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Dossiers

Enseignants, on vous aime un peu

Par L'Economiste | Edition N°:346 Le 17/09/1998 | Partager

Les parents sont sévères vis-à-vis des enseignants, sauf encore une fois les parents les plus pauvres, qui se montrent plus indulgents. Fini le temps du notable...


Sans doute les syndicats de l'enseignement verront-ils là un argument supplémentaire pour demander des hausses de salaire? Toujours est-il que 64% des parents trouvent que les enseignants de leurs enfants sont "moyens". Dans l'esprit de la question, il ne pouvait s'agir que de l'aspect intellectuel et culturel, pas de l'aspect matériel. Mais il est évident que la situation pécuniaire joue.
Soulignons que la question s'intéressait aux "enseignants de vos enfants", pas aux enseignants en général. Il faudrait sans doute une contre-enquête auprès des ensei-gnants pour savoir ce qu'ils pensent des parents... Ce sera pour une autre fois.
Trêve de plaisanterie: l'image du corps enseignant n'est pas excellente, pas catastrophique non plus. Avec un tel profil, ce ne sera pas commode de faire bouger le "mammouth marocain", si telle est l'intention de la nouvelle équipe gouvernementale.

Les parents ont catégoriquement rejeté le qualificatif de "nul" pour parler des enseignants. Seulement 4 parents l'ont accepté, autrement dit personne d'un point de vue statistique. Exit donc les méchan-cetés de salons. Enseignants, les parents vous respectent. Qu'on se le dise!
Mais cela ne fait pas de vous des stars ou des notables. Loin s'en faut.
Pour nuancer les résultats, soulignons que les parents sont portés à faire des amalgames, car un bon enseignant dans une équipe médiocre perd sa valeur et est automatiquement rabaissé au niveau de ses mauvais collègues. L'inverse est aussi vrai, ce qui peut expliquer en partie la concentration des réponses sur le qualificatif de "moyen". Evidemment, cela ne simplifie pas la gestion des ressources humaines dans l'Education Nationale, où il y a toujours un contre-exemple à l'exemple, le tout poussant naturellement à l'inaction.
Néanmoins, l'enquête fait ressortir une assez nette différenciation entre les catégories professionnelles des parents.

Encore une fois, plus le niveau culturel des parents est élevé, plus ils sont critiques et inversement. Chez les cadres par exemple, 15% trouvent les professeurs excellents, tandis que la moyenne nationale est à 19% tirée vers le haut par des catégories comme les commerçants.
Géographiquement, ce sont les petites villes qui aiment le plus leurs enseignants.
S'il y a une régionalisation dans l'appréciation des enseignants et de l'enseignement, peut-elle servir de tremplin à régionaliser aussi les programmes? C'était une idée du précédent gouvernement. Au printemps 1997, l'enquête de L'Economiste avait montré que les parents y étaient assez farouchement opposés.
Depuis, la suggestion semble avoir fait son bonhomme de chemin. Ce n'est pas le plébiscite, mais 59% des parents pensent aujourd'hui que ce serait une bonne idée. Et devinez qui est irréductiblement contre? Les R'batis. Sans commentaire!


Horaires: Pas touche


IL ne serait pas opportun, ni de bonne politique, de toucher aux horaires: 69% des parents les trouvent bien. Voilà une épine ôtée du pied du gouvernement. Quatre fois par an, c'est le grand débat sur les horaires, avant et après Ramadan, avant et après l'été. Mais ce débat n'a pas de consistance nationale.
A une bonne majorité, les parents d'élèves, eux, ne veulent pas de modification. Ils sont seulement 24% à trouver que les horaires ne conviennent pas, face aux deux sur trois à qui ils conviennent.
Pas de distinction régionale, pas non plus de distinction probante entre les petites et les grandes villes. Rabat, la capitale administrative avec sa ville-dortoir Salé, se détache un peu du lot pour dire non, à une courte majorité, aux horaires de classe. Casablanca, qui pourtant a de vrais problèmes de transport, reste fidèle aux heures classiques. Par profession, ce sont les employés de bureau, les ouvriers et les fonctionnaires qui font les plus grands scores en faveur du changement, mais pas assez pour emporter la majorité de leur catégorie.

Nadia SALAH


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