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    Economie

    Enseignement supérieur privé : Les écoles s'accrochent à une "impulsion politique"

    Par L'Economiste | Edition N°:167 Le 16/02/1995 | Partager

    Les fonctionnaires ne se sont pas toujours montrés encourageants à l'égard des écoles qu'ils autorisent. Le Premier ministre et dans son sillage le ministre de l'Education Nationale prônent le développement du privé pour soulager l'Etat d'un lourd fardeau.

    "IL faut éviter qu'il y ait deux types de citoyens: un lauréat de l'enseignement supérieur public et un lauréat du privé". C'est ce que déclare en substance M. Abdellatif Filali lors d'une réunion le 10 janvier, aux membres de l'AMESup (Association Marocaine de l'Enseignement Supérieur). Ceux-ci voient là une "volonté politique" de développer leur secteur, alors que jusque-là ils avaient l'impression d'être les mal-aimés du Ministère de l'Education Nationale. Dans une lettre au Premier ministre, ils espèrent "une véritable impulsion sur le plan politique qui sera nécessaire pour faire évoluer les mentalités, notamment celle du fonctionnaire du MEN, qui doivent partager cette nouvelle vision du développement de l'enseignement". En revanche, ils affirment trouver beaucoup plus de compréhension du côté de la Direction de la Formation des Cadres qui assure leur tutelle pour la formation permanente et continue. L'enseignement supérieur privé s'accroche à cette volonté politique d'autant plus que plusieurs écoles ont connu un recul des inscriptions cette année. Des écoles reconnaissent jusqu'à 30% de candidats en moins en première année. Plusieurs explications sont avancées pour expliquer ce phénomène.

    - Deux écoles publiques sont venues faire concurrence au privé sur son créneau, la gestion. Les ENCG (Ecoles Nationales de Commerce et de Gestion) d'Agadir et de Settat accueillent chacune 150 étudiants depuis octobre. Elles sont prévues pour en accueillir 1.000. D'autres écoles suivront, à Tanger notamment.

    - Par ailleurs, l'université Al Akhawayn d'Ifrane a attiré l'élite des bacheliers dont les parents sont disposés à payer pour des études au Maroc.

    - Enfin, les pays de l'Est (Russie et Ukraine notamment) ouvrent les académies scientifiques à des prix abordables (séjour compris), même à des familles à revenu modeste.

    C'est d'ailleurs dans cette classe sociale modeste que se recrutent la plupart des étudiants de l'ESP (Enseignement Supérieur Privé), affirment des directeurs d'écoles. "Beaucoup de jeunes voudraient venir à nous mais ne trouvent pas les moyens. C'est toute une demande qu'il faut solvabiliser", affirme M. Azzedine Bennani, président de l'AMESup.

    Prêts étudiants

    Le développement du prêt étudiant est alors sollicité comme la principale "mesure d'encouragement". Sur le fond, la Banque Mondiale avait prévu une ligne de 29 millions de Dollars, pour financer des crédits-études dans le privé. Le MEN n'ayant jamais donné son aval, le projet n'a jamais connu de suite.

    Outre la solvabilisation de la demande (le nombre total d'inscrits actuel ne dépassant pas les 7.000), les écoles supérieures privées attendent aussi des "mesures d'encouragement" sur l'offre: financement des équipements fonciers (pour sortir les écoles des immeubles exigus des centres-villes), et un fond de soutien au développement des médias pédagogiques.

    Ils reste que l'Etat, très sollicité, ne prodigue pas ses aides à qui les demande. Aussi, les membres de l'AMESup suggèrent une évaluation de l'ESP. Exercice difficile auquel le public lui-même se soumettrait difficilement. Par nature, les enseignants donnent des leçons et n'en reçoivent jamais. "L'AMESup souhaite qu'un organisme indépendant (du Ministère de tutelle) mène une enquête sur le taux d'insertion de ses lauréats: c'est l'examen de passage suprême.

    Par ailleurs, les écoles de l'AMESup suggèrent un audit de leur management et de leur pédagogie pour évaluer leur forces et leurs faiblesses", explique Jacques Knafo, dirigeant d'école. Sûrs d'eux-mêmes, les dirigeants des écoles pensent lever "les a priori défavorables", qui empêchent, à ce jour, l'Etat de reconnaître l'équivalence de leurs diplômes avec ceux des universités.

    "Pourtant, des universités françaises (Bordeaux, Nice) ou canadiennes les admettent pour des DES, des MBA", ajoutent-ils.

    "Le partenariat public-privé" a d'ailleurs été l'objet d'une des 3 sous-commissions(1) MEN / AMESup qui se penchent sur le secteur. La 2ème commission réfléchit à "la structure du secteur, la déontologie, la qualité" et une troisième aux textes d'application de la loi de 1986 qui cherchait à encourager l'investissement dans l'enseignement: un signe de la volonté politique de l'Etat d'être soulagé, par le privé, d'un fardeau qui pèse pour un tiers dans son budget.

    Khalid BELYAZID

    (1)La commission ad hoc MEN-AMESup a été constituée en mai 1994. Elle est présidée par M. Abdellatif Chadli, recteur de l'Université Moulay Ismaël de Meknès.

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