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Enquête R&D: Les entreprises à la traîne vivent au jour le jour

Par L'Economiste | Edition N°:1728 Le 18/03/2004 | Partager

. Elles n'ont pas la vision stratégique nécessaire. Du coup, la gestion au quotidien l'emporte sur le long terme Un cadre ne trouve aucune gêne à la qualifier de “rumeur” ou relevant de “la science-fiction”. La recherche et développement (R&D) au Maroc n'est pas un sujet qui se prête facilement au débat. Plusieurs entreprises contactées n'ont pas une idée claire sur le sujet. Les questions restent souvent sans réponse. L'Association R&D Maroc a butté sur les mêmes difficultés. L'enquête menée à l'occasion du Salon France Expo révèle des tendances mais apporte peu d'informations précises. Les entreprises ayant un projet de R&D clair préfèrent le garder bien à l'abri des curieux. “Cette parcimonie dans l'information rend difficile la formulation de propositions aux pouvoirs publics”, souligne Abdelhakim Reda chargé de mission à R&D Maroc. Sans circulation de l'information, la promotion de l'innovation et du transfert de technologie est absente. Pour Hassan Laâroussi, responsable de projet dans une société d'équipements électriques, le recours à la recherche peut se faire par à-coups. “Elle sert à adapter les produits aux exigences des grands comptes. Il s'agit de solutions élaborées dans le cadre d'affaires”, ajoute-t-il. Sur le terrain, peu d'entreprises ont pris la peine de répondre au questionnaire établi par l'Association. Est-ce par manque d'intérêt ou par excès de discrétion? En tout cas, seules 14 entreprises marocaines parmi les 34 sélectionnées ont répondu à l'appel. L'objectif de l'Association est de dresser un état des lieux de la R&D et de l'innovation au sein de l'entreprise marocaine. Il est vrai que l'échantillon n'est pas représentatif de l'ensemble des entreprises. Mais il aura permis au moins de dégager des tendances: Les projets R&D sont en général réalisés par les moyens propres et les compétences de l'entreprise. Seule une minorité sous-traite partiellement la réalisation de ces projets. Les organismes sous-traitants sont principalement des laboratoires publics, sociétés industrielles et bureaux d'études. La réalité est peu reluisante. Les entreprises marocaines se débattent dans des difficultés liées à leur environnement économique. “La créativité est constamment dédoublée par un souci de gain immédiat”, estime un cadre dans le BTP. Par ailleurs, les exemples d'entreprises qui font preuve d'innovation ne sont pas légion. Ce qui entrave la croissance des structures. Seules les filiales de sociétés multinationales réalisant un chiffre d'affaires qui dépasse les 100 millions de DH ont une certaine culture de l'innovation et de la recherche. Et pour cause, elles tirent profit des efforts de leurs maisons mères. Pour le groupe Lafarge par exemple, “il y a deux types de R&D”, estime un responsable à la filiale marocaine. D'une part, l'invention de nouveaux produits et type de béton est effectué dans les laboratoires centraux. D'autre part, tout ce qui se rapporte à la satisfaction du client et l'utilisation du savoir-faire s'inspire des particularités de chaque pays d'accueil. Au Maroc, la recherche reste le parent pauvre dans l'industrie, le premier secteur concerné par la dynamique de recherche à l'étranger. Parmi les 14 interrogées par l'Association R&D Maroc, près de la moitié a déclaré n'avoir jamais réalisé de projets R&D. Pour les autres, les projets ont été mis en exécution, il y a moins d'une année. En gros, ces projets concernent les services et les procédés. Les produits sont relégués à la troisième place. Quant aux domaines d'application de ces projets, ils concernent d'abord la filière de l'entreprise. D'autres applications ayant trait à l'informatique, les télécommunications et Internet sont également citées. Les technologies électriques et électroniques occupent la troisième position. Concernant les délais de réalisation de ces projets, ils ne dépassent pas une année pour la plupart des entreprises. Toutes préfèrent garder le silence sur les dépenses engagées pour la réalisation des projets de recherche. L'on parle généralement d'une dotation de 1, 1,5 ou 20% du chiffre d'affaires. Ces budgets sont principalement dédiés aux équipements et aux salaires des cadres affectés à la R&D. Paradoxalement, la formation des employés censés être en contact direct avec les applications des projets de recherche figure en dernière position.


PRD, c'est quoi?

Selon l'enquête, l'entreprise puise dans ses propres caisses pour financer un projet de R&D. “Cette tendance est consacrée par l'absence de partenaires de financement”, conclut l'enquête. Mais aussi par l'absence d'information. La plupart des entreprises n'ont pas la moindre idée de ce que veut dire la disposition fiscale PRD (Provision pour la R&D). Cette disposition permet aux entreprises qui investissent en R&D de récupérer ses dépenses sous forme de charges. Les entreprises ont ainsi la possibilité de constituer une provision allant jusqu'à 20% du résultat imposable. Ce pourcentage, l'entreprise est tenue de le justifier par des dépenses en R&D ou des projets d'investissement. Néanmoins, selon l'enquête de l'Association, le manque d'information n'est pas le premier à montrer du doigt. Il s'agit principalement de problèmes financiers. L'innovation ne figure toujours pas dans les orientations des entreprises marocaines.Mostafa BENTAK

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