×Membres de L'Economiste Qui sommes-nousL'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Enseignement rural: Comment l'école à Kalâa des Sraghna s'intègre dans la vie de tous les jours

Par L'Economiste | Edition N°:533 Le 21/06/1999 | Partager

· Première évaluation sur le terrain du projet-pilote

· Concept: Adaptation du programme au milieu socio-économique, travaux pratiques, jour du souk férié


«Ma soeur a 16 ans. Elle n'a jamais fréquenté l'école. Mon père et ma mère lui disaient qu'elle n'allait rien y apprendre», raconte Nadia, dix ans. En 4ème année du premier cycle du fondamental, elle s'exprime en arabe classique sans faute. «Mes parents m'encouragent et me disent que je vais devenir une tisseuse», ajoute-t-elle.
Aujourd'hui, Nadia, comme tant d'autres élèves, bénéficie du programme pilote d'éducation en milieu rural. Ce dernier est expérimenté au niveau de 36 unités scolaires de la Province de Kalâa Des Sraghna(1). Si Nadia, contrairement à sa soeur, est poussée par ses parents à prendre le chemin de l'école, c'est qu'ils jugent l'école plus ancrée dans leur milieu. «J'ai cinq heures de cours pratiques par semaine. J'y apprends à tisser et à tricoter. Et je confectionne même des articles pour ma famille».
Appuyé sur le partenariat entre le MEN, l'UNESCO, le PNUD et les responsables locaux ainsi que sur une approche décentralisée, ce projet-pilote s'est fixé trois objectifs majeurs. Outre l'adaptation du programme pédagogique à l'environnement socio-économique et culturel, les promoteurs de cette opération se sont également assigné la mission de viabiliser les écoles et encourager la scolarisation de la fille rurale. Sur ce dernier point en particulier, plusieurs mesures d'accompagnement ont été prises. Il s'agit notamment d'une campagne de sensibilisation auprès des parents et de la mise en place d'un parc de charrettes pour le transport des élèves dont le domicile est loin de l'école. «Je n'arrive plus fatiguée à la maison. De plus, l'hiver nous sommes protégés de la pluie», explique Najat, 8 ans, en deuxième année, habitant à 4 km de l'école.

Parallèlement, le programme a prévu d'autres mesures dont la réduction du taux horaire hebdomadaire à 25 heures avec 5 réservées aux travaux pratiques ainsi que l'instauration de la journée du souk comme jour férié.
En amont, les promoteurs de cette opération avaient planifié des formations au profit du corps enseignant, notamment en matière de gestion de classes multi-niveaux, d'hygiène, de santé scolaire et de travaux manuels. Ainsi, Karim, enseignant originaire de Casablanca, explique qu'il a maintenant plus d'aisance à passer son message qu'il y a quelques années lorsqu'il enseignait dans une autre région rurale. Pour la petite histoire, Karim avait en charge à l'époque un cours d'expression écrite sur le voyage en train. «Aucun des élèves n'avait écrit son texte: ils ne savaient pas ce qu'était un train».

(1) Ce projet a été lancé en 1996. Une visite d'évaluation a été effectuée le 18 juin dernier dans cette région par les promoteurs du projet.


Les premiers chiffres du projet-pilote


La généralisation de cette expérience devra s'inscrire dans le Plan quinquennal 1999/2003, estiment les promoteurs du projet. Aussi une extension de l'opération sera-t-elle menée durant les deux premières années du Plan avant la généralisation qui sera entamée dès le troisième exercice.
L'extension de cette expérience est encouragée par les résultats positifs obtenus. En effet, l'évaluation du projet, dont le lancement effectif date de 1996, a permis selon M. Miloud Lakrad, responsable du programme, la constatation d'une «nette amélioration des résultats scolaires des élèves bénéficiaires par rapport à ceux des unités non couvertes».De même, il est relevé une baisse des écarts entre les filles et les garçons. Ainsi, le pourcentage des filles dans les 36 unités-pilotes est passé à 40% de l'effectif total contre 24 en 1994. A cela s'ajoute une amélioration des inscriptions des filles en première année du fondamental. Leur pourcentage a ainsi évolué de 35% en 1994 pour atteindre 48% en 1998.
Rappelons que ce projet est cofinancé par le gouvernement marocain (438.450 Dollars) et le PNUD (438.450 Dollars).

Aniss MAGHRI

Chère lectrice, cher lecteur,

L'article auquel vous tentez d'accéder est réservé à la communauté des grands lecteurs de L'Economiste. Nous vous invitons à vous connecter à l'aide de vos identifiants pour le consulter.
Si vous n'avez pas encore de compte, vous pouvez souscrire à L'Abonnement afin d'accéder à l'intégralité de notre contenu et de profiter de nombreux autres avantages.

Mot de passe oublié?
CAPTCHA
This question is for testing whether or not you are a human visitor and to prevent automated spam submissions.
ABONNEZ-VOUS
  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc