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    Culture

    Et si on se bougeait en 2008?
    Par Jamal Belahrach

    Par L'Economiste | Edition N°:2697 Le 22/01/2008 | Partager

    Jamal Belahrach est directeur général basé au Maroc de Manpower Afrique du Nord. Avant de s’installer au Maroc, où il a milité pour la modernisation du droit du travail et le respect des droits des travailleurs temporaires, Belahrach a fait de la politique en France, dans la ville de Dreux pour en éliminer le Front national de Le Pen 2007 aura été l’année de toutes les promesses, des espoirs déçus, des classements internationaux (FMI et Banque mondiale) du Maroc en deçà du rang qu’un pays comme le nôtre mérite. Notre rating est inversement proportionnel à notre activisme.Et pourtant que n’entend-on? Le boom de la Bourse, de l’immobilier, des plans qui se lancent et qui tardent à émerger, et même un chômage à 8,8%, digne d’un pays européen. Alors que croire et surtout qui croire? Les promoteurs ou VRP de la pensée unique d’un nouveau genre ou bien les rapports mondiaux qui souvent sont en phase avec notre réalité au quotidien? Il ne s’agit pas ici de renier une dynamique amorcée mais plutôt de se poser la question du retard à l’allumage et de l’absence de bénéfices pour une majorité de citoyens marocains. Comment expliquer la croissance du PIB par habitant et de ne pas la mesurer en pouvoir d’achat pour la majorité des citoyens?Devons-nous nous satisfaire d’icônes comme Marrakech, attendre d’organiser des événements internationaux pour assurer notre développement ou bien définir ensemble ce bien commun qu’est l’avenir du Maroc?. Quel est le vrai poids du passé?A mon arrivée au Maroc, il y a dix ans, on me disait que c’était compliqué, que je ne pouvais pas comprendre car l’histoire du Maroc a un passé assez lourd que nous payons encore. Soit. Mais dix ans plus tard, on nous sert la même litanie et cela n’est plus acceptable.Encore moins dans la mesure où le visage du Maroc a sans conteste évolué mais pas ses protagonistes. Et pis encore, c’est aussi la génération d’après 70 qui tient le même discours.En ce qui me concerne, je ne crois pas au fatalisme ni aux histoires écrites d’avance. Sauf à vouloir, sauvegarder un pré carré, des privilèges, faire fi de son environnement et ne pas poser son regard sur ceux qui souffrent de ne pouvoir exister au quotidien.Beaucoup se dévouent tous les jours sur le terrain pour donner de la lumière à ceux qui n’en ont pas, à manger à ceux qui ont faim et à boire à ceux qui ont soif. Des exclus, nous en avons beaucoup. Et les moyens en place ne sont pas à la hauteur du Défi Maroc !L’heure n’est plus aux bilans, aux études, aux rapports, mais à l’action concrète, mesurable sur objectif, en valorisant ceux qui font bien, en leur donnant les moyens pour faire davantage et servir ainsi d’exemple. . Education, santé et justiceTant que nous n’aurons pas les moyens dignes d’un plan Marshall dans les domaines stratégiques pour l’avenir de ce pays qui sont: la lutte contre l’analphabétisme, l’éducation, l’accès à la santé et une justice indépendante, nous serons toujours derrière certains pays.Sans une véritable guerre déclarée à ces quatre grands sujets, tous les efforts entrepris par les uns et par les autres, seront vains et nous continuerons à être en queue de peloton dans tous les classements.Nous passons notre temps à faire en sorte que nos enfants soient parmi les meilleurs de la classe si ce n’est les premiers de la classe. Pourquoi n’aurions-nous pas cette même ambition pour notre pays? Il nous faut y croire, retrousser nos manches et surtout, ne pas attendre que ce soient les autres qui fassent le travail.Aux partis politiques de faire leur véritable transformation et de définir des corpus idéologiques qui séduisent les citoyens. Ils doivent comprendre que le monde a changé et donc, leurs électeurs aussi. Les programmes alibis ne suffisent plus, seuls un langage de vérité et une vision du futur sont crédibles.La première question à se poser est: Que fais-je pour contribuer aux changements et à l’intérêt général?A ceux qui peuvent orienter les décisions dans un sens ou dans un autre, dans les champs économique, social, ou politique, il faut veiller à mettre le Maroc dans la course pour en faire un lièvre et non une tortue.Enfin, nous devons tous intégrer que notre problème n’est pas l’extrémisme, mais l’absence d’un choix de société sachant allier modernité et tradition sans les opposer.Et si on se bougeait en 2008 est une véritable invitation à l’action collective indépendamment de notre niveau de responsabilité ou des moyens à notre disposition. L’important est d’agir, ici et maintenant.


    Dialogue et impôts

    Aux opérateurs économiques de faire davantage confiance au capital humain et à sa capacité à faire évoluer les organisations vers plus de performance. A penser davantage que la redistribution des profits vers le salarié n’est pas un manque à gagner, mais plutôt un investissement pour l’avenir, quelles que soient les mauvaises expériences vécues.En tant qu’opérateurs, nous avons un véritable devoir d’intégrité pour ne pas dire citoyen (terme tellement galvaudé par ceux qui l’utilisent pour s’acheter une forme de virginité et qui ne le sont pas). Payer nos impôts doit être la règle et non l’exception, pour tous et pas seulement pour les grosses entreprises.Le dialogue social doit être perçu comme un élément de progrès et non comme une faiblesse. C’est avec cette conviction, que ceux-là mêmes avec qui nous bataillons pour une paix sociale - et donc économique, changeront, car ils n’ont plus le choix. Le monde a aussi changé pour eux. La mondialisation n’est pas qu’un concept purement économique, elle a également un impact sur nos modes de raisonnements.Aux citoyens du Maroc d’accepter la nécessité d’entreprendre eux-mêmes le changement. La notion de droit et de devoir n’est pas une vue de l’esprit, mais une manière de se comporter pour que «le vivre ensemble» pour le bien de tous ne soit pas exclusif à la cellule familiale. Pointer les coupables ne sert à rien. A cette «élite» qui pense l’être, de faire l’effort de ne pas s’écarter des réalités de ce pays pluriel et de ses citoyens qui ne vivent pas de la Bourse, qui ne profitent pas du boom de l’immobilier ni du développement du tourisme. Dans tous les pays du tiers monde et en voie de développement, le rôle des élites est majeur, en termes d’implication dans les changements nécessaires.

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