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Enseignement supérieur : La bataille des écoles privées pour attirer les "élites"

Par L'Economiste | Edition N°:39 Le 23/07/1992 | Partager

Juillet est une période d'après bac. Pour ceux qui ont réussi, la course aux inscriptions commence. Les écoles privées d'enseignement supérieur se placent sur le marché estudiantin par des campagnes de promotion appropriées. Elles offrent un avant goût du jargon managérial qu'elles enseignent. Cultivant une image trop élitiste, elles risquent de donner quelques illusions sur l'avenir, à leurs futurs lauréats. Chacune prétend être la meilleure.

Aujourd'hui légion, les Ecoles Privées ne se contentent pas de remplir leur "mission" qui est de former des "cadres-dirigeants", des "managers" ou encore des "décideurs hautement qualifiés", mais de le faire savoir.
Les axes de promotion ou plutôt, comme ces Ecoles aiment à le préciser, la communication externe a pour principal axe "la réussite de nos lauréats en terme d'insertion professionnelle et de création d'entreprises", explique M. Mohammed Alami, Responsable marketing Communication du Groupe ESIG. C'est aussi, selon l'école ESG, "armer les étudiants pour mener des négociations", leur permettre de "valoriser leurs atouts et savoir "vendre" leurs compétences sur le marché de l'emploi". Le tout basé sur la devise de l'école: "Etre, Savoir, Gagner".

Signature de l'école

Présentes généralement sur les pages des journaux, les prospectus, les ondes ou les écrans de télévision, les écoles offrent des possibilités d'avenir, des spécialisations devenues très à la mode (Marketing, Management...) tout en laissant... "La liberté de choisir, les moyens de gagner", comme l'indique le slogan de l'école IMM. "En terme de communication, nous avons réorienté notre stratégie autour de deux axes. Le premier concerne l'axe de positionnement élevé, c'est-à-dire une stratégie très élitiste avec une forte sélection. Le second axe a trait à la proximité avec les professionnels de l'industrie", expliquent les responsables de l'école IMM. Concernant ce second point, à partir de la deuxième année (de la première année, l'an prochain), une demi-journée de stage par semaine en entreprise est imposée. Le but est d'intégrer l'étudiant dans la vie industrielle.

De son côté, Art'Com, école de design et de communication, "vise à former le créateur de demain" par "une formation de pointe pour des métiers de pointe". Nuançant tout de même l'expression, l'école conseille au futur "Art'Comien" une vocation, "un travail assidu et de la passion".

Ainsi, chaque école marque les médias ou les rues de sa signature. Chaque phrase, chaque mot utilisé (souvent très pompeux) a pour but d'accrocher, de tenter ou d'"agresser" l'étudiant, fraîchement bachelier.

Pour la majorité des écoles privées, le processus de communication est continu et étalé sur toute l'année. Néanmoins, et dépendamment du public visé et du message à transmettre, le choix de la période de diffusion peut être concentré pendant une période spécifique, telle que l'été en ce qui concerne les élèves bacheliers. Pour les supports utilisés, arrivent en tête la presse écrite, la radio, les affiches, et pour certaines écoles la télévision. "Nous n'utilisons jamais la télévision, mais plutôt les journaux et la radio, car nos messages sont informatifs", précisent les responsables de l'école HEM.

Etudiants "porte-parole" de l'école

Outre ces supports, la communication se fait également par le biais des étudiants, "porte-parole" de l'école, encouragés à développer "le sens des responsabilités et de l'initiative et le goût pour le travail d'équipe". De plus en plus souvent, les étudiants sont appelés à organiser entièrement des conférences, des débats, des tables-rondes, des colloques, ainsi que des activités culturelles (galas, concours, rencontres...). "Au sein de notre école, nous communiquons à travers un système de réflexion, de débat, et ce, afin de toucher l'ensemble des partenaires", indiquent les responsables de l'école ESG.

Très active au sein des écoles, la vie associative permet aux étudiants de promouvoir leur établissement, rencontrer des professionnels et organiser des activités para-scolaires. Il s'agit tout d'abord du Bureau des Etudiants, communément appelé BDE, qui réunit l'ensemble des élèves pour les impliquer dans des actions communes: actions culturelles, artistiques ou économiques, réalisation d'un journal d'information interne. Le BDE est également l'intermédiaire ou l'interlocuteur entre les élèves et la direction.
De son côté, la Junior Entreprise, concept nouveau, joue également un rôle très important au niveau de la communication et de la promotion de l'école. Gérée par les étudiants, elle a pour but de concevoir et réaliser des projets professionnels, de permettre aux élèves de "mettre en pratique leurs connaissances" en offrant leurs services aux entreprises. Il s'agit notamment d'études de marché, de promotion des ventes, d'élaboration de campagnes publicitaires...

La section sportive ou bureau des sports, selon l'appellation de chaque école, est également très active au niveau de la promotion des écoles. Cette section ou bureau organise des entraînements et des compétitions universitaires, des tournois internes ou inter-écoles dans différentes disciplines.

Autre section ou association, celle des anciens élèves de l'école. Elle diffuse un bulletin de liaison qui informe les anciens élèves des manifestations et activités organisées par l'école. Elle organise des conférences et la soirée de parrainage des promotions sortantes. Toutefois, le "manque de motivations des étudiants a été le principal obstacle au bon fonctionnement de cette association créée au sein de notre groupe", indiquent les responsables de l'ESG. "Au-delà du diplôme, tout s'arrête. Nous ne pouvons, en tant que dirigeants d'école, oeuvrer au-delà et être toujours derrière eux", ajoutent-ils.

Pour ces diplômes, plusieurs filières sont proposées au sein des écoles privées. Les écoles de gestion, les plus nombreuses, dispensent en trois ou quatre années d'études, des cours de marketing, management, commerce, mathématiques, ou de publicité, communication, dessin pour les écoles de design et de communication. Cela sans oublier les langues qui occupent une place très importante au niveau de l'enseignement.

Niveau catastrophique

De plus en plus, face au niveau, qualifié de catastrophique, de langue et de culture générale, la majorité des écoles ont mis en place une période ou toute une année de remise à niveau. Celle-ci permet, selon les responsables de l'école HEM, "de consolider la formation générale et linguistique des étudiants et à remodeler le niveau de leurs aptitudes tout en introduisant les principes fondamentaux du management et quelques techniques de gestion des entreprises".

Le programme de cette année comprend, pour presque toutes les écoles, l'expression, la communication, l'arabe, le français, l'anglais, la méthodologie...; la spécialisation ou le choix d'une option se fait à partir de la seconde année, de la dernière pour certaines écoles.

Pour dispenser tous ces enseignements spécialisés, un corps professoral étoffé est nécessaire. Cependant, le corps professoral se compose généralement de vacataires et de quelques permanents qui s'occupent également de l'administration. Au niveau des vacataires, on trouve des professionnels (avocats, chefs d'entreprise, experts, des artistes et des communicateurs...) et des universitaires. Il s'agit généralement de personnes "portant une double casquette".

La base de rémunération des enseignants varie en fonction des diplômes (Doctorat d'état, titulaires d'un troisième cycle), de l'expérience. "La rémunération est d'environ 300DH de l'heure. Nous avons une fourchette qui peut varier en fonction de l'expérience, de la notoriété de la personne", expliquent les responsables de l'école HEM. Enfin, un certain nombre d'écoles privées ont opté pour une ouverture internationale en signant des conventions de coopération avec des universités européennes et américaines. Le but en est de permettre "un élargissement des horizons universitaires" ou de "permettre aux professeurs des écoles d'enrichir leur expérience internationale". La collaboration porte principalement sur l'échange des professeurs et des travaux de recherche scientifique. Elle accorde également la possibilité aux lauréats d'accéder au troisième cycle de ces universités.

Stages: les enseignements évalués

Par rapport à l'université, l'une des nouveautés introduites par l'enseignement supérieur privé est l'obligation du stage qui constitue actuellement le moyen le plus courant pour la prise de contact entre l'école et l'entreprise. Le stage représente deux utilités fondamentales pour l'étudiant. La première est de comprendre les rouages et les difficultés de la vie active tout en appliquant ce que l'on a appris théoriquement. La seconde est de trouver, à l'issue de ses études, un travail correspondant au diplôme obtenu. Côté école, le stage devrait leur permettre d'étalonner leur enseignement et les diplômes qu'elles octroient dans le monde professionnel, "d'autant que dans le contexte marocain, les écoles sont nombreuses, trop nombreuses...", estiment un certain nombre de dirigeants d'entreprise. Certaines écoles ne prévoient que le stage de fin d'études dans le cursus de l'étudiant, d'autres l'imposent à la fin de chaque année, durant toute la période de formation. Cette deuxième alternative, jugent certains étudiants, est beaucoup plus intéressante car un seul stage ne permet pas à l'élève de "prendre conscience de toutes les difficultés du marché de l'emploi". Les stages imposés diffèrent d'une année à l'autre et d'une école à l'autre. Il peut s'agir, par exemple pour l'école HEM, d'un stage ouvrier, d'un stage d'information générale en seconde année et d'un stage d'option, à cheval entre la troisième et quatrième année qui dure cinq mois et qui est sanctionné par un mémoire ou un projet d'entreprise pour lequel l'étudiant est astreint à une soutenance.

Meriem OUDGHIRI

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