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Essais cliniques: Arrêtons la «schizophrénie»!

Par L'Economiste | Edition N°:2665 Le 04/12/2007 | Partager

. Polémique autour d’une expérimentation sur des malades mentaux. Le ministère de la Santé valide, la direction du CHU de Casablanca refuse«Soit le projet d’essai est louche, soit c’est moi qui suis un criminel». Pour ceux qui l’on côtoyé, il est rare de voir le Pr. Driss Moussaoui sortir de ses gonds. Mais, visiblement, Kafka est passé par là. L’éminent professeur de psychiatrie, dont les travaux font référence aussi bien au Maroc qu’à l’international, se retrouve au milieu d’une étrange polémique. Polémique apparemment entretenue par un excès de zèle, voire des ramifications politiques, de la direction du CHU Ibn Rochd de Casablanca. Les faits. Un grand laboratoire européen choisit le Maroc pour effectuer un projet d’essai thérapeutique sur une nouvelle molécule. C’est le Pr. Driss Moussaoui, médecin en chef du CPU, Centre psychiatrique universitaire, qui mènera l’investigation. Celle-ci devait commencer depuis des mois sur des patients du CPU -le fameux pavillon 36- souffrant de schizophrénie. «Il s’agit d’un médicament innovant qui constituera sûrement une première qui révolutionnera la prise en charge des malades schizophrènes dans le monde», soutient le Pr. Moussaoui. Le dossier, après des recommandations du CERBC, a été soumis au ministère de la Santé qui l’a aussi avalisé. «Nous avons l’habitude de recevoir des dossiers de ce genre. Nous statuons sur la base des documents fournis. Dans le cas présent, tout était conforme, le protocole diffusé par le promoteur et sur lequel s’engagent les investigateurs, l’avis favorable du comité d’éthique, l’assurance, le consentement éclairé des patients rédigé en arabe …», explique-t-on au ministère de la Santé. Par ailleurs, ajoute-t-on, «l’efficacité de la molécule objet de l’essai, contrairement à ce qui a été relayé par une certaine presse, est avérée». Ce que confirme le Pr. Moussaoui, qui assure que quelques centaines de patients schizophrènes, en France et en Allemagne, ont déjà bénéficié de ce traitement et ses résultats sont encourageants contre le délire, les hallucinations et les signes négatifs. Par ailleurs, indique-t-on au ministère de la Santé, «dans le cas du dossier objet de la polémique, il s’agit d’une phase 1. Ce qui est une preuve que l’on fait confiance à notre pays et à la compétence de ses équipes de recherche». Au département de Yasmina Baddou, cela coulait donc de source: le dossier est donc conforme, l’essai pouvait démarrer. Tout donc allait pour le mieux. Sauf qu’au CHU de Casablanca(1), la direction (contactée par L’Economiste et restée injoignable) opposera un niet catégorique au déroulement de l’essai. Les raisons? Mystère. «Nous avons demandé l’aval de la direction du CHU, une première demande officielle lui a été transmise le 26 juin, une deuxième le 29 octobre, mais le directeur nous a signifié verbalement son refus, sans aucune justification», s’indigne le professeur Moussaoui. A ce jour, poursuit-il, aucun écrit n’est venu motiver cette décision. A noter que, sous d’autres cieux, les bonnes pratiques veulent que la direction de l’hôpital soit simplement informée. Son autorisation n’est pas requise. Face à ce refus qui dure depuis des mois, et que d’aucuns attribuent à quelque conflit d’ordre personnel entre les deux protagonistes, l’équipe Moussaoui a trouvé une parade: commencer les phases préliminaires au service de pharmacologie clinique de la faculté de médecine de Casablanca sur un groupe de 4 patients. Mais, pour des raisons techniques, indique le Pr Moussaoui, ce travail a été suspendu. A l’en croire, les malades qui ont bénéficié des phases préliminaires de cette étude scientifique s’interrogent avec leurs familles sur les raisons de son arrêt. «Ils ne demandent qu’à la continuer», affirme le Pr. Moussaoui. Ce que confirme Naïma Slamti Trachen, présidente de l’association Amali et mère d’un enfant schizophrène. Un arbitrage de Yasmina Baddou, la ministre de la Santé, ajoute-t-il, devait débloquer la situation. En effet, «une réunion était envisagée pour débloquer la situation, mais elle était bloquée par l’attaque frontale dont la recherche biomédicale fait les frais depuis quelques jours», déplore le médecin chef du centre psychiatrique universitaire Ibn Rochd. L’attaque frontale sera, en effet, relayée par une presse partisane. Cette polémique, qui n’a pas lieu d’être de l’avis de certains experts, concernerait le profil de la population objet de l’étude. En général, pour la première phase, l’expérimentation se fait sur des volontaires sains. Comme le cancer, la psychiatrie figure parmi les rares exceptions où les candidats doivent être obligatoirement des malades. La raison est toute simple: pour ces deux pathologies, les traitements sont soit très forts, soit administrés à fortes doses et ne peuvent donc impliquer que des malades. «Il ne faut pas diaboliser la recherche, mais l’encourager tout en assurant une veille éthique», lance avec véhémence Nouzha Guessous, membre du CERBC et vice-présidente du Comité international de bioéthique (CIB) de l’Unesco. Avis partagé par les Prs Hakima Himmich, Mohamed Bartal, Farid Hakkou, Saâd Eddine Othmani… tous membres du CERBC. C’était lors du point de presse organisé par le comité d’éthique de Casablanca. Objectif: sensibiliser et éclairer l’opinion publique sur la recherche biomédicale. Khadija EL HASSANI------------------------------------------------------------------------------(1) Contacté à plusieurs reprises par L’Economiste, le directeur du CHU Ibn Rochd de Casablanca est resté injoignable

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