC sans qu'il ne le sache. Puis, chaque fois que la société le contacte, elle peut la ressortir et tout connaître sur lui. Et de là n'importe quel amateur au fait des techniques informatiques peut extraire ce «cookie» et tout savoir sur une personne. Plus encore, il est relativement simple de trouver les sites Web et les pages les plus regardées, remonter la trace des visiteurs et en retirer les informations les plus personnelles. Enfin, il y a le problème le plus sérieux de l'accès à des informations confidentielles telles que les numéros de comptes en banque, de cartes de crédit ou de tout autre moyen de paiement et de les utiliser sans que leurs détenteurs ne le sachent ni ne les aient autorisés à le faire; tout cela pouvant se faire d'une façon anonyme, car personne à l'autre bout de la chaîne ne sait vraiment qui vous êtes. Alors que l'anonymat peut être extrêmement utile, comment par exemple un organisme financier peut-il savoir qui effectue une transaction particulière? Comment peut-il s'assurer que le client qui retire 100.000 Dollars du compte bancaire de Bill Gates, de James Barksdale (PDG de Netscape) ou d'un autre milliardaire soit réellement habilité à le faire?.

    Principe OPS


    C'est alors que s'est posée la question de la privacité des informations fournies sur Internet, de leur stockage et surtout de la facilité de l'accès à ces banques de données. Des associations de consommateurs, dont l'«Electronic Privacy Information Center», se sont penchées sur ce grave problème en réponse à de nombreuses plaintes provenant d'utilisateurs d'Internet. Mais même les professionnels des inforoutes se sont aperçus rapidement que cela pouvait menacer leur développement et celui des transactions commerciales, de loin les plus lucratives. C'est alors que le plus grand fabricant de logiciels de consultation des sites, Netscape Communications, a pris l'initiative en décidant de consacrer ses énormes ressources humaines et financières à la recherche de systèmes perfectionnés afin d'assurer la sécurité sur le réseau mondial. Netscape se vit rejoindre par deux autres grands du secteurs, Firefly Network et Verisign Inc., qui ont également préféré prendre les devants, car un autre danger menaçait Internet: l'intervention de l'Etat américain par l'intermédiaire de la Federal Trade Commission (FTC) dans le cas où rien n'était entrepris.

    En effet, alertée par les groupes de protection des consommateurs et des libertés individuelles, la FTC et le Congrès décidait de se pencher sur le problème. Netscape, Firefly et Verisign proposèrent un programme appelé Open Profiling Standard (OPS) qui décrit le cadre dans lequel des solutions garantissant la sécurité la plus totale pour les utilisateurs d'Internet étaient mises à l'étude. Ce projet présenté au World Wide Web Consortium, une entité industrielle qui fixe les standards technologiques pour Internet obtint le soutien immédiat de plus de 100 autres sociétés américaines. Certes, ce n'est qu'un cadre de travail sur lequel les compagnies s'engagent à se soumettre afin de trouver des outils adéquats à garantir la sécurité et la privacité des individus sur Internet, mais le pas est important. D'autant qu'il obtint également l'appui des IBM, Sun Microsystems et depuis le 11 juin de Microsoft. C'est aussi la première fois que les deux plus grands concurrents de logiciels de consultation des sites Internet se mettent d'accord sur le principe dit OPS qui devrait d'ailleurs bénéficier à tout le monde. Aux individus qui garderont un certain contrôle sur les informations qu'ils fournissent via le réseau mondial. Aux compagnies de technologies qui vont accentuer leurs efforts à la création de logiciels performants obéissant à des normes standards internationales avec des coûts de développement considé-rablement réduits, autre argument non négligeable. Et enfin aux transactions de toutes sortes qui devraient continuer à progresser d'une façon exponentielle et de plus en plus sûre. Enfin, la menace d'intervention étatique par l'intermédiaire de la FTC et du Congrès américain, à l'écoute des doléances des consommateurs et des solutions proposées par les professionnels d'Internet, s'éloigne au grand soulagement des compagnies privées qui effectuent leurs transactions par le réseau mondial. Quant aux groupes de protection de la sécurité et de la privacité des individus, ils se disent satisfaits tout en restant vigilants. Bref pour une fois tout le monde est content.


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