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Affaires

Enquête
Essences de parfum: Le label Maroc en péril

Par L'Economiste | Edition N°:1689 Le 22/01/2004 | Partager

. Perte de compétitivité malgré des exportations en hausse…. Les ressources menacées, les petits producteurs aussi. Garder le secret: Se protéger ou dissuader les investisseurs?Vivre heureux, vivre caché. Cette maxime est sans doute le seul point d'entente des gros opérateurs dans l'activité des plantes aromatiques et essences de parfum. Tous ceux qui ont bien voulu parler se sont montrés très prudents en exigeant l'anonymat total. La discrétion fait partie de la stratégie, pour, dit-on, “ne pas divulguer d'informations à une concurrence féroce”. Il est vrai qu'à ce jour, seule une poignée de PME dotées d'infrastructures dignes de ce nom exploitent une activité pour le moins florissante. Les principales plantes exploitées et qui font la renommée du Maroc sont la rose, le jasmin, le géranium, le romarin et l'armoise. Toutes les grandes maisons s'approvisionnent du Royaume. Parmi elles, Biolandes, filiale de Biolandes France, installée au Maroc depuis 1998, Maroc Extraction, filiale de Naturex, société française cotée en Bourse et Bailliot agriculteur, premier distillateur installé au Maroc. Elles collectent et transforment les matières premières végétales pour la parfumerie et les arômes. Les produits finis, à savoir les huiles essentielles et les concrètes, sont destinés à la maison mère pour les deux filiales. Ce sont des matières premières utilisées pour les parfums, le cosmétique mais aussi les arômes alimentaires. “La présence de Biolandes sur place lui permet de mieux contrôler la qualité des matières premières achetées localement”, explique Philippe Marchadour, responsable à Biolandes Maroc. La société exploite notamment l'oranger, le jasmin, le mimosa, le géranium, l'armoise et le romarin.La stratégie de Biolandes s'inscrit dans un contexte où les clients sont de plus en plus exigeants sur la qualité et la provenance du produit fini. Le secteur est entièrement tourné vers l'export. Les clients sont des multinationales majoritairement installées en France. Mais les commandes viennent d'un peu partout dans le monde (Australie, Japon, Canada, Nouvelle-Zélande, etc.). L'évolution du monde de la mode et de la parfumerie a donné naissance à des conglomérats et à l'intégration des différents métiers: cosmétique, parfumerie, mais aussi arômes alimentaires, “un créneau qui monte”. “Cette concentration des clients pousse les fournisseurs à devenir de plus en plus performants. En perdre un peut tout simplement entraîner la faillite”, observe un professionnel (sous couvert d'anonymat, comme la majorité de nos sources).. 100 millions de dirhams à l'export Les distillateurs travaillent selon les exigences de cahiers des charges de plus en plus contraignants. Les clients exigent dorénavant un produit standardisé pour ne plus être confrontés à la fluctuation des qualités d'une origine à une autre ou d'une année à l'autre. La standardisation via les “communelles” consiste à acheter un même type de plante issu de sites différents. Ce qui permet de travailler sur une matière première uniformisée. Si les grandes sociétés s'y mettent, les petits producteurs pas vraiment. Ces derniers ne disposent souvent pas de moyens pour répondre à ces exigences. L'achat des matières premières est géré par un système d'adjudication. Une vente aux enchères a lieu sous la houlette du Haut Commissariat des Eaux et Forêts, chargé de contrôler l'état des lieux. De plus en plus de multinationales veulent également visiter sur place les sites de production.Bien que les exportations soient en hausse (près de 100 millions de dirhams en 2002 selon l'Office des Changes), il semblerait que le Maroc soit quand même en perte de compétitivité. Du moins selon le diagnostic des opérateurs. Le pays a perdu du terrain, notamment à cause de la fluctuation euro-dollar qui a bénéficié à la concurrence: Turquie, Bulgarie, Egypte. Ces pays ont par ailleurs investi massivement. La Turquie, la Bulgarie et l'Egypte concurrencent le Maroc sur la rose principalement; la Chine (encore elle) sur le géranium et l'Inde sur le jasmin.Le cycle de sécheresse a également lésé le secteur, à tel point qu'il y a eu pénurie de romarin et d'armoise les trois dernières années de sécheresse (de 1999 à 2001)! Ce problème de pénurie a surtout mis à nu de graves problèmes de gestion des stocks et de pérennisation de la production. Donc pérennisation des ressources disponibles.. Sonnette d'alarmeTous les interlocuteurs tirent la sonnette d'alarme: les ressources sont menacées par l'utilisation de méthodes archaïques. Notamment la manière de couper les plantes en arrachant les racines. C'est ainsi que plusieurs ont constaté la disparition de plantes sauvages comme le thym et l'origan. Mais il n'y a pas de données fiables qui permettent de suivre l'évolution des ressources. “Il n'y a pas une maîtrise de la situation. Les constats sont rapportés par les producteurs uniquement. Il faut organiser le secteur de la cueillette”, suggère Jalil Belkamel, enseignant-chercheur à la Faculté des sciences et techniques de Marrakech. Il y a donc un début de prise de conscience. “A plusieurs occasions, Biolandes a renoncé à l'exploitation de lots afin de préserver les ressources pour les années à venir. Mais tous les intervenants ne font pas preuve de la même retenue, menaçant ainsi de nombreuses espèces”, affirme le responsable de Biolandes. Problème de formation aussi des distillateurs traditionnels, qui n'ont pas le savoir-faire nécessaire ni le matériel adéquat pour exploiter les ressources à bon escient.Au ministère du Commerce et de l'Industrie, c'est la distillation dite “nomade” qui inquiète le plus. “Des unités de distillation mobiles ou semi-mobiles se déplacent sur des sites pour extraire directement des plantes disponibles les huiles essentielles. Beaucoup ont saccagé des sites naturels importants”, explique un responsable.Un autre facteur de recul de compétitivité sur le secteur des plantes aromatiques naturelles est la concurrence directe des produits synthétisés en laboratoires. Ils coûtent beaucoup moins cher et sont de plus en plus utilisés.Les opérateurs marocains sont encore une fois unanimes: il est temps pour le Maroc de passer à la phase de valorisation de sa production. Son traditionnel rôle de fournisseur en matières premières (huiles essentielles et concrètes) ne lui permet plus d'être en tête de liste car les concurrents se multiplient. Mais “la valorisation des matières premières nécessite des investissements lourds qui découragent pour l'instant les investisseurs”, explique un opérateur.M. Kd.

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