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    Economie

    Enquête: Comment les entreprises approchent les marchés étrangers

    Par L'Economiste | Edition N°:752 Le 21/04/2000 | Partager

    . Organisation commerciale, canaux de distribution, logistique, pénétration des marchés... La situation de 556 entreprises exportatrices sondées
    . Dédouanement, formalités bancaires et portuaires... Les entraves rencontrées


    Experts, professionnels, administrations n'en finissent plus d'analyser les raisons du recul de la compétitivité de nos produits à l'étranger.
    Au moment où les opérateurs sont encore à identifier les secteurs prioritaires et à rechercher une stratégie de promotion, les concurrents, eux, mettent les bouchées doubles. Les différentes expériences étrangères ont démontré qu'il n'y a pas de fatalité et que la dynamisation des exportations doit reposer sur un secteur privé fort, structuré et intégré.
    C'est d'ailleurs la conclusion de l'étude menée par le Ministère de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat (MICA) en mars 1999(1) et qui vient d'être publiée. Elle a touché 556 entreprises, soit 34% des unités exportatrices industrielles. L'objectif de l'enquête a été d'étudier la structure et la situation des entreprises exportatrices et d'évaluer leurs entraves et contraintes.
    Pour les analystes, s'adapter aux nouvelles donnes de la mondialisation et de l'ouverture des marchés nécessite des conditions précises. Il s'agit ainsi d'une bonne organisation au niveau de la gestion des exportations, d'une bonne maîtrise des informations économiques par la mise en place d'un système d'information "pertinent" et du renforcement de partenariat industriel.
    Premier grand axe de l'étude, la structure des unités. Ici, l'enquête s'est intéressée au mode d'organisation. L'analyse des résultats a montré que 58% des entreprises possèdent un service export. Elles sont 38% à disposer d'un agent commercial et seulement 4% d'un département export.
    Pour ce qui est des structures de veille chargées de la collecte et du traitement des informations sur les marchés et sur les concurrents, seules 28% des entreprises exportatrices ont adopté cette démarche et 20% uniquement allouent un budget à cet effet. "Ce constat milite pour des actions de sensibilisation des entreprises sur l'importance de la maîtrise de l'information dans l'amélioration des performances à l'exportation et dans la mise en évidence des spécificités des études sur les marchés internationaux", soulignent les auteurs de l'étude.
    Néanmoins, tempèrent-ils, un grand effort est ressenti en termes de qualité et de certification au niveau de ces entreprises. En effet, 51% d'entre elles se sont engagés dans une démarche qualité et 23% visent ou ont déjà obtenu une certification de produit ou d'organisation.
    Par grand secteur, la mécanique/métallurgie occupe la première place avec 68% des unités engagées dans une démarche qualité (dont 49% ont obtenu ou visent une certification). Suivent les secteurs électrique et électronique (respectivement avec 57 et 45%). Le textile et le cuir occupent la dernière position, avec respectivement 46 et 10%. Ces résultats démontrent ainsi l'importance de ces deux facteurs dans la pénétration de certains marchés étrangers et dans la compétitivité des entreprises.
    Par ailleurs, 82% des entreprises industrielles recourent à l'exportation directe pour accéder aux marchés étrangers et 10% expédient leurs marchandises par l'intermédiaire de sociétés spécialisées en import-export. Quant à la cession de licences, c'est le moyen de distribution le moins développé au Maroc (1% des entreprises industrielles).
    Toujours au niveau des canaux de distribution, l'enquête révèle que 41% des entités exportent dans le cadre d'un régime simple et 51% dans le cadre d'un régime suspensif. Par grand secteur, le textile et cuir concentre 73% des entreprises exportant dans le régime suspensif. Il est suivi par les secteurs mécanique/métallurgique et électrique/électronique avec respectivement 51 et 50%. La dernière place revient à l'agroalimentaire avec 34% des entreprises.

    Corruption, taux d'intérêt bancaires...


    En termes de logistique, le transport routier est le plus prisé (46% des entreprises), suivi du maritime qui est utilisé par 40% des entités contre 14% pour l'aérien. Au chapitre des principales contraintes rencontrées au niveau du transport international figurent le coût du fret, le délai de livraison, la qualité de service ou encore les formalités.
    Second axe de l'enquête, l'environnement de l'entreprise et ses relations avec l'extérieur. Les analystes se sont tout d'abord penchés sur le cadre réglementaire et institutionnel. Ainsi, le dédouanement et les formalités bancaires constituent aux yeux des opérateurs les principales procédures pénalisant le développement des exportations. Arrivent ensuite les formalités portuaires et de contrôle.
    Pour rectifier le tir, les chefs d'entreprise listent les mesures et les actions prioritaires à entreprendre par les pouvoirs publics. Il s'agit notamment de la simplification des formalités administratives et douanières, l'encouragement de l'investissement (amélioration des infrastructures industrielles et baisse du coût des facteurs de production), des facilités de financement et baisses des taux d'intérêt bancaires. S'y ajoutent la réforme de la justice et la lutte contre la concurrence déloyale ou encore la lutte contre la corruption.
    Une fois sur les marchés extérieurs, les opérateurs marocains se heurtent à la forte concurrence des pays méditerranéens tels que la Tunisie, l'Espagne, l'Italie, la France, l'Egypte...
    Les facteurs de concurrence concernent essentiellement le prix avec 55% des réponses, suivis de la qualité (23%), la logistique et le délai de livraison avec 9% chacun et 4% pour les autres facteurs (coût du terrain, emballage, transparence...). Selon l'enquête, pour faire face à la concurrence étrangère, 55% des entreprises sondées ont conclu des accords d'alliance avec des partenaires dont 34% avec des entreprises étrangères.
    Reste que des barrières entravant la pénétration de nouveaux marchés étrangers persistent. Ainsi, pour les opérateurs les barrières tarifaires occupent la première place avec 44% des réponses, suivies des barrières réglementaires (normes techniques, règlements sanitaires...) avec 29% des réponses. Quant aux barrières non tarifaires (contingentement, bureaucratie, environnement...), elles viennent en dernière position avec 27% des réponses.

    Meriem OUDGHIRI

    (1) Bulletin Conjoncture du MICA du mois de mars dernier.

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