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Economie

Ermenault: «Nous devons faire preuve de réactivité»

Par L'Economiste | Edition N°:2402 Le 16/11/2006 | Partager

. L’impact de la nouvelle tarification sur les comptes de Lydec encore indéfini. Comment compenser les recettes perdues?Les premiers changements dans le contrat de Lydec ont été décidés en un temps record. Une semaine a suffi à la Commune et son délégataire pour mettre en place un nouveau système de tranches tarifaires. C’est aujourd’hui à Lydec de les appliquer, mais aussi de les expliquer à une population en colère. Jean Pierre Ermenault, directeur général de Lydec qui est une entreprise cotée en bourse, explique cette période «d’après-annonce».. L’Economiste: D’importants changements dans la tarification de l’eau ont été annoncés par le maire, c’est actuellement à Lydec d’en assurer l’application: nouvelle facturation, communication… Comment appréhendez-vous cette période «de l’après-annonce»?- Jean-Pierre Ermenault, DG de Lydec: Ce sont des défis qui se présentent à nous et c’est là où nous devrons faire preuve de réactivité et montrer que nous sommes capables de mettre en œuvre ces modifications en moins de trois mois. En effet, ces nouvelles dispositions prises en commun avec notre Autorité délégante, impliquent une importante réorganisation puisqu’elles visent tout le processus d’encaissement avec, notamment, les procédures de suspension des fournitures en cas de non-paiement des consommations, la facturation des coupures, etc. Nous aurons aussi vraisemblablement des difficultés à installer des compteurs individuels dans des habitations qui ne sont pas conçues pour recevoir ce genre d’équipement. Nous n’avons pas encore travaillé sur cet aspect-là. Il y a aussi la mensualisation qui, elle-même, nécessite un grand travail de préparation et de communication.. Avez-vous une idée du coût de ces opérations? - Pas précisément pour l’instant. Ce qui est certain, c’est qu’il faudra chercher des gains de productivité pour compenser des recettes dont nous ne bénéficierons plus. Si les prochains mois montrent que ces changements fragilisent l’équilibre économique de la concession, nous en référerons immédiatement à notre Autorité délégante de façon à définir ensemble d’éventuels ajustements.. On reproche le manque de transparence à la gestion du contrat Lydec. Or, vous êtes coté en bourse avec des obligations de transparence, de plus vous revendiquez des rapports francs et directs avec vos clients. Où se situe donc le blocage? - Le processus de définition de la tarification de l’eau est assez complexe au Maroc. La tarification diffère selon les types de consommateurs. Le système des tranches, appliqué à l’échelle nationale, est complexe et difficile à expliquer. Toutefois, nous avons, en de multiples occasions et sous différentes formes, tenté de le rendre plus accessible. A chaque fois que cela a été nécessaire, nous avons informé sur les changements dans les factures avec des documents joints, mais tous les clients ne sont pas attentifs à tout ce qui est spécifié dans les factures et, de ce fait, ne comprennent pas les changements tarifaires. Nous nous appuyons donc aussi sur nos collaborateurs pour dialoguer directement avec nos clients.Il n’en reste pas moins que le nouveau système des tranches, tel qu’il a été appliqué à l’échelle nationale, a été plus sensible pour une partie des consommateurs (6 à 8 m3 par mois). Mais il ne faut pas oublier que l’augmentation des factures du 3e trimestre est due aussi à d’autres raisons, qui sont récurrentes et liées au mode de consommation en été. L’impact du rétrécissement de la 1re tranche a été de 20 DH maximum par mois pour ceux qui consomment au-delà de 6 m3 par mois; mais certains consommateurs ont subi ces deux effets en même temps et certaines factures ont augmenté de manière significative. Ceci s’inscrivant par ailleurs dans un contexte de hausse générale du coût de la vie.. Les dispositions du nouveau protocole feront que moins d’argent ira dans les caisses de Lydec… Comment comptez-vous gérer cela?- C’est exact. Mais les analyses sur lesquelles nous avons pris nos décisions aujourd’hui se basent sur les consommations de 2005. Il est difficile maintenant de mesurer les évolutions des niveaux de consommation dans chaque tranche tarifaire dans le cadre de ces nouvelles dispositions. A la fin 2006, nous pourrons en mesurer un peu plus les conséquences et les intégrer dans l’économie du contrat. En résumé, sur la base des chiffres de 2005, l’écart dans les recettes est sensible, mais nous devons attendre pour préciser comment les comptes vont évoluer.. Cela signifie-t-il que vous avez accepté des modifications dont vous ne mesurez pas encore l’impact?- Nous avons pris des engagements et nous les tiendrons. Actuellement, il nous revient simplement de gérer et d’optimiser ces dispositions.. Au cas où cela ne serait pas jouable à votre niveau, est-ce que vous exigeriez une révision du contrat en votre faveur?- Pour nous, il est impossible de considérer cela comme «pas jouable». Ce qu’on demande à une entreprise comme la nôtre, c’est «avant tout» de s’adapter rapidement à de nouvelles situations et même d’anticiper. En fonction des conséquences, nous évoquerons ce sujet avec l’Autorité délégante dans le cadre de la révision du contrat. Et j’ajouterai qu’il ne faut pas que le contexte de la revue du contrat occulte ce qui est essentiel pour toutes les parties prenantes: notre mission, en tant qu’entreprise de service public, est bien d’apporter les services d’eau potable, d’assainissement et d’électricité 24h/24 et 7j/7 à une population de plus de 4 millions d’habitants.. Que pensez-vous de la réaction de la rue vis-à-vis de Lydec? Celle-ci ne semble pas être une entreprise «sympathique» aux yeux de ses clients…- Avant les augmentations tarifaires, le taux de satisfaction des clients était très élevé. Nos clients ont clairement remarqué les améliorations que nous avons apportées en termes d’accueil dans les agences, de rétablissement des services en cas de panne, de lutte contre les inondations… ce sont des données mesurées. Je pense qu’en dehors de ce phénomène ponctuel, qui est d’ailleurs compréhensible, les clients exprimeront à nouveau leur satisfaction et nous ferons tout pour que ce soit le cas.


L’USFP critique

La facturation de l’eau est normalement soumise à une commission élargie, en charge de la révision du contrat Lydec. Un de ses membres, Rachid Iraqui, élu Usfpéiste, indique que ces modifications ne sont que de la «poudre aux yeux». «Aucun changement n’agit sur le fond du problème qui est la formule mathématique adoptée pour le calcul des tarifs», indique-t-il. Il cite à titre d’exemple le seuil de la tranche sociale fixée à 6 m3. Selon lui, celui-ci ne correspond pas à la réalité sur le terrain puisque «la moyenne de consommation à Casablanca est de 11 m3, c’est donc de ce volume-là que devrait être la tranche sociale». En outre, Iraqui souligne que la procédure d’adoption de ces modifications n’a pas été respectée. «Lors de la réunion du 3 novembre dernier, les élus ont demandé à Lydec de proposer des scénarios pour la nouvelle tarification. Ceux-ci devaient être soumis au comité le 7 novembre. Ce qui n’a pas été fait. Le 8 novembre, le président est venu avec un scénario qu’il avait déjà arrêté et nous l’a exposé en précisant qu’il l’avait d’ores et déjà soumis à Rabat pour approbation. Je me demande à quoi sert ce comité!», s’interroge Iraqui.Propos recueillis par Ichrak Moubsit

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