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Enquête sur le tabagisme: Premiers résultats

Par L'Economiste | Edition N°:949 Le 02/02/2001 | Partager

. Elle a été menée en 2000 par le Ministère de la Santé et l'OMS sur tout le territoire national. 13,8% de la population de plus de 20 ans fumentQuelle est l'ampleur réelle du tabagisme au Maroc? Aucune idée précise n'est actuellement disponible à l'échelle nationale. Seules quelques études éparpillées et la fréquence des maladies broncho-pulmonaires, cardiovasculaire et de cancers permettent aujourd'hui de donner une idée approximative sur l'étendue du fléau. Le Maroc serait situé, selon les estimations officielles, au même rang que les pays en développement. Ce qui revient à dire que la consommation du tabac y est toujours à la hausse, que les jeunes en sont les premières victimes et que ses répercussions sur la santé publique demeurent pour la plupart inconnues.Pour finir avec cette approximation, le Ministère de la Santé a lancé une enquête épidémiologique sur tout le territoire national. Menée avec le soutien financier de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), cette enquête a concerné toutes les régions du pays et les différentes catégories d'âge. Pour l'heure, les résultats définitifs sont sous-embargo, le dépouillement et le recoupement étant encore en phase de finalisation. Ils seront communiqués vers fin février ou début mars.Une première information cependant, le taux de fumeurs parmi les personnes âgées de plus de 20 ans est de 13,8%, soit 31,5% des hommes et 0,6% des femmes. Les données pour les moins de 20 ans ne sont pas encore disponibles, mais l'on s'attend à des chiffres beaucoup plus alarmants. Déjà en 1992, une étude sur le tabagisme scolaire avait montré que 21% des lycéens étaient des fumeurs (dont 4,5% des filles). Ce constat a été confirmé par la suite par différentes études menées par le CHU Ibn Rochd de Casablanca qui, de surcroît, ont permis de tracer le profil d'un jeune fumeur. C'est généralement quelqu'un qui commence à fumer à l'âge de 9-11 ans, par suivisme d'abord, puis par accoutumance. Le taux des élèves fumeurs progresse au fil des années d'études pour atteindre 60% dans certains cas.C'est peut-être pour cette raison que le Ministère de la Santé se penche actuellement, avec le Département de l'Education Nationale, sur la préparation de cours antitabagisme qui seront intégrés aux manuels scolaires. La prévention constitue en fait l'essentiel de l'action du Ministère de la Santé en matière de lutte contre le tabagisme. Dépliants, affiches, campagnes de sensibilisation… l'action du Ministère demeure, faute de moyens, timide face à l'ampleur du problème. D'autant qu'elle se fait pratiquement dans l'indifférence d'autres départements. Or, selon l'OMS, “l'épidémie actuelle de tabagisme est bien plus qu'un problème de santé. Les Ministères de la Santé seuls ne sont pas en mesure de l'endiguer”. Au Maroc, le tabac est considéré comme une poule aux oeufs d'or. Il apporte annuellement au Trésor entre 5,6 et 5,8 milliards de DH. En l'an 2000, les chiffres provisoires de la Régie des Tabacs parlent d'un record: 5,94 milliards de DH.Face à ces chiffres ronds, le gouvernement a tendance à ne pas regarder les choses en face. Aucune étude n'est menée pour mesurer l'impact négatif du tabac sur les finances publiques. Selon la Banque Mondiale, le tabagisme pèse lourdement sur les budgets publics. Plus de 200 milliards de Dollars par an de pertes, c'est-à-dire beaucoup plus que ce que les pays en développement réunis réservent à leur département de la santé.Au lieu d'une étude sur l'impact financier de l'épidémie, d'autres arguments sont avancés. Exemple: le Maroc est le pays qui consomme le moins de tabac par tête d'habitant et par an dans le Tiers-Monde: moins de 450 g selon la Régie des Tabacs contre plus de 650 en Algérie et 1 kg en Tunisie. En plus, la consommation du tabac a pratiquement stagné depuis 4 ans. Les ventes de cigarettes ont augmenté entre 1970 et 1997 de plus de 62%, Mais depuis, elles se sont stabilisées. La bonne santé financière de la Régie s'explique surtout par les augmentations des tarifs.Cela ne signifie cependant pas que le nombre de fumeurs est en régression. Le marché parallèle de la cigarette est très développé, notamment dans les villes frontalières ou portuaires. La floraison de ce commerce au noir s'explique en partie par la cherté des prix pratiqués par la Régie des Tabacs qui demeurent très élevés par rapport au niveau de vie des Marocains. En France, par exemple, la marque la plus chère représente près de 10% du Smig journalier alors qu'au Maroc, cette proportion dépasse 50%. La cigarette de la contrebande est imbattable sur ce plan. Les blondes du “Trabendo” sont vendues au prix des brunes de la Régie. Ce qui confère au tabagisme une dimension particulièrement dangereuse au Maroc.


Le fléau dans le monde

Le tabagisme prend l'ampleur d'une véritable épidémie. Chaque année, il est responsable de 4 millions de décès. Ce chiffre deviendra encore plus alarmant dans les décennies à venir, selon les estimations de l'OMS. Il atteindra 10 millions de morts annuellement (dont 7 dans le Tiers-Monde) vers les années 20 et 30 de ce siècle. Aujourd'hui, le nombre de fumeurs dans le monde est estimé à plus de 1,1 milliards, dont 800 millions dans les pays en développement. La tendance de l'évolution de la consommation du tabac suit un rythme différencié. Alors qu'elle fléchit dans nombreux pays d'Amérique du Nord et d'Europe occidentale, elle demeure toujours en hausse dans les pays en développement.O. M.

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