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    Entretien avec M Abdeslam Ahizoun, ministre des Postes et des Télécommunications : "Le cadre institutionnel de l'ONPT devient inadapté"

    Par L'Economiste | Edition N°:156 Le 01/12/1994 | Partager

    Le réseau de base, les projets et les nouveaux services, mais aussi la nécessité de changer le cadre institutionnel et l'abolition du monopole. Le ministre des Postes et des Télécommunications, M. Abdeslam Ahizoun, annonce les contours du secteur des télécommunications dans un entretien accordé à L'Economiste.

    - L'Economiste : Comment a évolué le réseau de base national durant les trois dernières années?

    - M. Abdeslam Ahizoun: Le réseau national a connu depuis 1990 à aujourd'hui une croissance soutenue qui s'est traduite notamment par la modernisation des équipements et l'introduction de nouveaux services. Ainsi, grâce à la Haute Sollicitude de Sa Majesté le Roi que Dieu l'Assiste et à la mobilisation générale du personnel de l'ONPT, les nouvelles mises en service relatives aux équipements d'abonnés sont passées de 537.000 à 1.080.000 lignes d'équipements dans les centraux téléphoniques, durant les trois dernières années, réalisant ainsi un accroissement de 77% de leur capacité. Quant aux raccordements, ils ont connu les taux de croissance les plus élevés du monde avec ceux de la Chine: 24% en 1991, 32% en 1992 et 26% en 1993. L'ONPT franchira la barre du million d'abonnés à la fin de l'année 1994 contre 500.000 à la fin de l'année 1991, soit le double en l'espace de ces trois dernières années.

    - Comment percevez-vous l'évolution des prix des services de télécommunications?

    - De par sa mission de service public, l'Office est tenu d'offrir ses services à tous, et aux mêmes tarifs, même si l'évolution et la multiplication des technologies et des services militent en faveur de relations commerciales à plusieurs vitesses.

    La politique tarifaire des télécommunications repose sur la nécessité de réaliser le meilleur compromis possible entre deux impératifs. D'un côté, le souci de rentabiliser les investissements, et de l'autre la nécessité d'uniformiser les tarifs pour toutes les catégories d'abonnés et faire bénéficier autant que possible les ménages de la tarification réduite. Je rappelle à cet égard que l'ONPT offre actuellement des réductions sur ses tarifs qui vont jusqu'à 50% à certaines heures.

    En tout cas, l'évolution de la technologie fait aujourd'hui que le prix du téléphone croît moins vite que l'inflation. D'une manière générale, on peut dire, en ce qui concerne le Maroc, que les tarifs de raccordement, d'abonnement et des appels locaux sont bas, les tarifs interurbains sont moyens et les tarifs internationaux sont élevés. Un rééquilibrage apparaît donc à terme nécessaire.

    - La lourdeur des investissements de l'ONPT pose-t-elle le problème du financement des télécommunications?

    - Effectivement, les investissements dans le secteur des télécommunications sont lourds même si les prix des équipements continuent de baisser. La multiplicité des services introduits par les innovations technologiques ainsi que la nature des biens d'équipement sont le fruit d'une technologie de pointe dont l'importation nécessite la mobilisation de capitaux importants. A ce jour, l'ONPT n'a

    rencontré aucune difficulté pour mobiliser les crédits dont il a besoin pour la réalisation des objectifs qui lui sont assignés.

    - Outre la nécessité de mettre à contribution le privé pour le développement du secteur, une grande majorité de professionnels estiment qu'il est impératif d'instituer un cadre réglementaire approprié en matière de financement. Quel serait, selon vous, ce cadre, et qu'en pensez-vous?

    - Les programmes d'investissement lancés par l'ONPT depuis sa création et le volume important de capitaux qu'il a mobilisés ont permis d'améliorer l'infrastructure des télécommunications quantitativement et qualitativement. Parallèlement, la réalisation de ces projets a favorisé l'expansion de plusieurs entreprises privées opérant dans les branches liées directement ou indirectement au secteur des télécommunications, à savoir essentiellement le domaine du câblage et des télécommunications d'entreprise.

    En outre, l'ONPT a signé des accords de transfert de technologie avec des sociétés étrangères pour l'installation d'usines de fabrication de centraux téléphoniques numériques et la création de centres de développement des logiciels pour ces mêmes centraux.

    L'avenir des télécommunications passe en effet par le financement des infrastructures par le secteur privé. Mais il faut au préalable changer le cadre institutionnel de l'ONPT et abolir le monopole des télécommunications.

    - En l'absence de privatisation des télécommunications, quelle place est donc réservée au secteur privé?

    - Il faut savoir tout d'abord que le secteur privé est associé au développement des télécommunications dans notre pays. Au début des années 80, déjà, une dizaine de sociétés privées de télécommunications étaient agréées pour fournir, installer et entretenir les équipements des utilisateurs professionnels. Depuis, le nombre de ces sociétés a augmenté pour dépasser aujourd'hui la centaine, et leurs compétences ont été étendues au domaine de la pose et du raccordement des câbles. Plus récemment encore, le secteur privé a été autorisé à installer et à exploiter des cabines téléphoniques publiques au sein de téléboutiques ou de télékiosques. Près de 2.000 autorisations ont été délivrées dans tout le Royaume. La mise en place, il y a deux ans, du service vidéotex a permis, par ailleurs, au secteur privé, de développer un service de consultation de base de données.

    - La privatisation d'Itissalat Al Maghrib est-elle envisageable?

    - Une chose est certaine, le cadre institutionnel de l'ONPT, en tant qu'établissement public, avec son monopole sur les télécommunications, s'avère de plus en plus inadapté. Le gouvernement se penche actuellement sur l'étude de ce que doit être le nouveau paysage des télécommunications dans notre pays qui doit déboucher sur la libéralisation de ce secteur. A l'heure actuelle, il y a une concurrence de fait dans le domaine des communications internationales qui, il faut le mentionner, constituent près de 40% du chiffre d'affaires des télécommunications de l'ONPT. L'exploitant marocain des télécommunications doit pouvoir disposer d'une souplesse de gestion lui garantissant l'efficacité et lui permettant de nouer des alliances avec des opérateurs internationaux et pouvoir donc se battre à armes égales avec ses concurrents.

    - Des règles strictes de gestion ont été mises en place au niveau de l'ONPT. Quels en sont les résultats?

    - Dans le cadre de la politique d'équipement du secteur public en général, et des entreprises publiques en particulier, l'ONPT a procédé à la réorganisation de son système de gestion. Cette action a porté essentiellement sur plusieurs volets. Il s'agit notamment du schéma directeur informatique, de la gestion des approvisionnements, de la gestion financière et comptable, de la gestion du personnel et stratégie de développement des ressources humaines et de la tarification des télécommunicatio

    Propos recueillis

    par Meriem OUDGHIRI

    Les projets et nouveaux services de l'ONPT

    2 millions de lignes pour 1,8 million d'abonnés en 1998

    Le parc des équipements téléphoniques, annonce M. Abdeslam Ahizoun, ministre des Postes et des Télécommunications, passera à près de 2 millions de lignes en 1998 pour desservir 1,8 million d'abonnés environ. L'accroissement annuel moyen d'abonnés sera d'environ 16% et la densité téléphonique, c'est-à-dire le nombre d'abonnés par cent habitants, passera de 3,5% aujourd'hui à 6% en 1998.

    En avançant ces chiffres, M. Ahizoun répond à l'Union Internationale des Télécommunications(1) qui prévoit que le Maroc devrait, compte tenu de son niveau de développement économique, disposer d'une densité téléphonique de 15 lignes pour 100 habitants, contre 3 actuellement.

    Le programme d'équipement du réseau de transmission, poursuit-il, consiste à installer des câbles à fibres optiques interurbains à haut débit utilisant la technologie SDH (Synchronous Digital Hierarchy), "constituant l'ossature principale des futures autoroutes de l'information marocaines et totalisant près de 5.000 km".

    Le réseau rural, quant à lui, connaîtra un développement important qui doit aboutir à son automatisation intégrale avant 1998.

    Pour ce qui est de la radiotéléphonie mobile, le réseau cellulaire de radiotéléphonie mobile national de technologie analogique NMT 450 s'est enrichi par la mise en place du nouveau réseau mobile cellulaire numérique, conforme à la norme paneuropéenne GSM, d'une capacité de 50.000 abonnés et offrant plus de souplesse pour l'exploitation et de nouvelles facilités pour l'usager. Un réseau de radiomessagerie est également prévu pour une capacité de 100.000 abonnés.

    Enfin, sur le plan international, souligne M. Ahizoun, le Maroc dispose de moyens de télécommunications importants par satellite et par câble sous-marin permettant 227 relations internationales automatiques. "A côté de l'effort d'extension porté sur les centraux de transit internationaux, un accent particulier sera mis sur l'introduction et la pose de nouveaux câbles sous-marins et terrestres en fibres optiques".

    Par ailleurs, souligne-t-il, l'introduction de services nouveaux concernera essentiellement la généralisation des mobiles, l'avènement du multimédia, la messagerie électronique, la radiomessagerie, la messagerie vocale et l'audiotex. "Tous seront accessibles aux opérateurs privés".

    M.O.

    (1)Cette question a été soulevée lors du colloque sur "la déréglementation et le financement des infrastructures" qui s'est déroulé à Casablanca les 6 et 7 octobre 1994.

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